Tome ii. ig
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Tout était tranquille de ce côté ; inais de loin on entendait de sourdes rumeurs semblables au briiit des vagues précurseurs des tempêtes. Je répète ici une comparaison bien souvent employée , mais jamais aussi heureusement. Dans une situation d'esprit pareille à celle où je me, trouvais , à l'approche 4'nn àe^ plus violents orages politiques, la pensée, l'imagination s'enhardissent d'elles-mêmes au danger, par le souvenir des élén^ents furieux et des bouleversei^jçittts. Je ifftjfw eafiu Im Tuileries et entrai an Comité de sûtété générale. .
A ses membres étaient réunis ceux dont la mission plus spéciale était de veiller au salut public. En ce moment, tous les intérêts étaient Qç^^d»& pomme twt0s jl^î çpai Wfifii hU^ totte dttjipiatinr.i(kje»p0it tesL^sprifâ. .Tto^les pa?tW 5ao»r4ç.8pb^pierre.4<ai^nt,ab^^^M^^,St Qtt.étort
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d'ijjs prêtre régicide. ^93
n pouitjuoi ufe pas noùsavoir app^lés^ âvei>*voiis . » donc cru que nous n'étions pas prêts aussi à » mourir pour la république ? Voyez ee discours » quej'ai préparé pour Youssoutenir, Ce nesont » que des notes^ mais le reste Jaciet indignalio . h Je remerciai Billaud, j'approuvai fort tout ce qu'il disait, et vantai beaucoup le service qu'ils allaient rendreà nous étala patrie. » Soyeztran» n quille^ Vécria Legendre; je infi suH tu depuis M le jour où je n'ai pu défendi'e Danton^ Mais >) fai enfm quelque chose à dire \ je puis enfin » répondre à l'insolente apostrophe du dicta* » teur- n Pour la première fois^ je voyais en effet un véritable enthousiasme, quelque chose d'à» nimé et de noble dans la figure de cet honune dont l'éducation et les manières étaient si commune ^ qu'il avait toujours paru appar-»
tenir • à son ancienne profession , et en avait retenu le nom de Boucher.
« Ce n'est pas tout, mes amis, leur dis-je w alors, votre appui sera d'un grand secours, M nous comptons surtout sur le courage de la » .Montagne. Mais ces députés delà plaine ;, ces ». Testes du parti des Girondins que nous avons » proscrit$,qm sont nos ennemis, sont-ils pré» J9 parés en ce moment à oublier leur haine per»
à^ MÉMOIRBS
I) sonndle. Robespierre les a (ptelqueftns dé* » fendus contre nous. Ne lui rendront-ils pas » aujourd'hui la pareille, Jls nous perdraient.
— u Non, reprit Vadier; leur long silence M accuse Robespierre depuis la mort de Danton ; M ils le frapperont ou du nnoins ne le soutienn drontpas.
— « Ne feudrait-il point pour cela , répon»
» dis-jë, que quelque promesse pût les assurer » de notre conduite à venir à leur égard. S'ils m nous craignent encore, voudront-ils foire avec » nous cause commune ?
. — « Et qu'ont-ils à craindre? reprit Le- » gendre; pour ma part je ne veux plus ni »' meurtres ni sang. Il y avait beaucoup de cou- » pables en France sans doute; pour empêcher » une contre-révolution il fallait faire tomber >» les tètes suspectes. Mais il ne faut pas. pour » cela dépeupler Paris et les départements.
» Abolissons la suspicion , et que l'on ne punisse » plus que les faits avérés, dûment examinés, w
On annonça en ce moment «que Saint-Just venait d'arriver ; qu'il s'était placé à un bureau dans une salle voisine. Celui qui nous apporta cette nouvelle paraissait effrayé de Fair sinistre du triuqavir. - — «C'est sans doute son fameux
d'un prêtre régicide. agS
» rapport, dit Billaud^ il ^ut qu'il nous le comif » munique. Courtois entra aussi presque a^ njiâine instant, et reprenant notr^ conversation : \K G>urtois, diwe, peut nous rassurer sur la, » conduite des députés de la plaine y il s'était » i chargé de faire auprès d'eux quelques démar- I) ches. — Ils ont d'abord été sourds à mes » paroles^ répondit Courtois ; ils paraissaient dé- » cidés à nous traiter eii ennemis ou tout au p)u$ » à rester neutres; nous étiops perdus. Garnier M n'avait pas été plus heureux. Enfin ^ pQur la, » troisième fois, en une heuçe, noujs avons revq^ » Durand Maillane. Taljiigii s'était joinf;à nous. » Sa voix a été plus puissante que la nôtre.
)) J)urand Maillane nous a serrd la main ; il, n nous a répondu de ses aoiis^
Nous fûmes interrompus par l'entrée de Saint-', Just. Il était plus pâle qu'à l'ordinaire. Sur sa figxire se lisaient les traces d'une agitation ré*, cente , mais dont il s'éCait remis. Sa démarcha étaH assez assurée. Un mouvement se fit parpit nous, à sa. vue f il s^çn aperçut et son firont^ se rembrunît encore ; cependant , il- garda le silence , parcourut quelques papiers épars sur la table et s'assit comme avec indifférence. Nousk nou^ regaidions égal^çntsaus parler tt « Il a du
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n coùi-àgë de vëifit ^l id , im dit L^ftdrè n assèabâsi pioa^ n'êtW feriténdu que d^ moi* -^ » n paraît avoir pris tltiô résoltltieti , ^ ceh il )i i/y a ^i long-^enipsi^ d^aillegr^ nodsÈiis dotai^^ i> ïnes pas des assassins; que petit-»il crdîndre?» Bfllaùd s'àvâttce alors verô Sàilit-Juét : <c Tu fi dois firire demàiiïr , liai dit-il, ub rapport fort )) IttJJôttàbt. Tu pariferas èti Udtfe noirt, et il est ff d'usàgetju'eii pht^W cas lé cîiséouifs soit coin- >3 hltrti^qué kiiS éofhîtéd 5 to le sais. —"Si v<>u$ >* nefusex d^àcéeptëf k responsabilité de i|ies » pdrblès^ répondit«-tll ^ je la prendrai sur moi » ie^ , et j'eù tiendrai <ioAipte à rAteemWé^i— r » Quel otgttyfl ittifiMppOftabî* j nàùrraura Yadifer, >i Le brtiit cOtiM;» ajoutft-t^-il tout kaut^ <|ue M tu accuses plusioots de nos collègues? — C'est >v Vi^ ; mâÎH je ne demande do décfftf contre if persontte 5 je ne donne que mon opinion *---: )t Ta reftises donb^ reprit Billaûd, de noua n c?(ilhmiÉnîquer ton disôôurà , de te soumettre ft évk% régknlents établis. — Non.-— Pourquoi » donc ne Tas-tu pas fait > né le fais-tu pé(s; c'est >y ddMain qu'il sera rendu public. -^-^Jb crains )* lès avis d'Uïié faction , je ja'en veux suiv^re )i atLcunei ... . • / ^
'•'-«-♦> libre ,< libre à toi, reprit Vadier a yec quel« » que emportement, de garderton laborieux essai
d'tTN prêtre RéOlClDE. 297
» tel qti^l est y s'il doit rester danà toti porte*- » fettifte; mais Dcmu Voulons don rtaître tondis- >) cëtirsavûtttqù^il soit proûoncé à la tribune.-*-^ S Le comité n'est pdseb séance. -^Jemeretire My répfoildis-je aussitôt j et je mfe disposais à em* nkéMt deux des assistants qui ; • oommé moi ^ tté fkièàiéùf pas partie des comités* — • « C'est 9i mutile, ajouta Saint-Just avec une politesse » àiffefetée, je ne ferais aucune difficulté de » parler devant vous, mais je n'ai poiht sur D ntoi le rapport que j'ai préparé. — il faut » alors, dit Billaud, l'envoyer chercher. ' — - » Il e^tchez un de nos collfegues , qui Featan mille en ce moment. — • Chefti Robespierre , » sans' doute, denianda Lejçendre? --♦ Chez )) Gouitbon ou Lebs^s, ajouta Vadier» -— Je ne n suis pas obligé de vous rendre compte de » mes afiFections , et en disant ces Inôts^ Saintït Just levé de son siège, s'apprêtait à sortir, ji — ^Dis-housau moins, reprit Billaud en l'arrê»» H tant^ quelles sont les conclusions de ta philip- >» pi^ue. Vous connaîtrez demain mon discours » tout entier. Rassemblez- vous » onze heures^ » je le lirai ^ réunissez même pour cela , si vous » le désirez , tous vos amis, ajouta-t-il avec un M un sourire itonique. » Il allait sortir ; un b^uit
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qui se fait au dehors y l'arrête ; il paraît inquiet^ et sou courage semble Tabaudouuer , lorsqu'il voit entrer Collot-d'Herbois essoufflé^ vivement ému^ les habits en désordre : «t Mes amis, s'écrie le « député y la république est perdue. Assurons^ » nousdeSaint-Justpuisqu'ilestijpi. — QueveUx-t » td dire y demanda Vadier ? — Emparez-vous » de ce traître; qu'il soit, un otage entre nos » mains. » Legendre s'avance avec fureur j Saint-Just recule d'un pas : « Je n'ai jamais » manqué de courage , dit-il ^ dans les armées » de la république. Suis-je ici avec des assas« » sins ? — Non , me hâtai-je de répoudre , en I) me plaçant devant lui i vous n'ayez riea à » craindre : — Il a- raison, ajouta Billaud^ w CoUot, explique-toi? — ^Que sepasse-t-il donc, » dit Saint-Just^ avec anxiété. — Tu le de-»
w mandes? J'arrive des Jacobins, notre perte » vient d'y être jurée; Robespierre y a triom-» » phé, — Aux Jacobins, répond Legen- » dre; mais ici. — Silence dit Vadier ! » Collot, reprend alors sa narration. — « Il a lu le » rapport, qùfe nous avions condamné ce ma«- » tin; on n'en a entendu- qu'une partie , tant » on a applaudi , tant on a trépigné. A la ») suite de ce rapport, il s'est répandu en in-
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» jures contre nous y il nous a désignés au » fer de ses assassins ^ et l'Assemblée en était )) remplie ; une foule de gens sans aveu y de » brigands salariés étaient entrés sans cartes* » Malgré le danger^ j'ai voulului répondre ; les » huées, les vociférations-m'ont ferméla bouché; » on , s'est précipité sur moi , on m'a frappé, et » * sans Merlin deThionviHèle fer qui m'a blessé >) m'arrachait la vie.» Et en disant ces mots^ CoUot dénouait un mouchoir dont son cou était entouré, et nous aperçûmes sa chemise ensanglantée. Il n'avait cependant reçu qu'une égratignure à l'épaule, mais la vue de ce sang, son récit , son désordre nous avaient exaspérés au delnier point : « Il n'y a donc plus de liberté, » s'écria Billaud , il n'y a donc plus de répu- » blique ? »
Pendant le récit de Collot , l'ami de Robespierre s'était assis; ilse releva alors : « Vous vous » trompez, di t-il, et ces paroles sont un crime l — w Y pensez-vous? répliquai-je;lorsqu'uA de nos M collègues est attaqué pour avoir exprimé libre-
n ment son avis!... —Ne fut-ce que par hy«
/) pocrisie et pour imiter ^n tout ton maître,
)) ajouta Billaud, tu devrais le plaindre, «le
» défendre , et si tu étais un bon citoyen , tu
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» dénoncektetid cet* attentat que doit resseotir la » Convention entière. — N'attendez de moi que rt la vérité , la justice et non la complaisance du w partisan d'une faction.-— N'attendez rien de » lui, reprit CoUot, que meurtre et asservisse- » ment,* qu'injustice ec tyt'annie. Autant vau- » drait écouter *on dictateur ou les deux autres >» triumvirs, car Cou thon, Lebasetlui s'honorent w de ce titre ; oui , ta es leur -complice î N^avez-^ ^ Vbtlspas combiné ensemble tous vos projets? w N'avez^vous pas formé un infime triumvîiiat? w vous voulez nous assassiner: toi , tu va nous » dénoncer demain matin , ta poche est pleine "h d6 notes contre tes coUëgues, » A cette attaque violente Saint-Just pâlit et chancela . « La vérité lé confond , s'écria Vadier- — )) Vous avez froissé mon cœur, dit-il ; ^je l'ou- ^ vrirai à l'assemblée ; » et il sortit précipitamj) ment. »
Il était cinq heures du matin. Les événements ile la nuit, ce qui venait de se passer ne pouvait que presser l'exécution de nos projets^ il fut tîonvenu cependant que nous nous réunirions d*abord à onze heures, et que l'on inviterait les mfembres des deux comités à s'y trouver pour entendre SaintwJust, s'il tenait la promesse qu'il
d'xjn pkêtre régicide.
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nous avait feite , relativement à son rapport, de Fesprit duquel, il ne nous était plus possible de douter.
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