‹ Mémoires d'un journaliste (volume 5)Chapitre 18 sur 20 · A MES LECTEURS · texte numérisé non relu

A MES LECTEURS

« Depuis trente ans je fais du journalisme, et je ne songeais cependant pas à quitter le Figaro, quand on est venu me proposer de Tacheter à des conditions telles que, dans rinlérèt de ma famille, je ne me suis pas cru le droit de refuser.

a Le chagrin que j'éprouve en cédant mon bien-aimé journal à un parti qui n'a point mes sympathies, on le sait, est compensé par la certitude que nos rédacteurs et amis, en quittant le Figaro, n'en resteront pas moins sur la brèche, car ils seront accueillis à bras ouverts par les autres journaux.

« Les lecteurs du Figaro seront probablement surpris de voir mon nom en tète de ce numéro, à la rédaction duquel je suis étranger. Demain, le nouveau

gérant, qui n'a pas encore eu le temps de remplir les formalités légales, me remplacera définitivement. En attendant, je n'ai pas pu refuser à mes successeurs de rester gérant du journal un jour de plus, pour leur permettre de paraître sans retard.

« Un mot encore !

« Je n'ai jamais su faire de phrases ; mais, avant de quitter mon cher Figaro, je veux dire tout simplement à mes collaborateurs, ainsi qu"'à mes lecteurs :

« — C'est à vous que j'ai dû le succès et que je dois aujourd'hui le repos. Merci! merci!

« H. DE VlLLEMESSANT, »

Cette note mélancolique était suivie d'un entrefilet des soi- disants nouveaux propriétaires du Figaro, dont voici le premier paragraphe :

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