‹ Mémoires d'un prêtre régicideChapitre 43 sur 63 · CHAPITRE LIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIX

Le 8 thermidor. — NoaTmconatiabale. —Barrai, FWroo, Comtois , Bourdon ( de l'Oiae ). — Gtrnier ( de VAube ).— Je rédi* la prodamatioD au peuple.

Tout le monde fut exact au rendez-vous, aucun de ceux sur qui nous avions compté ne nous manqua.

Tallien arriva le dernier à notre conciliabule. « Eh bien 1 nous dit-il en entrant, que faisons- » nous? qu'avez-vous décidé? » «^

MOI

Nous vous attendions.

TALLIEH.

Réservez-moi pour l'exécution ; c'est à la Cou*»

d'os prêtre régicide. a6g

vention que je veux parler. Si je m'y étais trouvé aujourd'hui

Vous auriez peut-être commis quelque imprudence.

Bourdon , je te félicite ; tu as bien commencé l'œuvre. Nous avons déjà remporté une victoire, mes amis, et c'est à Bourdon que nous la devons. Tu as porté l'inquiétude et la fureur dans l'ame du dictateur; il est allé puiser de nouvelles forces aux Jacobins, et la pierre angulaire de sa république, vient d'arriver de l'armée, sur les épaules de Saint-Just.

Trêve de plaisanterie, ce n'est point le mo= ment.

MOI

Ce que Tallien nous apprend rend plus urgent, plus nécessaire que jamais l'accomplissement du dessein que nous avons formé.

fréron .

Tallien nous a mis au fait de ce qui se trame,

VJO MÉMOIRES

citoyens collègues, et nous sommes tops prépa* rés à prendre part à votre généreuse entreprise; Nous n'avons pas hésité un instant. Mais il importe d'examiner les faits , d'établir notre accusation et d'en fixer l'époque.

BAE9AS.

Demain !

LECOINTRE

Impossible.

BARRAS

Demain ! plçs tard il ne serait plus temps.

Cest demain que Saint-Just doit lire i la Convention , son rapport nationicide ; s'il l'achève nous somnoles tous perdus.

Il ne l'achèvera pas.

FRÉRON

Mais comment pourrons -nous, d'ici là , réunir assez de forces?... - *

COURTOIS

Rappelons-nous combien il s'en est fallu peu que l'atroce discours du tyran ne fut imprimé aujourd'hui et envoyé à toutes les muiricipalitéç.

D 7 UN PRÊTRE 4ÊG1C1DK. V]\

MOI

Oui 9 mais nous l'avons emporté; et ne pas foire suivre un triomphe d'un autre succès , c'est ne pas savoir profiter de la victoire.

BOURDON

Fort bien répliqué, citoyen collègue ; notre avantage d'aujourd'hui ne peut être considéré que comme une déclaration de guerre , ne nous y trompons pas. C'est pour chaque parti le signal du combat !.... Je vois les forces du tyran ; où sont les nôtres ?. . .

Dans nos courages; dans la haine publique qui nous soutiendra.

BOURDON

La Convention nous condamnera, et le peuple nous laissera marcher à la guillotine ; il y est habitué

FRÉRON

Il est impossible de songer à engager avec Robespierre une bataille rangée.

BARRAS

Eh bien ! donc , une attaque imprévue.

Sans doute, et. pas de retard.

LECOINTRE

Mes amis, ne pouvons-nous gagner du temps?

Je ne suis pas moins résolu que vous, je partage votre désir généreux d'abattre au plus tôt le tyran , et de sauver ainsi de nombreuses victimes; mais je ne puis blâmer la prudence de nos collègues. Depuis bientôt deux mois, la méfiance , la crainte nous tiennent désunis; nous avons tous partagé d'abord les mêmes opinions; mais trompés et aveuglés , nous ne sommes pas toujours restéssous les mêmes bannières. Ce n'est pas nous que l'on* envoie auprès des armées.

Sommes-nous surs d'inspirer à la Convention, au peuple, aux soldats, assez de confiance pour qu'ils se réunissent sur-le-champ à nous ? Ne devrions-nous pas commencer par faire connaître les crimes si nombreux du tyran, et nous assurer des suffrages du peuple ? Ce matin, je partageais les vues, les opinions de Tallien, mais j'ai acquis aujourd'hui la certitude que nous étions assez forts pour nous défendre, pour que le dictateur n'osât désigner aucun de nous à la mort. Il craint notre courage, il ne se trouve plus assez puissant pour nous imposer silence, ou nous dicter ses caprices inhumains, ftous pouvons donc compter , de sa

d'un prêtre régicide. 278

part , sur une hésitation de quelques jours* Songeons de notre coté aux dangers que nous affrontons , aux périls qui nous menacent, et que le salut de la France est entre nos imaitis, »

COURTOIS

Ce projet, pour ma part, me paraît extrêmement sage.

GÀRNJE&.

Il nous expose beaucoup.

MOI

Sans doute; mais j'ai vu passer ce àiatinle tombereau qui menait plus de quarante victimes à la mort. J'ai reconnu Roucher , le chantre des Mois. En quoi avait-il nui à la république? J'ai reconnu l'un de ces jeunes poètes,, chantrès ardents de la liberté , soutiens de la philosophie et de la raison, le frère d'un de nos collègues y de celui qui a le plus contribué par ses hymnes patriotiques, à former l'esprit public, j'ai reconnu André Chénier. Pourquoi laisser tomber demain autant de têtes si nous pouvons l'empêcher dès aujourd'hui. Tout retard est coupable*

FRÉRON

J'approuve ces sentiments d'humanité ; mais Tome h. 18

si toous ue faisions qu'augmenter le nombre des suppliciés? Je crains peu la mort, je la braverais si je m'exposais seul ; en nous parlant du salut de la; France, vous nous avez tracé notre

devoir.

BARRAS

II faut donc vous convaincre qu'il n'y a de salut que dans un coup hardi , imprévu, auquel le dictateur n'aura pu s'attendre et qui le frappera au moment où tout semblera assurer son triomphe. Je gémis depuis long-temps, sur le sftrtde la république; depuis long-temps, un dessein , un projet libérateur de la nation couvf dans mon esprit* Ah ! ce n'est pas d'aujourd'hui que j'en ai conçu la pensée. J'ai calculé les moyens, les chances de succès. Savez -vous ce qui se passe maintenant ? Robespierre triomphant aux Jacobins, se sépare de la Convention. Il n'y a plus pour lui d'assemblée; il ne voit plus que ses amis. Dans son esprit les deux comités sont désormais des corps inutiles. Les votes, la majorité sont illusoires. Il vous fera entendre votre accusation , vous jugera, vous condamnera, vous exécutera lui seul et sans même demander avis à ceux dont la lâcheté lui obéit avec le plus d'empressement. Vous

d'un prêtre régicide. 978

lai avez résisté une fois, il est furieux et ne vous consultera pas une seconde.Sa tyrannie eotmaàn* tenant toute militaire. Henriot est son lieutenant et les septembriseurs son armée. Voilà ceux pour qui Saint-Just parlera demain , si vous le laissez parler .Voilà ceux dont on recueillera les votes , et de votre salle envahie , vous passerez^ chargés de fers, au tribunal révolutionnaire. $i vou^j faites xépbtance , si vous parlez, ou ne vousrépon? dra pas; on vous massacrera comme on 3 fait aux prisons. Sa seule prudence , sa seulç potyi* que sera de commencer par les plus turbulent (n voulant temporiser avec le dictateur, voilà/le sort que vous vous préparez. Meus un reste d'orgueil donne à Maximilien des espérances fondeessurvotrefaiblesse.il vous croit épuisés par un premier effort ; l'hypocrite veut 1 en outre jouer son rôle jusqu'à la fin, et avant de r voufc assassiner , il veut que le sententieux Saint-Jtist prouve qu'il le fait pour le bien de la nation et pour la liberté. Il lui faut un rapport hietisonger qu'il puisse envoyer dans toutes les municipalités, en place de celui à qui vous avez fait un si cruel affront. Eh bien 1 il faut profita d*.cc dernier instant de confiance. Il faut, forpieç.lq bpu^

che à Saint-Just. Oa aura calculé le terup4.de

la durée de son discours , pour donner rendezvous aux assassins , il faut qu'à leur arrivée ils trouvent des maîtres , qu'ils soient obligés de se cacher pour se soustraire à la juste vengeance des lois.

FRÉRON

Si tout ce que dit Barras est vrai , si son avis revêtu de la sanction générale est jugé le meilleur, et même le seul parti à prendre, pourquoi dpbc , au lieu de nous exposer à une lutte doutetise, ne ferions-nous pas plutôt arrêter les conspirateurs et les décemvirs dans l^pr domicile? Pourquoi les laisserions-nous apporter *t la Convention leurs projets nationicides.

MOI

Parce que nous n'avons de force et d'espoir que dans l'assemblée ; parce que nous ne pourrons disposer d'une partie de la force armée qu'après un coup d'éclat ; parce que la nation et le peuple ne se réuniront à nous que lorsque nous aurons donné une preuve; de notre courage.

BARRAS

Notrecollègue a achevé défaire connaître mon opinion. J'ajouterai qu'il ne faut pas nous flatter de retenir un instant Robespierre et

d'un prêtre régicide. 277

ses complices 4} prison. Ils n'y resteraient pas.

BOURDON

Je suis complètement en cela de l'avis de Barras.

GARNIER

Cest aussi mon opinion.

LECOINTRE

On ne m'accusera jamais d'avoir manqué de courage dans une circonstance aussi importante, et d'avoir perdu pat ma timidité, ceul qui auraient assuré sans moi le salut de la patrie. Les raisons développées par Barras ont fait sur mon esprit quelque impression, j'y trouve de la justice, de la vérité, en même temps que de la résolution et de la fermeté , et je ne suis pas loin de me ranger à son avis. Mais il me semble qu'il a oublié un point important; il nous représente privés de la force armée , n'ayant dans le premier moment de secours à espérer que de nous seuls ; et cependant il veut que sur-le-champ nous attaquions le point le plus difficile , que. nous terminions en quelque sorte un projet qui.

est presque une révolution. Uans l'état où il nous représente lui-même , comment le pourrons-nous, et s'il faut le faire des demain.

COURTOIS

Je crois qu'on outre le danger; je rends jus* tice au puissant raisonnement de Barras; mais je persiste à penser qu'il exagère la force et les résolutions de Robespierre. Apres avoir si bien peint d'ailleurs sa tyrannie, peut-il croire encore que ce tableau présenté courageusement à la nation et appuyé de preuves, n'assurerait pas une victoire qui alors ne serait plus la nôtre, mais celle de la vérité, de la justice; elle légitimerait nos efforts.

Qu'en est-il besoin ? Àtta quons-nous donc un homme qui , comme César , en asservissant sa patrie , l'ait rendue glorieuse et triomphante ? Notre tyran est-il *u de ceux qui du moins ont fiait régner la justice et les lois ? A qui pourra-t-on parler de ses bienfaits ? Quelle famille pourra se lever en sa faveur? Où se réfiigierat-il ? est-ce sur le banc de Brissot ou sur celui de Danton ? Dans laquelle des propriétés de la république cherchera-t-il un asyle ? N'en

d'un prêtre régicide. 279

a-t-il pas fait autant de bastilles ? tous les ruisseaux de Paris ne doivent-ils pas lui paraître rouler des flots de sang ? Aux Jacobins, à la Commune , partout, ne trouvera-t-il pas des ombres sanglantes et menaçantes ? Laquelle de nos villes lui ouvrira ses murs? Fuira-t-il jusqu'à Nantes , où Carrier nous a donné tant de partisans ? Le défendra - 1 - on à Strasbourg , où Saint-Just promenait la guillotine ? Parlera t-on de ses vertus à Commune - Affranchie ?

Qu'avons-nous besoin d'accuser Robespierre?

Wavons-nous pas annoncé le dessein d'abattre les tyrans > et ne serions-nous pas alors les derniers des charlataps si nous nous courbions sous le plus vil de tous?

MOI

Personne ne songe ici à le défendre , mais il est incontestable-que nous ne pouvons nous dispenser d'une accusation publique et authentique, appuyée de preuves et de témoignages irrécusables. Je partage complètement en cela l'avis de Courtois. Mais est-il nécessaire que cette accusation, que ce manifeste précède la chute du tyran? Ayons-nous le temps de suivre toutes les formes ordinaires d'un jugement de cette ini-

28o MÉMOIRES

porta n ce ? Lies suffrages de la Convention ne l doivent-ils donc pas nous suffire? Ne pourronsnous après rendre compte de notre conduite p la nation et à la postérité ?

LECOINTRE

Nous sommes ici pour délibérer. Avec des vues différentes , nous avons tous même courage, même résolution. Deux opinions nous partagent. Celle de Barras et celle que soutient en ce moment Courtois. Voyons celle qu'adopte la majorité d'entre nous, et avisons aux moyens de l'exécuter : tout ce que nous pourrons dire auparavant me semble de vaines paroles.

BARRAS

Je me range à l'avis que vient d'émettre Lecointre , tout en faisant observer à nos collègues que le choix possible , encore ce matin , ne l'est plus maintenant. Tandis que Maximilien se croyait le maître , on pouvait tout disposer dans l'ombre; depuis ce matin la lutte est commencée, et, d'une façon ou de l'autre , elle se terminera avant que le soleil de demain ait cessé d'éclairer la république plus esclave en ce moment que jamais. L'orgeuil , la confiance, la vanité offensée du dictateur pourraient nous

d'un prêtre régicide. 281 *

laisser quelque repos encore; mais Saint-Just est là. Robespierre a bien su ce qu'il faisait en le frappe! ant aujourd'hui à ses côtés. Saint-Just apprécie , n'en doutez pas , la véritable position des chqses ; ou je me trompe fort , ou il la voit comme je la vois moi-même , et je suis encore couva in eu que vous vous repentirez trop ta rd d'avoir perdu un temps précieux.

BOURDON

Agissons donc. Je me range pour l'avis de Barras.

LECOINTRE

J'appuie aussi sa proposition; j'ai hâte de voir arriver l'instant qui va décider de noire sort.

COURTOIS

Aucun de nous n'a jamais manqué de courage.

fréron. - #

Barras a bien mérité de la patrie !

MOI

C'est donc pour demain , mes amis, car nous n'en pouvons douter, des deiqain Saint-Just montera à la tribune.

Il faut qu'il la quitte aussitôt pour la barre des accusés.

MOI

Et la nuit est déjà avancée, et nous n'avons plus que quelques heures pour régler au moins les principaux événements d'uue révolution si importante.

FRÉRON

Et d'abord quels seront les juges de Robespierre ?

BOURDON

Nous, les représentants de la France.

LECOINTRE

Il est évident qu'en nous rangeant à l'opinion de Barras, nous avons décrété que le nouveau Croiuwel serait frappé au milieu du sénat.

Euce ne sera pas pour être placé au rang des dieux.

BARRAS

La mort du dictateur est nécessaire. Je in 1 <toîs pas cjue .l'on puisse taxer cet acte dt* cruauté.

LECOINTRE

Oui aussitôt que nous aurons attaqué , il faudra en finir.

Le meurtre d'un tyran n'est pas un assassinat ; Brutus et Cassius sont des héros ; et en faisant guillotiner Danton et Philippeaux , Robespierre n'a pas immolé les derniers des Français. Je ne crois donc pas que sa mort puisse jamais nous être imputée à crime.

moi.

Je ne le pense pas non plus. Mais voulez-vous qu'un Antoine excite le peuple à la vue de son cadavre? Si vous l'assassinez , vous ne pourrez pas massacrer avec lui tous ses partisans , vous ne voudrez pas renouveler une de ses infâmes boucheries. En l'accusant, au contraire, en ne le frappant que du glaive de la justice, vous êtes sûrs de ne laisser échapper aucun de ces décem» virs. Vous signalez leur parti à la nation, et leur mort est un exemple. Je ne suis pas le partisan des doctrines sanguinaires, et l'on ne peut m'accuser de vouloir du sang; mais si la loi peut pardonner à quelques-uns des amis du tyran, il faut du moins aussi qu'elle soit , s'il en est be»

soin , en état de les atteindre tous. J'engagerai donc Barras et Tallien à se modérer, à retenir leur zèle.

BARRAS

L'avis de notre collègue est fort sage ; je désire que nous puissions le suivre.

MOI

J'ai partagé votre opinion en bien des points, et je suis prêt à vous faire le sacrifice de celle-ci si tel est l'avis de la majorité ; j'engage cependant encore un fois Barras et tous mes collègues à s'y arrêter avec quelque examrih.

TALLIEN , à moL

J'adopte votre avis et je suis persuadé que Barras fait de même. Les événements décideront d'ailleurs de l'exécution. Résoudre un assassinat de sang-froid , c'est l'affaire des décemvirs ; ce serait déshonorer notre cause. Je désire j qu'aucun de nous, ne se souille du sang de ces scélérats , dont il faut cependant à tout prix débarrasser la Convention.

GARNIER

Adopté.

COURTOIS

Quel sera le nombre des victimes ?

d'un prêtre régicide. 285

BARRAS

Robespierre, Saint-Just, Couthon et Lebas au sein de la Convention. Nous délibérerons sur les autres.

BOURDON

Et Robespierre jeune? et David?

MOI

L'un n'est à craindre qu'à cause de son nom , et il n'aura jamais les moyens de le sauver de l'infamie, de le rendre redoutable. Respectons dans l'autre le génie, et qu'il reste peintre. Le dictateur abattu , que la commune de Paris soit reconstituée, que le tribunal révolutionnaire soit aboli , que la justice et la clémence ouvrent les portes des prisons , et préparons le règne de la constitution et de la liberté.

BARRAS

Nous ne sommes pas encore assez avancés dans notre projet pour songer à l'avenir.

GARNIER

Après la décision que nous venons de prendre? nous ne pouvons plus que nous disposer à agir. Qui d'entre nous se charge de porter les pre» roiers coups?

s un ;**• ****** de fec.

d'un prêtue régicide. a8g

n de la haîoe des ennemis de la France, est » attaqué au milieu de nous ; les formes du pou= >i voir républicain touchent à leur ruine ; Paris- » focra tic semble triompher, et 1rs royalistes sont » prêts de reparaître.

» Citoyens, voulez-vous perdre en un jour » six années de révolution , de sacrifices et de » courage? Voulez-vousrevenirsouslejougque » vous avez brisé? Nou sans doute, La Conven= » tion ne cessera pas un instant de veiller aux » droits de la liberté publique. Elle invite doue » les citoyens de Paris, â l'aider de leur réunion, » de leurs lumières, de leur patriotisme, pour » la conservation du dépôt précieux que le peu- » pie français lui a confié. Qu'ils veillent prin- » cipalement sur l'autorité militaire, toujours » ambitieuse et souvent usurpatrice. La liberté » n'est rien dans le pays où le militaire coni- » mande au civU.

» Si vous ne vous ralliez à la représentation » nationale , les autorités constituées sont sans » subordination , et les armées sans direction j « les victoires deviennent un fléau , et le peuple « français est livré à toutes les fureurs des divi= » sions intérieures, et à toutes les vengeances » des tyrans. Entendez la voix de la patrie, au

Page 1