‹ Mémoires d'un prêtre régicideChapitre 22 sur 63 · Tome · texte numérisé non relu

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rendis sur-le-champ au comité. Seuart, qui en était le secrétaire, me montra la dénonciation d'après laquelle on avait décerné mandat contre le citoyen Leriche; elle avait été présentée par Héron , et était signée du nombre de personnes qu'exigeait la loi ; trois! C'étaient les citoyens Mallet, Pillet et Duchesue. L'un était domestique de Héron , l'autre son secrétaire , le troisième son coureur et mouchard. Ces trois personnes, sans doute fort dignes de foi , attestaient que le citoyen Leriche avait dit en leur présence , avec un soupir, qu'il voudrait voir la France heu» reuscy et cela signifiait incontestablement qu'il désirait la chute de la république , le retour des Bourbons, enfin qu'il était un conspirateur, ce qua prouvé d'ailleurs, ajoutaient-ils, la swïr de sa conversation , qu'ils ne transcrivaient pas. Cela avait suffi pour mettre en prison uu répu~ blicain paisible et confiant. Il était du moins en position d'atteindre le but de son voyage, et pouvait par lui-même cclaircir les calomnie»

dont on accablait les terroristes.

Il ne fout pas croire que le comité en masse fut coupable de ces arrestations. Après avoir fait ta dénonciation , Héron faisait encore lui-*méi*ic le mandat d'arrêt, et la siguature de trois mem-

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bres suffisait pour le rendre exécutoire. Or, il avait le talent de faire signer par douzaine ceux qui étaient réellement décrétés , et dans le ttom* bre il en glissait quelques-uns qui se trouvaient signés en blanc , et qui mettaient à sa dispofti* tion des libertés et des arrêts de mort. Il y avait en outre des signatures sur lesquelles il pouvait presque compter ; c'étaient celles de David', toujours satisfait de broyer du rouge; Moïse Bayle et Dubarran lui obéissaient par craint* , lorsqu'il se voyait obligé de s'adresser à eu* t mais Vouland et Vadier , justes dans certaines dispositions d'humeur, se trouvaient plus souvent dans la situation d'esprit qui oon* venait à Héron, c'est-à-dire qu'ils lui donnaient avec insouciance, ou même en riant, et avec d'horribles plaisanteries , toutes les si* gnatures qu'il leur demandait. Amar et Jagot jouaient un rôle plus odieux encore. Je crois qu'ils trafiquaient avec leur agent principal, du sang des victimes , et qu'ils lui vendaient Fusag* «le la guillotine pour quelques dénonciations cm* pour quelques assassinats.

Je reviens à l'affaire du citoyen Lericbe- EIk* Lacoste , membre du comité , rrtc secoud* jhtot

qu'elle fût examinée sur-le~*liau*p ? il f** 1 p ^° "

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qu'il serait interroge le lendemain. Un incident faillit retarder encore cet heureux moment, car il devait le tirer des griffes de Héron j ce fut la visite de la jeune Renault à Robespierre, les soupçons du dictateur, et le bruit qui se répandit qu'elle avait voulu l'assassiner. Elle avait été amenée dans une des chambres qui précédaient la salle du comité, lorsque je me présentai pour mon affaire. Je l'examinai avec quelque attention. Ce n'était pas là une Charlotte Corday ; il n'y avait rien d'exalté dans son regard, mais de la résignation. Elle semblait surprise pourtant de ce qui lui arrivait. J'eus compassion d'elle, car je ne pus douter un moment qu'elle ne fût la victime d'un crime imaginaire. On l'appela, et la curiosité me fie la suivre. Amar prit la parole, et après les questions sur son âge et ses noms, auxquelles elle répondit d'une voix tremblante et qui indiquait encore sa surprise de se voir traiter avec cet appareil. «Quel dessein, dit-il, vous a conduite auprès de Robespierre ?

LA JEUNE RENAULT

Je ne l'ai pas vu.

AMAR

Nous le savons ; mais que lui vouliez- vous ?

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la jeune renault.

Je croyais qu'un député était toujours accessible , et devait l'être... Je voulais le voir.

AMAR

Et pourquoi ?

LA JEUNE RENAULT

N'est-ce pas lui qui préside l'un des comités, qui dirige la Convention , qui nous gouverne ?

AMAR

La France n'a ni roi ni dictateur ; ces proposlà sont contre-révolutionnaires.

LA JEUNE RENAULT

Je voulais m'en assurer.

DAVID

On aurait osé soupçonner Robespierre ?

lsbas.

Ce doute seul suffirait ! . . .

amar, à ses collègues.

Calmez-vous.

LA JEUNE RENAULT

Je suis républicaine. Il passe, aux yeux de certaines gens , pour -un tyran ; j'ai voulu le voir.

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