‹ Mémoires d'un prêtre régicideChapitre 55 sur 63 · Tome h. a · texte numérisé non relu

Tome h. a

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m'ont dit qu'il* avaient donné leur démission de ce comité de sûreté générale , et en étaient sortis en secouant la poussière de leurs pieds, no pouvant tenir aux iniquités qui s'y commettaient. Ce sont des témoins nécessaires; je demande qu'on les fasse en-

tendra.

J'affirme que Guffroy m'a dit que , s'il restait au comité, c'était pour corriger beaucoup de mal par un peu de bien ; qu'il avait appris que Héron, agent du comité , avait été suborner de faux témoins dans les prisons pour le mener a la guillotine. Je demande qu'on le fusse entendre.

J'affirme que Revcrchou m'a dit, que Collol-d'Hcrboîs , qui avait fait tout au monde pour rendre la république hideuse , et faire la contre- révolution à Lyon. Qu'on fasae ei.iendrc Reveiclio».

Ne se souvieut-on plus des propos de Col lot-d'llerboi* : Il faut mettre des barils de poudre sous les prisons , et à côte une mèche permanente. H y a dei témoins que Collot-d'ilerbnis a dit , au sujet de d'Enlantine qui avait relevé re propos : Puisqu'il veut me perdre , je le conduirai à la guillotine par tous les moyens possibles. Il est des témoins que le (jrand républicain Saint Just a dit, dans un temps, avec humeur : Oh! ils vsulenC la république ; elle leur coûtera cher!... Faudra-t-il des témoins pour prouver que le tartufe , que le scélérat Bar rire était président des Feuillants , elqu'il a proposé la commission des

Douze produisant des témoins sans probité, et

que Vilate, juré, et bien connu pour l'espion de Barrcre, et logé par lui dans le pavillon de Flore ,

ET PIÈCES JUSTiFlCÀtiYES. 387

venait chez moi me caresser, me flagorner, disait

dernièrement à Il faut que nous ayons sous huit

jours les têtes de Danton , Camille-Desmoulins , Philippeaux ,. etc.

Je viens à ce qui me concerne dans ce rapport; de mémoire d'homme , i} n'y a pas d'exemple d'une aussi atroce calomnie quéfcette pièce. D'abord il n'y a personne dans la Convention, qui ne sache que M. le ci-devant chevalier de St.-Just m'a juré une haine implacable ; pour une légère plaisanterie que je me suis permise , il y a un mois , dans mes mémoires. Bourdaloue disait : « Molière m* a mis dans sa comédie, je le mettrai dans mon sermon. » Moi , j'ai mis M. de St.-Just dans un de mes numéro; lui , il me met dans un rapport de gdillotine, où il n'y a pas un mot de vrai à mon égard.

Lorsque Saint-Just m'accuse d'être complice de Danton etdeDumouriez , il montre bien que c'est un patriote d'hier. Qui a dénoncé Dumouriez le premier et le plus rigoureusement r

On ne peut pas nier que ce soit moi; Danton , dont il me rai t encore le complice, qui ignore que c'est moi qui l'ai dénoncé le premier? Les* seuls écrits contre cette que les Jacobins ont fait imprimer, distribuer, c'est moi qui les ai faits. Saint-Just ne se souvient-il plus de mon histoire des Brissotins? la vengeance peut-elle être plus aveugle? Je suis le complice de Dumouriez, de Danton , et personne n'a plus dénoncé que moi ces deux hommes. Quelle scélératesse, quelle impudeur! C'est Barrère qui m'accuse d'être de la faction d'Orléans.

388 iCLAlRClSSCMENTS

il y eut une Faction, M. de Saint-Just , pour met* >tre. .. ... sur le trône; il y eo eut une autre pour.. ..

Celle qui existe maintenant , c'est celle des Feuillants, des Brissotins, des Hébertistes , tous rangés sous la bannière de Pitt contre les républicains , le Vieux Cordelier et la Montagne. Hâteraient déjà sàrs de leurs victimes; ils viennent déjlRi a notre enterrement...; mais avant que de périr, il faut que je serve encore une fois la république ; et tout ce que je vais dire seront des faits incontestables : J'ai de bons témoins.

Nous avons pensé qu'un aperçu de la conduite des sections de Paris , dans les journées des 9 et 10 thermidor, serait agréable à nos lecteurs. Il eû£été impossible de copier les procèsverbaux en entier; cela eût été beaucoup trop volumineux , et nous avons emprunté notre es-

ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 3tèg

quisse sur le 9 thermidor au conventionnel Courtois. (Note de l'Éditeur. )

Section Lepelletier.

L'assemblée de la section Lepelletier s'est formée le 9 , à huit heures du soir, au chef-lieu. Ou fait lecture de l'invitation de la commune, qui demandait que l'ou vînt prêter le fameux serment; puis on fait part des ordres des comités de sûreté générale et de salut public. L'assemblée ne balance pas un instant entre, la représentation nationale et cette commune perverse} elle proscrit ses arrêtés et ses invitations , et jure d'exécuter de point en point les ordres de la Convention , de périr tout entière , s J il le fallait 7 pour le salut de la patrie , et mille cris se font entendre : Meurent les traîtres 1 Vive la Convention 1. Vivent ses comités /

Aussitôt qu'elle a connaissance de la mise,

hors la loi du maire et de la commune couspiratrice,. elle envoie vingt commissaires pour féliciter la Con~ venlion et lui renouveler le serment de ne vivre que, pour exécuter , faire exécuter ses décrets , et lui servir de rempart, sises infâmes ennemis osaient F attaquer; elle marque toute son indignation à un nommé Arnaud, qui, à la tribune même, s'était permis de parler en faveur de la* commune, et il est à l'instant saisi et traduit au comité révolutionnaire. Une députalion aux quarante-sept autres sections est arrêtée , et va porter à tous les habitants de Paris les preuves de.

rattachement de l'assemblée pour la Convention et

•es décrets.

11 est difficile de se conduire mieux, que ne l'a (ait en cette circonstance Vergne , président de l'assemblée , qui cependant, ainsi que le prouvent les détails du procès-verbal , était une dea créatures de Robespierre; qui avait reçu a dîner chez lui , le 9 thermidor même, Fouquier-TinvUle- Scellier, vice-président du tribunal révolutionnaire; Gribauval, substitut de l'accusateur public ; Coflînhal , Detboisseaux atné, Lnjarrière et sa femme. Outre sa conduite dans celle journée mémorable, on a trouvé des témoignages en sa faveur dans les papiers de Cofflnhal , qui écrivait à Samba qu'il regrettait bien de n'avoir pas suivi les conseils de Vergne. Il y avait plus de trois mois, en effet, qu'il lui avait conseillé de ne plus voir Robespierre.

Les comités civil et révolutionnaire de la section se sont bien conduits. Ce dernier comité envoya, le 6 thermidor, à celui de sûreté générale de la Convention , une lettre que la fameuse Thé/vigne avait écrite le 8 à Saint- Jus t. Les membres du comilé croyaient y trouver des preuves de conspiration , on □'y trouva réellement que des preuves de folie.

Cette lettre, tirée du cinquième carton, n° 5oo, est conçue en ces termes :

' ■ Du 8 thermidor.

* Je suis toujours en arrestation; j'ai perdu un » temps précieux ; envoyez-moi aoo liv. et venez me ■ voir. Je vous ai écrit que j'ai eu des amis jusque * dans le palais de l'empereur. J'ai été injuste à

IT PIÈCES JUSTIFICATIVES. 3g l

» l'égard du citoyen Bosgue. Pourrai-je me faire ao » compagner chez vous? j'ai mille choses à vous dire. » 11 faut établir l'union ; il faut que je puisse déve- » lopper tous mes projets , continuer d'écrire ce que 9 j'écrivais. J'ai de grandes choses à dire. J'ai fait de » grands progrès. Je n'ai ni papier, ni lumière, ni » rien: mais quand même, il faut que je sois libre » pour pouvoir écrire. 11 m'est impossible de rien » faire ici. Mon séjour m'y a instruite; mais si j'y » restais plus long-temps sans rien faire, sans rien » publier, j'avilirais les patriotes et la couronne ci- » vique. Vous savez qu'il est également question de » vous et de moi, et que les signes d'union demandent » des effets. Il faut beaucoup de bons écrits qui » donnent une impulsion. Vous connaissez mes priu- » cipes. J'espère que les patriotes ne me laisseront pas » victime de l'intrigue. Je puis encore tout réparer, » si vous me secondez; mais il faut que je sois où je » serai respectée. Je vous ai déjà parlé de mon pvo- » jet. Je demande qu'on me remette chez moi. »

La citoyenne Théroignc, que je n'ai nommée fameuse qu'à raison de la part active qu'elle a prise à la révolution , et de la célébrité que lui ont donnée sa captivité chez l'empereur et le rôle qu'elle a joué depuis, est maintenant dans une maison de folles, au faubourg Marceau. Dans un de ses moments lucides, elle appela dernièrement, de sa fenêtre, un voisin qu'elle pria de s'intéresser pour elle, afin qu'elle sortît de cette demeure gênante. Le voisin craignit qu'elle ne fût effectivement victime, comme elle le disait, d'une trame perfide; il s'intéressa à son sort,

Tint au cornue de sârelé générale parler en sa faveur : nais les informations ippriienl que son esprit aliéné était ■■ seule cause de sa détention ; et le* démarche* du voisin officieux et domain auprès du comité de sûreté générale, qu'il trouva bien disposé, n'eurent, par cette Mule raison , aucun succès.

Section de r*rten*L

Je n'ai point trouvé dans les cartons du comité, de procès-verbal de rassemblée générale de la section, de l'Arsenal ; mais j'ai trouvé des pièces qui contiennent ce qu'ont fait le comité civil et le comité révolutionnaire. On voit par ces pièces que le comité révolutionnaire a fait connaître au comité de sûreté générale la couduite de Hanriot à l'égard d'un gendarme qn'il a fait mettre eu prison , et d'un détenu qu'il lui a enlevé pour le mettre en liberté ; qu'il a passé à l'ordre du jour sur la coupable proposition qui lui a été faite par un officier municipal ( Henry , puni de mort) de se joindre à la commune; qu'il a de même méprisé une lettre de cette commune perfide, et n'a voulu reconnaître que la Convention ; <iue Lesapeur et Mautienne, chargés de savoir ce qui se passait à la commune , annoncèrent les courses indéceutes de Hanriot el l'arrivée de Robespierre et de ses complices à la maison commune, où ils avait été accueillis. La manière dont le comité révolutionnaire s'est conduit à l'égard des magasins des poudres de l'arsenal est très louable; ou le voit prendre toutes les précautions nécessaires pour protéger ce dépôt contre les attaques des révoltés, malgré le refus de la section de l'Indi-

visibilité de lui envoyer des secours, et quoique Popincourt el Montreuil ne lui eussent accordé que de simples patrouilles.

Lui vient-on dire qu'on invite, de la part de la commune > d'arrêter les proclamations de la Convention? il donne des ordres contraires, et force reste à la loi. Toutes les pièces du comité révolutionnaire sont au comité , cinquième carton , n° 727 et suivants.

Le comité civil n'a pas mis moius de zèle que le comité révolutionnaire à défendre la Convention. On le voit ( dans des pièces qui se trouvent au cinquième carton , n° 735 et suivants ) faire le serment de rester fidèle à la Convention , au lieu de répondre à deux lettres de la commune dont il a soupçonné la perfidie, et proclamer à l'instant ce que lui adresse le comité de salut public.

Mercier } officier municipal ( puni de mort ) / s'efforce eu vain d'entraîner le comité dans la cause de la commune; pour toute réponse, on arrête d'envoyer à la Convention une protestatisn de fidélité et d'attachement inviolable.

Le président du comité civil était le citoyen Dcspcr* riers , et le citoyen Violet était secrétaire.

Section des A mis- de-la- Patrie.

L'assemblée générale de cette section s'est réunie d'après l'ordre de la commune, à raison des dangers de la patrie. Les rapports lui ont paru tellement vagues, qu'elle a nommé huit commissaires pour se rendre à la commune et connaître par eux-mêmes l'état des choses. Ce pendant on lui annonce queles personnes

répondu ; Si vous êtes hors la loi, pas. L'assemblée frémit; mais ce connu le décret qui mettait la coi qu'elle se prononce pour la Conv

3g4 ÉCLAIRCISSEMENTS

arrêtées par décret de la Convention ont clé mises en liberté; que les Jacobins s'unissent a la commune, que ton! présage une nuit orageuse. L'assemblée veut être plus éclairée pour se prononcer, Trois membres attestent un fait, que Hanriot s'était misa haranguer et a crier : On m'a mis hors la loi ; mais , à Caide du canon, nous verrons- et quedescanonniers lui avaient

est qu'après avon nui ne hors la loi, nlion. A. compter -de-la-Patrie, qui avait long-temps flotté incertaine , se conduit bien , cl prend toutes les mesures nécessaires pour défendre la Convention contre ses ennemis.

Eu lisant attentivement toutes les pièces relatives à celte section, et qui se trouvent au cinquième carton , n" 67(1 — "j 1 7 , on peut lui reprocher trop d'indulgence a l'égard de Chrétien et de Renouard , membres de la commune , qui, à la vérilé, l'avaient quittée pour se rendre à la section ; mais dont celle-ci i fait dater la présence de neuf heures, tandis que, de leur propre aveu, ils n'y sont venus qu'à ouïe. Lf procès-verbal se lail aussi sur un fait que révèle celui des traîtres; c'est que les commissaires de l'assemblée générale et du comité civil ont prelé le serment eux. 11 fotlt croire que la discrétion des commissaires en est la seule cause. Chrétien et Renouard éanmoins s'être mal cond

pnr.iisseut pas

Une dénonciation qui se l

l ne

i les pièces,

ET PIÈCES JUSTIFICÀTIYES. 3g5

porte que les membres du comité révolutionnaire de la section des Àmis-de-1 a-Patrie avaient bu , le 9 au matin, avec Dumas , Cojfinhal et Gribauval 7 et qu'ils avaient, ce jour-là même, servi de témoins contre les malheureuses victimes que le tribunal de sang avait envoyées à la mort.

Ce comité a montré beaucoup de froideur dans cette circonstance critique.

Le comité civil a obéi à plusieurs ordres de la commune et de ZZa/inof; mais il s'est de bonne foi prononcé pour la Convention , et s'est voué entièrement

à elle.

Section do Mont-Blanc.

La section du Mont-Blanc s'est parfaitement bien conduite. Réunie en vertu d'une convocation faite par la commune , elle se prononce ouvertement; et dès le premier instaut, pour la Convention : elle envoie uue députation auprès d'elle pour lui demander ses ordres, et assurer la représentation nationale de l'inviolable attachement de tous ceux qui la composent.

On voit le représentant Monlaut venir à l'assemblée prononcer un discours pour entretenir le feu du patriotisme , et l'assemblée , après l'avoir entendu , lui en témoigner la plus vive satisfaction.

L'officier municipal Langlois paraît avoir voulu tenter d'abord de corrompre le président Trëpié, dont le regard , lancé avec indignation , l'a confondu; haranguer ensuite la section pour l'engager de se rallier à la commune , et menacer d'un second ordre de sa part qui devait avoir sou exécution , mais qui ne fut pas plus écouté que cet orateur.

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Adresse-t-on à l'assemblée la nomination Je Giot ■ la place de Hanriot? elle l'impronve, et voue la cumrauneà l'exécration.

Elle envoie à toute» les sections communication franche de sa conduite loyale, et leur fait part de mm vœu pour la Convention.

Le comité révolutionnaire de la section du Mont- Blanc ne parait avoir concouru que pour l'arrestation de* traîtres.

Section de Mavai.

L'assemblée de la section de Moral, qui 4 reprit maintenant son ancien nom de section du Théaire- Françass, a, dans les premiers instants, envoyé du commissaires à la commune pour s'instruire sur la situation des choses. Ces commissaires sont revenus , après la mise hors la loi de la commune, faire connaître toute sa perfidie. Le journal du soir, la proclamation de la Convention, la déterminèrent; et malgré les efforts des Laurent et des JVarmè, qu'elle envoya à l'instant au comité révolutionnaire pour être mis en état d'arrestation, elle refusa de reconnaître plus lougtemps la commune rebelle, et s'unit fortement à la Convention, vers laquelle elle euvova du canon et des forces pour la défendre. Le procès-verbal de celle section contient un fait que je ne trouve point bots de propos de conserver. Elle allait partir en niasse pour féliciter la Convention sur sou énergie : Léonard Bourdon arrive; il la harangue, l'invite à retarder sa visite, à raisou des grands objets que la Convention tiaile, et à faire passer aux comités de salut public et de sûreté générale des renseignements sur le enmirfe

de ceux des citoyens qu'elle croirait être dans ce cas , et à lui déclarer ceux des membres de la section qui n'auraient pas sa confiance, qu'incessamment les précieux restes de Marat allaient être transférés au Panthéon , ce qui n'avait été jusqu'à présent retardé que

par la basse jalousie de Robespierre

Le comité révolutionnaire , quoique composé d'hommes voués à Robespierre , ses créatures et ses agents, s'est néanmoins conduit d'une manière louable , et a exécuté ponctuellement toutes les Jois.

Section de la Fontaine-Grenelle.

La section de Grenelle, loiu de s'assembler au vœu de la commune rebelle, a marché sur-le-champ, et dès le soir , pour défendre la Convention , à qui elle a juré le plus inviolable attachement. Le lendemain, quand le coup qui a frappé les traîtres les eut abattus, elle s'est réunie, a renouvelé le serment de fidélité à la Convention, et a confirmé ce qu'avait fait le comité

Ce comité s'est montré pur, a marché sans dévier des principes; il a refusé toute communication avec la commune , et a fait exécuter les lois de la Convention.

Il a été parfaitement secondé par le comité révolutionnaire , qui s'est conduit dans le même sens, et qui a fait arrêter ensuite les individus prévenus de complicité avec les conspirateurs.

Section de Popincoort.

La section de Popincourt, éloignée des lieux où

3g8 ÉCLAIRCISSEMENTS

les conspirateurs s'agitaient et où la représentation nationale frappait les traîtres , montra beaucoup d'anxiété et d'incertitude dans sa conduite ; elle a> ait en outre dans «on sein et des membres et des amis de la commune qui la trompaient. Dorigny, qui a pavé tînâuen-

aire* a lacoiinnunr, non-seulement pour y prendre connaissance des faits, mais pour y prendre part aux délibérations, si les circonstances l'exigeaient ; et Duchesne , l'un de ses commissaires , que Denclles avait dit s'y conduire en membre de la commune du 10 août, qui seul des quatre envoyés y était resté, ne revint qu'au moment où ta commune, mine hors ta loi. allait tomber enlie lcsmainsdesdéfenseutsde la représen talion nationale. Ce Duchesne s'eicusa cependant asseï adroitement après son retour , et trouva moven défaire iuscrerseï excuses, comme bonnes , dans le procès-verbal de la section. Parmi le; coupables qui se trouvèrent dan< celte section el qui contribuèrent à l'égarer, se remarquent Gène lies , ce scélérat complice de Patke au 3i mai , assassin de sa femme et de ses enfauls su mois de prairial dernier; Dorigny , dont je viens d* parler; Lakure, pour qui la section voulait que l'on eût de l'indulgence, parce qu'il avait été trompé mais qui périt avec les conspirateurs le o thermidor. 11 paraît qu'il avait entraîné les nommé; Martinaud, adjudant de la section ; Grinchon; Bouvet , sergent; liougtot, caporal ; Lebenu el Diosse , tambours. Ces derniers n'ont , à ce qu'il résulte des procès-verbauï, été que passif» exécuteurs des ordres de Lahurt. Li

ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 3gQ

capitaine des canon niera , celui qui , à la révolte du mois de prairial, mérita par sa conduite d'être le premier frappé du glaive de la loi , Delorme , homme de couleur , parait avoir conduit les canons à la commune.

Quoi qu'il en soit, la section de Popincourt ne peut pas , à piop rement parler , être regardée comme complice de la commune : son erreur ne fut qu'un nuage passager ; et dès dix heures et demie du soir, à la lecture de la proclamation de la Convention , elle manifeste son attachement pour elle; elle se sépare d'une commune coupable, et prononce a l'unauimité son union inviolable avec la représentation nationale.

Le comité révolutionnaire paraît, d'après les pièces trouvées à la commune, y avoir fait prêter le serment demandé; mais il paraît aussi s'être conduit après conformément aux principes : il a fait arrêter Dorigryr y a interrogé Duchesne relativement à sa conduite à la commune , et n'a pas fait de lui , au comité de sûreté générale, le tableau le plus avantageux.

Je ne trouve rien de relatif à la conduite du comité civil; mais ce comité s'est si bien conduit au 4 prairial et dans les circonstances difficiles qui ont suivi celles du 9 thermidor , qu'il est à croire qu'il a agi d'une manière louable et d'après les principes qu'il a constamment eus pour règles de conduite.

Section de la Montagne.

La section delà Butle-des-Moulins, qui* d* 118 le temps où tous les esprits s'enthousiasmaient pour cette partie de la Convention que Ton appelait la

400 ÈCLÀlRCISSLMEilTS

Hoktageib, en avait pris le nom, qu'elle a quille dam un autre temps où celle même partie de la Co était poursuivie, el qui , par ce changement seul , i prouvé qu'elle prenait part aux factions qui ont divisé la représentation nationale, a montré dans les journées des gel 10 thermidor, comme depuis dans les premiers jours de prairial , cet alla cliemenl pour la Convention qui lui a mérité , dans le discours prononcé par Louvcl sur la tombe de Feraud , la mention la plus flatteuse, dont elle n'a détruit la douce impression que pour la révolle dans laquelle l'ont entraînée nos ennemis au i3 vendémiaire dernier.

Rien de plus pur, à celte époque du 9 thermidor, que la marche de celte section. Si elle ouvre les portes de son assemblée, ce n'est point pour obéir à la cornmune (elle avait découvert «a conspiration), c'est pour donner à tous ses habitants la facilité de se réunir el d'émettre leur vœu pour la représen talion nationale. On la voit , par un élan unanime, proclamer la nullité de sa séance convoquée par la commune , et s'ébranler en masse pour se rendreauprès de la Convention, où elle est reçue avec un accueil bien flatteur , et d'où elle ne sort que pour, [de l'avis du comité du salât public, aller se réunir légalement.

Tous les citoyens, dans cette section, semblent s'être réunis d'esprit pour n'avoir qu'une conduite uniforme. Lestage et Seguy , membres de la commune, en abhorent les principes, se rendent à la barre de la Convention : et tandis que leurs coupables collègues encouraient, par leur rébellion, le décret de mise hors la loi, ils obtenaient les honneurs de la séance-

ET PIÈCES JTJST1FILAT1VES. \<>l

Le comité civil s'est , dès les premiers moments, prononcé pour la Convention, et constamment occupé des mesures réclamées par les circonstances.

Le comité révolutionnaire paraît s'être déclaré contre les conspirateurs, et a dénoncé deux de ses membres , agents de Robespierre , et place* par lui, quoiqu'ils n'eussent pu obtenir do certificats de civisme : lait tétaît absolue ta volonté de ce tyran, qu'il la substituait aux propres lois qu'il avait fait rendre.

La force armée n'a marché que requise par le comité de salul public.

Section An Gravillicn.

L'assemblée générale de la section des Gravilliers s'est prononcée promptement en faveur de laConveulion j elle s'est très-bien conduite dans les journées importantes des 9 et 10 thermidor. Ce n'est pis sans raison qu'elle a reçu dpi représentants du peuple des témoignages flatteurs. Sa force armée s'est effectivement portée la première sur le repaire des conspirateurs. J'ai déjà parlé , dans mon rapport cl dan» le* notes, de la manière dont elle s'était emparée des salles de la commune, des papiers des traîtres et du fameux poinçon fleurdclvsé.

L'assemblée générale a donné des marques d'attachementaux citoyens Jonquoy, Girardinct Grcppin , officiers municipaux , qu'elle a pensé n'avoir pas pu participer à la rébellion de la commune.

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