LE PAYSAN
Que dites-vous? ma pauvre mferel.... et il fondait en larmes.
COUTHON
Tranquillise-toi ; l'immortalité de l'ame est décrétée; tu la rejoindras un jour.
ROBESPIERRE
Quelle est ta demeure? Tu as l'air pauvre; je veux te faire porter des secours.
Le paysan indiqua sa chaumière ; on devine ^uel fut le dénouement de cette triste his- '' ' i5.
*a8 MÉMOIRES
toire. La personne qui me Ta racontée , ajouta qu'en effet leur victime était réellement, ainsi qu'avait paru le croire Robespierre , un proscrit déguisé. L'instinct du tyran le trompait rarement.
Un jour je fus invité à une de ces réunions extra -muros. Depuis le supplice de Camille Desmoulins , j'évitais le plus possible de me trouver avec Maximilien. Celui-ci au contraire, semblait vouloir se rapprocher de moi ; je refusai. Je prévoyais tout ce que cette réunion aurait de dégoûtant pour moi , sous le double rapport de mon caractère ineffaçable de prêtre et sous celui d'homme honnête et humain. Le lendemain, je reçus de Lecointre la lettre suivante.
« Citoyen ,
» Je vous connais peu, mais je vous estime, » et il est temps de ûous réunir. La Convention » renferme un dictateur qu'il faut abattre. Je ne » crains pas que vous me trahissiez ; vous êtes » vous-même sur une liste de proscription.
» Je suis décidé à partager le sort de Brissot et » de Camille, ou à être plus heureux qu'eux.
» De tous nos collègues je n'ai vu que vous 4
d'*jn prêtes régicide. « m§
a qui je voulusse m'ouvrir : vous m'avez tou- » jours paru républicain et courageux; vous » ne flattez pas le tyran; c'est lui qui vous m flatte. Vous» n'avez pas voulu vous trouver » avec aous à Maisons; ce refus Ta décidé à » vous inscrire sur une de ces listes funèbres. it^Sans cette circonstance vous auriez encore » pu vdir deux cents personnes mourir avant * vous.
, » Me suis-je trompé à votre égard? répon- » drez-vous à ma confiance? Je le crois, et je. » n'ai pas hésité un instant. Voici donc ce.
» qu'il convient de faire; je vous, en, avertis » des ce soir, parce qu'il arrivera demain m une chose à laquelle vous ne vous attendez » pas. Robespierre ne veut point avoir Pair » de vous frapper lui-même. Vous serez dén. nonce aux Jacobins. Soyez-y; résistez, in^ » voquez le témoignage de Maximilien; faites » qu'il^parle de vous. Forcez le ensuite à vous » accuser ;cela commencera à faire penser quel- » ques-uns de nos collègues dont nous avons » besoin. J'irais bien joindre mes efforts aux » vôtres , mais Robespierre sait que je suis in- » struit; il devinerait tout en me voyant. Vous, » du reste, que j'ai entendu dans l'affaire deCa-
a3o MÉMOIRES
i» mille, vous n'ayez pas besoin d'un second pour j> vous défendre, et pour feire entendre à Maxia miliep le langage de la vérité. Nous lui por- » lierons plus tard des coups qu'il essayera en ii Vain de parer. Apres demain vous me verrez chat vans.
» $alyt et fraternité , Lecointre. »
d'uh P HÊTRE RVCICIDE.