‹ Mémoires d'un prêtre régicide (volume 2)Chapitre 30 sur 74 · MOX · texte numérisé non relu

MOX

Cela sef*a,t?^ntqu'jily^?mra/l^hA^Je& et des sots, t;int que le . talçiu$ ^a jÇ^mé • quelque Tome ii. ïï

i6il MBMOUIES I

^hQSfiy tant qa'uD bijou sera plus difficile à oonfectionner et coûtera plus cher qu'un lUiinche à balai.

NIVEAU

•Ce n'est pas cela que je veux niveler, citoyen;

tu n'y es pas; claigne m'écouter un instant.

AMAR

Venons au fait , je t'en prie.

urvEAu.

Les fortunes ne seront jamais égales, c'est vrai; mais pourquoi n'obligeraitH>n pas les richA à bè point faire plus de dépenses que les pauvres ? Die cette noanièr^là, l'inégalité diaparaîà^it. Ainsi pour comin^ucerpar l'essentici^ le manger et le boire, pourquoi dans une république, y at-il des gens qui payent un dîner de LucuUus , tandis que nous autres, vrais républicains, nous sommes souvent aussi sobres qu0 Curtius.

Àraar et n^oi, nous commencions déjà à avoir beaucoup dé peine à ne pas rire au nez du citoyen Niveau, qui lie paWissaitpas s'en apercevoir.

Je suis compétent, continua-t-il , en semblable matière : j'ai dîné chez des banquiers, chez déS' géfiéraùx V fche>. Hqtiielc(tiei5-tlns de vos collègues, dè^ -^F^rrftk^*- boutiqlie du mar*

b'im pHêtrb RiGiciDE. ]63

thând^et parfois même à la table patriotique de

l'artisan ; j'ai dîné jiartout , et sous ce rapport ,

^ citoyens , nous sommes encore bien loin d'une

égalité par&ite; *

AMAR s<Mnàni.

Et préteiklrais-tu l'établir ?

MOI de même.

Cette idée est sans doute d'un bon patriote; hfiais elle est d^une exécution difBcile;

NIVEAU satisfait.

Je le sais ^ je le sais qu'elle iest difficile. . • Ah l je suis bien sûr d'être seul possesseur de mon secret.

ÂMAR.

Serais-tu donc un égoïste?

NIVEAU i

Non pas , car je veux te l'offrir pouy le bonheur du peuple.

AMAR

Au fait , donc ! •

NIVEAU

Cest l'histoire de l'œuf de Christophe Colomb. Vous allez en juger. . . N'avez-vous pas remarqué "" que ceux qui dînent à la même table font

même chère; qu'il y a pour eux, sinon égalité .(l'appétit , au moins de sensualité ? • ,

AMAR

Où veux-tu en venir ?

NIVEAU

 &ire que tous les Français soient ég;au;ic sous ce rapport , en les obligeant de dîner à la même table , qui serait établie dans chaque section ; et cela, non pas seulement aux fêtes civiques , mais tous les jours. Si les besoins de tous les citoyens sont les mêmes , et si les uns ne sont pas plus hôblesque les autres, pourquoi les mêmes mets, les mêmes vins , le même pain ne les satisfe* raient-ils pas?

AMAR

Mais qui diable, citoyen ,, ^e chargera de tenir ta table d'hôte ?

JSIVEAU.

Qui? la république ! Et elle pourra se foire, de cette manière*, un revenu immense. Mes calculs sont là ! ,

MOI

Comment , tu voudrais....

NIVEAU

Sans (Joute, nous serons tous les pension*

d'un prêtre régicide. ï6fï

naires de la république , et la Convention fera feire à dîner pour tous les Français*

AMAR

Mais s'ils n'allaient pas vouloir de notre cuisine!...

NIVEAU

Cela t'embarrasse !... Vous faites^ une loi' qui les oblige à venir dîner à la tablé d'bote générale. N'est-ce pas vous qui faites les lois? Eh bien! rien de plus facile ^ s'ils n'obéissent pas, ils sont aristocrates par le fait même , et on les envoie devant le tribunal révolutionnaire.

AMAR

C'est très juste.

MOI

Mais^ citoyen Niveau à quel prix mettrais-tu ta pension nationale? Et ferais-tu une loi aussi pour obliger tous les citoyens à pouvoir la payer régulièrenjent ?

NIVEAU. , -^ ;

J'ai tout prévu. Je mettrais uo prix moyeq raisonnable, tel qu'il suffît au dîner d'un hoanétis homme; mais je ne ferais pas pour cela, payer tout lemonde égaleraerit.. ., . f;

l66 MÉMOIRES

MOI

Alors la république se trouverait obligée d'y mettre du sieii , et. . . .

V NIVEAU

Non pas , non pas, la république ne peut qu^ gagner; mais je forcerais les riches à payer pour les pauvres. 4e calculerais la somme totale des dîners d'une section et j'en répartirais la percep-? tion suivant les fortunes j ce serait d'un revenu immense.

Âmar riait , Niveau ne sç déconcertait pas.

MOI,

Mais, citoyen, serait-ril donc juste de con-^ dan^ner par une loi , les gens à se contenter d'up dîner qui peut-être ne leur sujFfirait pas ?

ISÏVEAU.

...La loi ne les forcerait pas de s'en contenter^ Elle les obligerait seulement de le payer et de le prendre ; ensuite les gloutons , les aristocrates qui n'auraient pas ffôsez du repas républicain , pourraiea^t aller manger che^ e«dc tout à leur aise.

MOI

Alors il n'y aurait plus d'égalité.

d'uI! prêtre RKGICIDE. 167

NIVEAU

Il y eA aiirnit toujours en cela ^ qu'au moins tout le moiide aurait dîné.

MOI

Est-ce que par hasard tu connaîtrais dans la république quelqu'ufi qui ne dîne p^s tous ies jours. *

NIVEAU^ piy estent.

Je leur donnerais plutôt à d|ner inoi-méma.

AMAR

Gtoyen Niveau , vraiment idigne de ce non| républicain , y a-t-il long-temps que ce sublime projet a pris naissance dans ton estoniac?

NiVEAU .

Quelques semaipes; pendant un voyage que j'ai fait y j'en ai écrit à Robespierre ; il ne vous m a pas parlé ?

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