COMMUNE DE PARIS
Du 9 thermidor , an -j.
a Les membres du conseil général de la commune » invitent la section du Bon -Conseil, qui dans loua » les temps s'est distinguée , à envoyer des commissai » res dans sou sein pour se concerter sur les moyen* » de salut public et le vrai soutien des amis du peu- » pie et de la liberté 5 presque toutes les sections y sont » réunies en ce moment. »
Signés f Lechenard, Arthur ; Loivtr, Legrand , Jemptel.
C'était ainsi que , par des impostures et des flagorneries, elle trompait les sections trop crédules.
Section de l'Unité.
Toute la conduite de la section de l'Unité; de s:?s comités civil et révolutionnaire; ainsi que de sa force armée, est digne d'éloges. L'assemblée générale se réunit aux cris de vivent la République et la Convention, et périssent les tyrans! elle méprise l'invitation perfide de la commune, et envoie des commissaires à la Convention pour lui annoncer qu'elle peut compter sur son zèle et son dévouement; elle ordonne à la force armée de se partager et de marcher par moitié pour défendre la Convention. Tout porteur d'ordre delà commune est arrêté et conduit aux comités d<»
gouvernement. Elle envoie dans les sections communiquer l'esprit qui ranime, et va enfin féliciter la Convention sur son énergie et sa victoire.
Le comité civil avait devancé l'assemblée générale par sa bonne conduite; il avait, avant même de la réunir , manifesté les meilleurs principes , fait publier les proclamations de la Convention nationale, et renvoyé aux comités de salut public et de sûreté générale des lettres de la commune qu'il avait dédaigné de lire.
Le comité révolutionnaire paraît avoir agi de concert, et c'est dans son sein que le comité de salut public a choisi les denx administrateurs de police que les rebelles qui composaient cette administration ont incarcérés dans les derniers moments de leur puissance.
J'ai, dans le cours du rapport, parlé du courageux Maihys, et j'ai cité en note ce qui a été dit à son sujet à la Convention nationale, en copiant l'article du Moniteur <\u\ le concernait. Comme il y a quelques différences entre la narration du fait à la Convention, et dans le procès-verbal de la section de l'Unité , je vais transcrire le rapport fait à cette section sur ce généreux, défenseur de la représentation nationale.
m Les corn mi s sa ires rendent compte que le citoyen » Matkys a une forte fièvre, mais que ses blessures ne » sont pas mortelles; qu'avec de bons soins sa sauté » se rétablirait ; que sou événement lui est arrivé sur » le quai des Orfèvres, eutre la Mairie et le Pont-Neuf, » où une partie de sa légion était sous les armes; 9 qu'après l'avoir visitée, et plusieurs voyant qu'il V, u'çtait point pour le parti de la municipalité, l'ai-
» rotèrent par la bride de son cheval el lui dirent des » injures : il piqua son cheval et se sauva de ces mal- » heureux. Dans l'espace de chemin qu'il parcourut, p il lui a été tiré plus de dix coups de feu, sans qu'an* » cun l'atteignit; mais la force des coups de sabres et » de piques ayant abattu son cheval , Mathys a été » frappe d'un grand nombre de coups. 11 demandait » d'être conduit au comité de salut public : mais les » assaillants ne l'ayant pas écouté, le conduisirent à la » Mairie, le mirent au cachot , et eurent la barbarie » de le laisser sur les planches; et à quatre heures du » matin, lorsque les administrateurs de la police » conspiratrice furent arrêtés, le citoyen Math y s fut » reconduit chez lui sur un brancard. »
Section de la République.
Je n'ai qu'à louer la section de la République (elle 9 repris son ancien nom de section du Roule) : elle a refusé d'obéir à la commune conspiratrice et de s'assembler. Son discours à la Convention peint ies senti' meuts et trace la conduite qu'elle a tenue. Je vais le citer :
« Représentants du peuple, un arrêté de la com- » mune nous avait enjoint de nous réunir en assem- » blée générale dans la nuit du 9 au 10. Nous vîmes le » piège qui nous était tendu. Cet arrêté nous parut o liberticide , en ce qu'une réunion en assemblée » délibérante nous interdisait les armes, et qu'au » moment où la Convention nationale était menacée, » nos armes nous étaient d'un besoin indispensable. » Spontanément et à la plus parfaite unanimité, nous.
» refusâmes a'obéîr. Vous avez approuvé no tic cou- » du i te par le décret qui a mis la commune de Paris » hors la loi. 11 a été proclamé dans nos rangs, et reçu 9 parles acclamations de vive la République, vive la
9 Convention!
» Législateurs, nous sommes restés armés jusqu'à 9 ce que ces eunemis du peuple aient expié leur per- 9 fidie, leurs forfaits et leur criminelle ambition ; 9 nous n'avons délibéré que lorsque la liberté publi. * que n'a plus eu besoin de nos bras. Notre premier » soin , notre premier besoin , est de venir vous ren- 9 dre des actions de grâces, et de vous féliciter de votre 9 courage et de votre énergie. Législateurs, c'est cette » fois que vous devez vous glorifier de vos succès , 9 puisqu'ils ont réellement empêché notre retour au 9 despotisme et à la tyrannie ; c'est cette fois surtout 9 que vous avec sauvé la patrie, en arrachant le ban- 9 deau dont lu plus artificieuse hypocrisie avait de- 9 puis si long-temps couvert nos yeux. Continuez vos » travaux , représentants du peuple ; continuez à bien 9 mériter de l'humanité; restez fermes à votre poste: 9 les ambitieux, les tyrans, passeront comme les 9 rois; les Robespierre ont fini comme les Capet'y n mais la liberté restera, parce que la Couven- » tion nationale sera toujours un centre unique, » parce qu'elle sera toujours notre point unique de » ralliement, et, que comme elle, nous voudrons 9 toujours la République une et indivisible. »
Le comité civil s'est conduit d'accord avec les principes; il faisait arrêter tous les porteurs de nouvelles
qui n'étaient point officielles , et par ce moyeu n'en avait que de vraies.
Le comité révolution naire, après que la commune fut mise hors la loi , s'est prononcé d'une manière non équivoque, eu faveur de la Convention, jusqu'à ce moment, il paraîtrait avoir été indécis dans sa marche.