‹ Mémoires d'un prêtre régicideChapitre 59 sur 63 · Tome il · texte numérisé non relu

Tome il

défendre la Convention ; et au moindre signal de la part du comité de salut public, l'autre pièce marche sous les ordres du commandant en second , pour rejoindre le premier.

Enfin l'assemblée se fait faire un tableau de tous les événements de la nuit, rend un hommage solennel au courage et à l'énergie de la Convention, et arrête qu'elle ira le lendemain, en masse, l'assurer de ses sentiments et lui 'manifester toute la joie qu'elle ressent de sa victoire sur les traîtres.

Le comité civil n'a pas cessé un instant d'être dans d'excellents principes : il reçoit l'invitation de la commune , et déclare ne connaître d'autre autorité que la Convention nationale.

Le comité révolutionnaire, loin de s'être écarté en rien de la route des lois, s'est conduit (Tune manière très énergique dans cette circonstance. On le voit méconnaître la commune à raison de sa rébellion, se rallier à la Convention , envoyer au comité de sûreté générale Daubancourt , ce membre du conseil de la commune qui croyait pouvoir influencer l'assemblée de la section , Alexandre Louvet, Louis Paris et Nicolas Jérôme , officiers municipaux , que des patrouilles de Ja section avaient arrêtés , et de quelques autres partisans de ces conspirateurs.

J'ai trouvé aussi parmi les pièces envoyées par ce comité, le procès- verbal du suicide de Benoît, adjoint de Boulanger, et qu'il avait commis sur sa personne dans la cour de la section de la Ilalle-au-Bled.

ET PIÈCES JUSTIFICATIVES* /\5l

Sectiou de Challiçr.

L'exaltation de l'esprit de Cfiallier lui a valu quelque temps des honneurs que le seul vrai patriotisme devait mériter. On verra parmi les anecdotes ce que c'était que cet homme déifié comme Marat , bien au-dessous de lui sous tous les rapports, et n'ayant peut-être avec lui qu'une ressemblance , celle d'avoir causé la perte d'une foule de citoyens.

Quoiqu'il en soit, pendant la durée de la folie qui de Challier faisait un demi-dieu , la section des Thermes de Julien , qui avait déjà , par enthousiasme, changé ce nom en celui de Beaurepairc, avait encore adopté , par préférence à ce dernier , la dénomination de section de Challier , qu'elle a enfin quittée pour reprendre son premier nom.

Il ne sera donc pas surprenant à l'œil observateur de voir la section de Challier autoriser deux commissaires nommés par le comité civil , à se rendre à la Maison-Commune; en envoyer elle-même; passer à l'ordre du jour sur la proposition faite d'en faire partir deux pour le comité de salut public, et n'en faire aller a la Convention que pour connaître , en se plaçant dans la tribune du journaliste Millin , ce qui se passe dans son enceinte.

On ne sera pas étonné de voir l'assemblée générale dans le tumulte; le président forcé à se couvrir, quand un nommé Rossignol veut dévoiler les projets des factieux et la conspiration delà commune ; passer à l'ordre du jour quand le citoyen Gaillard demande que le discours de Rossignol soit inséré au procès*

ÉCLAIRCISSEMENTS ; ne pas donner de suite à la propos! lion faite d'envoyer prendre les ordres de la Convention 1er avec faveur Lcutasson, qui fait l'éloge du conseil général de 1a commune, où il a prêle le serment , et nu nonce que les représentants arrêtés soûl rendus au vœu du peuple, qu'ils oui beaucoup de partisans, et qu'il a vu avec plaisir le comité révolutionnaire de celte secliou n'être pas le dernier à se déclarer en leur faveur; applaudir lorsque le nommé Pelletier se dcc li aîné contre le comité de salut public et la Convention , lorsqu'il dit que la conspiration du cornitr de salut public est découverte , que les défenseurs de la patrie sont rendus au peuple, dont la prétendue Convention nationale n'a point la confiance ; sourire au discours de Langloh , officier municipal , qui vient en écliarpe vanter les priucipes et la conduite des coiispivateurs municipaux, tandis qu'elle s'agite et se trouble à ta lecture d'un billet du citoyen Mitlin, qui annonce ta conduite perfide de cette même commune; qu'il est enjoint aux citoyens de ne pas reconnaître les ordres de la municipalité, qui est mise bors

Enfin, d'après cet esprit d'exaltation générale dans cette section , il paraîtra naturel qu'elle ne se prononce pour la Convention qu'après que ta Convention elle-même, victorieuse de la commune ei des traîtres ses agitateurs, n'aura plus en elle de rivale, cl que l'assemblée générale en aura la certitude.

Je le dirai avec franchise, des que celle certitude est acquise , l'espril de cette section change ; Langlois le municipal s'esquive pour aller partager les fers cl

le supplice des traîtres. M Min , Bach et Scellier , par leurs discours énergiques , la déterminent à prêter le serment de fidélité à cette Convention dont , quelques minutes avant , elle reconnaissait à peine les pouvoirs ; et , à compter de ce moment , cette section ne s'écarte plus des principes , dans lesquels elle est confirmée par les députations des diverses sections. Le citoyen Guillaumin, président de la section , quoiqu'il ait été déclaré n'en avoir pas perdu la confiance, paraît, par la teneur même du procès -verbal , ne l'avoir pas méritée , tant il était porté pour les conspirateurs.

Le peu de mots que j'ai dit , tant du comité civil que du comité révolutionnaire, annonce assez comment leurs membres se sont conduits , sans que j'aie à répéter ce que disent les papiers delà commune sur le serment que leurs commissaires y ont prêté, et l'esprit qui les a visiblement animés.

Section de Bon-Conseil.

L'assemblée générale de la section de Bon- Conseil m'a paru s'être conduite conformément aux principes et de la manière la plus énergique en faveur de la représentation nationale. Dès le moment de son ouverture , à sept heures du soir , elle applaudit aux premières nouvelles qu'elle reçoit de la mise hors la loi de Hanriot ) elle se déclare en faveur de la Convention, et de son sein sortent une foule de bon» citoyens qui vont s'armer pour sa défense.

Si elle reçoit l'invitation de la commune de venir se joindre à elle, elle fait porter cette invitation cri* N

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minelle aux comités de gouvernement; elle fait revenir ses canon», qu'on nommé Petit, dénoncé comme partisan àeHanriot, avait fait conduire à la commune.

La force armée parait avoir été mue par le même esprit qui animait l'assemblée générale , et j'ai vu une lettre du commandant au comité de salut public , qui annonce que depuis six heures du soir, il a fait faire quinse patrouilles autour de la Convention , et qu'elle peut compter sur son cèle. (Il était ouzc heures du soir quand cette lettre fut écrite. )

Le comité révolutionnaire ne paraît pas mériter de reproches , quoiqu'un de ses membres ait fait battre la générale de son chef. Il a fait arrêter Jemptel, officier municipal , qui avait participé à la révolte de la commune , et il dénonce au comité de sûreté générale ce Fiilôn dont j'ai eu occasion de parler dans mon rapport sur les papiers de Robespierre , cet ami i*Achard , et autres prétendus patriotes, dont l'exal" tatiou a été si funeste à la commune de Lyon.

Je trouve annoncés parmi les pièces envoyées par le comité révolutionnaire , le procès-verbal de l'arrestation de Cojfinhal, faite le 17 thermidor, sur cette section, et une déclaration de ce conspirateur, écrite sur une feuille de papier trouvée dans sa poche, et relative à sa conduite politique et à ses liaisons avec Robespierre , Dumas et Fleuriot, et à l'opinion qu'il en avait.! Je regrette bien sincèrement de ne pas avoir ces papiers intéressants. Il eût été curieux de voir comment cet homme qui avait du caractère, avait peint celui des êtres justement exécrés dont il était complice.

J'ai trouvé la lettre originale de la commune à la section de Bon-Conseil ; ci quoique j'aie fou vin bien des preuves de la duplicité des agents principaux des rebelles , il ne me parait pas inutile d'en fournir encore une nouvelle dans cette lettre. La voici :

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