‹ Mémoires d'un prêtre régicide (volume 2)Chapitre 35 sur 74 · O MÉMOIRES · texte numérisé non relu

O MÉMOIRES

qui i^pprochait de la méfidnce^ avec tout le monde. Je ne crois pafs que personne puisse affirmer avec conviction quelles étaient se^ opinions sur la^ révolution^ sur les crimes de l;i terreur, ni s'il était réellement attaché à Robespierre et à sa puissance. Dans ce dernier cas> il aurait donné, plus d'une fois la preuve de bien peu d'adresse , surtout en cette circonstance. Comment pouvait-il croire que le dictateur entendrait demander avec plaisir :

N'est-on jamais tyran qu'avec nn diadème?

Heureusement le troisième acte de Timoléon contenait des passages plus en harmonie avec l'esprit du jour ; tout le monde applaudit à ce •yçrs:

Couvert du sang d^un roi. l'échafaud le menace.

Démariste conseillant à Timoléon le meurtre de Timophane; le dialogue suivant entre le héros et le sans-culotte Ortagoras.

OUTACORAS.

; • ... '^out homme libre est un tyrannicide.

Il faut donc.... . '

D'UN PRÊTRE RÉGICIDE. l8l

ORTAG0»4f.

L'immoler.

TIMOL^pir.

Quoi ! ma main

dans

son cœnr...

OATAGOBIS.

Vous n'avez pas besoin de cet excès d'honneur!

Tous ces passages furent interrompus parde^ applaudissements^ et les braves sans-cubttes apostrophèrent tout haut le poète , honteux peut-être de leurs félicitations. Cette bonne disposition continua quelque temps , mais on lui sut mauvais^ gré d'avoir montré Timoléof) se voilant pour ne pas voir le meurtre de son frère. A ces vers, les derniers de la pièce :

Et nos voiles tyrannicides Vont conquérir la liberté !

Le succès devint complet , et d'autant plus heureux qu'il avait été disputé. Je dis , avec Legouvé, beaucoup dç bien de Fouvrage, et tout haut. Lorsque Chénier vint^ après cette lecture, saluer madame Vestris , nous lui adressâmes de sincères félicitations , dont il nous remercia en nous serrant la main. Cependant je remarquai^ qu'à l'exception de David , qui aimait passionnément l'antique, les amis de Robespierre , ses

iSa MÉBfOXRES

confidens surtout^ n'étaient pas aussi satisfaits que nous.

Je m'approchai de Saint-Just que je voyais encore quelquefois ; je lui exprimai mon avis sur l'ouvrage que nous venions d'entendre j il ne le contredit pas précisément : « Robespierre » éiikie: Chénier, reprit-il, il ne voudrait pas » îuî enlever le fruit de ses. travauxf Je doute

» Cependant que les comités puissent permet- » tre long -temps la représentation de son V Timoléon.}^ .'" * 1

Uon me parddliilérSi sans douta dé m'être

étendu autant sur cet événeineot dep^ù d'im-i portançe , et sur l'ouvrage qui en e^t le prîil*» çipal objet; mais je ne crois pas cette digressioi^ ^qutile à l'histoire Uttér^^re du teinps.

tt. ,

d'un PRAtILK HiGIClOE. |83

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