‹ Mémoires d'un prêtre régicide (volume 2)Chapitre 13 sur 74 · CHAPITRE nui · texte numérisé non relu

CHAPITRE nui

C^sonnë et le peintre Boxe. — Guadet ; je le fait sortir de Paris. — Danton. — Camille Desmoolins.^-UneTisitechez Robespierre. — Jugement des Girondins. — Brîssot. — Vala^é. — U$e liKttre à» Guadet.

Ne jugez point pour ne pas être jugés s précepte admirable de prudence et de charité chrétienne! Us ne Pavaient pas toujours écouté, cens qui , à leur tour , allaient être traduits devant le tribunal de sang. On peut reprocher aux Girondins Uen des fentes que ni leur cou* rage^ ni leurs intentions pures ^ ni leurs vertus privées ne pourraient efiBatcer ; Dieu sans doute

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leur en a tenu compte. Il semble avoir voulu qu'une fin sanglante et désastreuse, signal de maux plus terribles encore , vînt absoudre leur mémoire aux*yeux deceuxr-làmême qu'ils avaien t persécutés^ et que le monde^ oubliant, selon Tex» [>ression de Salluste, tout ce qui avait précédé, ne se ressouvînt que de leurs derniers iastants. Les Girondins contribuèrent réellement aux suites funestes (|ù!^atràînô F^blissement d'une république. Ils la voulaient comme Fadmirent tous les jeunes gens pleins encore de la lecture des grands hommes de l'antiquité ^ que l'on met ai^; ma^p^ des enfants. Ils U voulaient t^e cjui'-elle fut à Athènes, à Sparte ou à Rome,*' et ils s'imaginèrent que les futurs terroristes la voulaient comme eux. Quelques-uns reculèrent devant l'idée de la cimenter par le sang d'un homme juste, de Louis XVI 3 mais tous se ré« jc^uir^t d^ r^ibolitian de la royauté, et ils ou- Jj4i^0Dt^i^p { jxu^cneiit que (^uiç^nfi^ se seri^ùa dçrJi'ép^^^ p^irc^par fépéç^.Axtiàt^^d^tï^ wn saftguiqaii:^ rapport , fut* le pxreinier qui .laur r^ppiel^ cette yéi^it^ teurrible* Au Siein môme de la Coi^VOI^tiioù, dont il avait &it, pbur le niiQtiient, ttUft^MC^W^le de^pi?i»ons:d'éiaiti^ il déno^ça^lies Qlvotidim au tribunal révolutiooinfiire et,i la

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hache de ses bourreaux. Le moment était venu pour Robespierre de détruire toute opposition à ses sanguinaires et ambitieux projets; il avait fait avec les Girondins tout ce qu'il pouvait faire avec eux, et il prévoyait que désormais ils ne sau* raient être pour lui ; leur perte fut donc réso» lue. n sourit à leui^ accusateurs. Un décret d'arrestation fut prononcé^ et quelques-uns seu-* lement purent prendre la fuite.

On n'usa cependant point de rigueur au pre«-( mier abord , à l'égard de ceux qui restèrent , et je crus un moment avec quelques personnes ^ que les terroristes n'avaient voulu que les éloi* gner de l'assemblée. Camille-*De^<noulins m'ap-« prit plus tard que^tel était en effet le projet qu'avait annoncé Robespierre à ses amis , lors^ qu^il demanda à Âmar le rapport en question^ Ce qui me confirma pour le moment dans cette opinipn , c'est que le même député ayant reparu à la tribune, au milieu de la consternation g^ nérale^ pour deniandér que de nouveaux nom»

fussent ajoutés à la liste des proscrits , Robespierre y monta pour les défenthre. Lanjuinais et Barbaroux avaient mieux qôe nous pénétré , des l'origine y ces horribles, desseins. .

En effet , le repos laissé aux Girondins accu«

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ses ne fut ()as de longue durée ^ et j^appris bientôt qu'il n'était question de rien moins que de les envoyer au tribunal révolutionnaire et de les mettre à la merci de Fouquier-Tinville et d) Coffinhal. Je courus cnez Gensonné ; c'était celui des Girondins avec qui j'avais eu leplus de liaisons ; c'était peut-être celui qui méritait le moins le sort auquel il était réservé. Je le tit)uvdi calme et s'occupant^ peine des mouvements que ses ennemis se donnaient pour le perdre. Il s'entretenait avec le peintre Boze, des moyens qu'ils avaient employés , antérieurement au procès de Louis XVI , pour rattacher ce monarque à leuri» opinions , et lui sauver au moins la vie. La plu^ part des Girondins votèrent la mort du roi ; mais je suis persuadé que, dans cet arrêt, il entrait de leur part beaucoup de dépit d'avoir trouvé Louis sourd à leurs propositions. Il avait à leurs yeux trop écouté les perfides conseillers de sa cour, et ils désespéraient d'avoir jamais en lui un roi consentant franchement à la liberté du peuple.

Gensonné fut surpris de ma visite, et s'attendant sans doute à quelque ouvertured'accommo*^ dément de la part des terroristes, il congédia Boze. Aussitôt que nous fàmes seuls^: ^< Vous )i êtes perdu, lui dis-je, hewreux ceux qui ont

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i> su à temps prendre la fuite. Il vous reste » à peine un moment ; je veux vous sauver ; n consentez à me suivre » Ma proposition l'étonna au dernier point; mais il devina bientôt mes projets. Il me prit la main : « Sauvez » Guadet^ me dit-il »; et appelant quelqu'un, il commanda qu'on fit venir le frère qui avait partagé ses généreux efforts et qui maintenant était de moitié dans sa disgrâce..

Guadet vint . « Mon ami, s'écria Gensonné )» aussitôt qu'il l'aperçut, il s'offi^e un moyen de w fuite : faites tous vos appi'êts et partez ; car M nous n'avons plus rien à espérer de nos enne* » mis ; la perte de tous ceux qui resteront est » jurée. Le citoyen Vient de me l'apprendre; » c'est lui qui , en même temps , peut sauver » l'un de nous. — Et vous m'avez appelé !... Si » je ne vous connaissais , je ne vou's le pardon*

» nerais pas C'est à vous que notre collègue

» a offert ce moyen d'échapper à nos persécur » teurs ; il a voulu conserver à la patrie votre » sagesse , votre expérience , votre raison si

» puissante. C'est à vous à partir Comptez

» sur moi, Gensonné; tant que j'existerai, je » soutiendrai les opinions auxquelles nous avons ^ youé notre vie ; je veillerai surtout à ce qui

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