O MÉMOIRES
qui i^pprochait de la méfidnce^ avec tout le monde. Je ne crois pafs que personne puisse affirmer avec conviction quelles étaient se^ opinions sur la^ révolution^ sur les crimes de l;i terreur, ni s'il était réellement attaché à Robespierre et à sa puissance. Dans ce dernier cas> il aurait donné, plus d'une fois la preuve de bien peu d'adresse , surtout en cette circonstance. Comment pouvait-il croire que le dictateur entendrait demander avec plaisir :
N'est-on jamais tyran qu'avec nn diadème?
Heureusement le troisième acte de Timoléon contenait des passages plus en harmonie avec l'esprit du jour ; tout le monde applaudit à ce •yçrs:
Couvert du sang d^un roi. l'échafaud le menace.
Démariste conseillant à Timoléon le meurtre de Timophane; le dialogue suivant entre le héros et le sans-culotte Ortagoras.
OUTACORAS.
; • ... '^out homme libre est un tyrannicide.
Il faut donc.... . '
D'UN PRÊTRE RÉGICIDE. l8l
ORTAG0»4f.
L'immoler.
TIMOL^pir.
Quoi ! ma main
dans
son cœnr...
OATAGOBIS.
Vous n'avez pas besoin de cet excès d'honneur!
Tous ces passages furent interrompus parde^ applaudissements^ et les braves sans-cubttes apostrophèrent tout haut le poète , honteux peut-être de leurs félicitations. Cette bonne disposition continua quelque temps , mais on lui sut mauvais^ gré d'avoir montré Timoléof) se voilant pour ne pas voir le meurtre de son frère. A ces vers, les derniers de la pièce :
Et nos voiles tyrannicides Vont conquérir la liberté !
Le succès devint complet , et d'autant plus heureux qu'il avait été disputé. Je dis , avec Legouvé, beaucoup dç bien de Fouvrage, et tout haut. Lorsque Chénier vint^ après cette lecture, saluer madame Vestris , nous lui adressâmes de sincères félicitations , dont il nous remercia en nous serrant la main. Cependant je remarquai^ qu'à l'exception de David , qui aimait passionnément l'antique, les amis de Robespierre , ses
iSa MÉBfOXRES
confidens surtout^ n'étaient pas aussi satisfaits que nous.
Je m'approchai de Saint-Just que je voyais encore quelquefois ; je lui exprimai mon avis sur l'ouvrage que nous venions d'entendre j il ne le contredit pas précisément : « Robespierre » éiikie: Chénier, reprit-il, il ne voudrait pas » îuî enlever le fruit de ses. travauxf Je doute
» Cependant que les comités puissent permet- » tre long -temps la représentation de son V Timoléon.}^ .'" * 1
Uon me parddliilérSi sans douta dé m'être
étendu autant sur cet événeineot dep^ù d'im-i portançe , et sur l'ouvrage qui en e^t le prîil*» çipal objet; mais je ne crois pas cette digressioi^ ^qutile à l'histoire Uttér^^re du teinps.
tt. ,
d'un PRAtILK HiGIClOE. |83