‹ Mémoires d'un prêtre régicide (volume 2)Chapitre 60 sur 74 · GARNIER · texte numérisé non relu

GARNIER

Après la décision que nous venonsde prendre^ nous ne pouvons plus que nous disposer à agir. Qui d'entre nous se charge de porter les pre« miers coups?

TÀLLIEN*

Moi , ce poste m'est dû.

MOl«

Laissez-moi vous préparer la route* -

FRÉRON4

Notre collègue a raison , c'est à lui que ce poste convient le mieux. Nous pouvons à la fois cornp» ter sur sa résolution et sur sa prudence.

MOI

Puissent en juger ainsi la nation et l'histoire!

BARRAS

Vous avez aussi mon sufïrage. Nous vous quittons^ car d'ici là vos instants sont précieux. Cette nuit , voyez les comités, sondez leurs dispositions, sachez ou ils en sont de leurs projets, ce qui s'est passé aux Jacobins , et quelles sont leurs espérances.

COURTOIS

Aédigez aussi une proclamation qui apprenne au peuple notre résolution et nos vœux. Tallieri et moi nous verrons un grand nombre de nos collègues, Durand Maillane , Boissy-d'Anglas.

MOI

Mes amis, demain je serai au poste que vous m'avez assigné.

b'un prêtre régicide. 287

BOURDON

Noas y serons tous.

GARNIBR.

Pas de réunion d'ici là , ce serait nous rendre suspects»

LECOIMTRE.

 demain donc!... Le sort en est jeté! libres ou morts, nous décidons du sort de la France ! . • .

TÂLLIEN.

Elle sera libre !

FRERON.

Vive la République ! ^

MOI

Oui nous aurons une république, car parmi nous il n'y aura plus de traîtres.

BARRAS

 demain 1

Nous nous séparâmes. Ainsi fut résolue la journée du 9 thermidor. Cette scène , que ses résultats ont rendue une des plus importantes et des plus belles de ma vie, est toujours restée

^SS liéMOlB£S

présente à ma mémoire ; je suis certai n d'avoir conservé à chaque personnage sa nuance d'opinions y et presque son langage. J'essayai d'ailleurs de les reproduire «uivle-champ , dans des notes que je possède encore. Avant de sortir dé chez moi ^ je voulus aussi écrire caH;e pro« clamation au peuple , qui ne me semblait pas moins nécessaire qu'à Courtois. Ce fut Barrfere qui la rendit publique le lendeimain , et elle passa pour ^expression des sentiments des deux comités ; la voici :

c< Citoyens , au milieu des victoires les plus » signalées, un danger nouveau menace la ré- » publique^ il est d^autant plus grand, que » l'opinion est ébranlée, et qu'une partie des » citoyens se laisse conduire au précipice par » l'ascendant de quelques réputations.

» Les travaux de la Convention sont stériles , /) le courage des armées devient nul, si les ci- » toyens français mettent en balance qnelques » hommes et la patrie.

» Des passions personnelles ont usurpé la » j^oe du bien public ; quelques chefe de la » force sHTinée semblent menacer l'autorité na« » tionale.

» Le gouveniement révolutionnaire , objet

M at$^q^ au miliw d# PPPS î Ib$ ferjRbe? rfiu pp«- » voir réj^jahiu^m touch^rt à J^ùr ruiaè ^ l'^pis^» » tocratie semble triompher, et les royalistes sont » prêts de reparaître. *

» Citoyens , voulez-vous perdre en un jour » six années de révolution , de sacrifices et de t* courage ? Voulez-vous revenir sous le joug que » vous avez brisé ? Non sans doute. La Conven» » tion ne cessera pas un instant de veiller aux » droits de la liberté publique. Elle invite donc » les citoyens de Paris , à l'aider de leur réunfcn , » de leurs lumières , de leur patriotisme, pour » Ja conservation du dépôt précieux que le peu- » pie français lui a confié. Qu'ils veillent prin- » cipalement sur l'autorité militaire, toujours M ambitieuse et souyent usurpatrice. La liberté » n'est riea dans le pays où le militaire com- » mande au civil.

» Si vous ne vous ralliez à la représentation » nationale , les autorités constituées sont sans » subordination , et les armées sans direction ; » les victoires deviennent un fléau , et le peuple » français est livré à toutes les fureurs des divi- » sions intérieures , et a toutes les vengeances » des tyrans. Entendez la voix de la patrie, au

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