SAINT-JUST
Attaque -les pendant qu'ils sont vaincus.
Enlève aux uns toute espérance , en détruisant ce qui reste de leur idole ; ferme la bouche aux autres.
ROBESPIERRE
Et leur effort de désespoir ?
SÀimwusT.
Ils l'ont fait pour leur roi. Paris les a entendus , et n'a pas bougé. La foi de l'armée n'a pas chancelé un instant. Que veux-tu #onc de plus ? Un seul jugement aurait dû tout terminer; ou ne les aurait entendus qu'une fois. Plus souvent et plus long- temps tu leur permettras de nous appeler des conspirateurs, plus ce cri fera d'impression. Il en est temps, mets-toi à uotre tétc.
ROBESPIERRE
Laisse encore Marat et le Boucher eu abattre
XO MÉMOIRES
quelques-unes... Je suis sûr que notre collègue est de mon avis.. •
MOI
C'est le seul moyen de ne pas se priver des leçons du temps et de l'expérience.
SÀINT-JUST.
La majorité est contre moi ; vous avez même les deux tiers , et je dois me taire.
MOI
Vous êtes... nous sommes, je crois, fort heu-* reux que cette proportion des deux tiers ne soit pas passée.
SÀINT-JUST.
Robespierre leur laissera le temps de gagner de nouvelles voix.
ROBESPIERRE
Sois bieo tranquille et d'ailletfrs, nous
n'aurons pas toujours besoin d'un appareil si imposant.
SÀINT-JUST.
A la bonne heure.
ROBESPIERRE
Le temps n'est pas encore venu. Laissez Li foute s'aplanir. Qu'il tombe encore quelques
d'un prêtre RÉGICIDE. II
tètes de la famille royale , de la noblesse , des vieux serviteurs , du clergé surtout.
MOI
Il me semble que de ce côté-là on nous a feit d'assez grands sacrifices.
ROBESPIERRE
C'est ce qui nous sauve, mon cher, aux yeux d'une partie du peuple. On a eu beau proscrire le culte, fermer les églises, avilir autant que possible les prêtres , les évêques et leur Dieu ; les pauvres ignorants y tiennent encore , et il nous faut ménager ce qui en reste ; car ils nous sont d'un grand secours. Vous ne sauriez croire combien les membres du clergé qui attachent leurs noms à quelqu'un de nos actes , contribuent à les rendre populaires.