HÉBERT
Gela serait très commode ; s'ils voulaient faire une petite campagne , et puis on pourrait les attirer....
MOI
Je ne crois pas qu'ils se hasardent sitôt à venir braver une république, qui est devenue l'effroi des tyrans.
ROBESPIERRE
Je ne le crois pas non plus; mais il faut être justes , et quelques-uns de ceux qui nous ont échappé sont les plus coupables.
• COFFINHAL
Ce sont à présenties seuls coupables , car les autres ont expié leurs fautes par leur mort; on ne doit plus leur en vouloir , il faut être juste.
marat , riant.
Coffinhal , tu as dit là une vérité qui vaut un verre de vin... Tâche d'en trpuver encore quel» qu'autre de ce genre... Tu disais donc, B flr * rere?...
BARRÈRE
Que je croîs utile de proposer h 1* * * OM
46 *4moi**8
un décret , condamnant d'abord à la déportation tous les membres delà famille de Capet.
moi, vivement.
Je suis tout prêt à l'appuyer. Et s'il trouve des opposants, je tous demande de prendre la parole pour le soutenir; qu'une déportation générale achève de purger le sol républicain de tous ces rejetons de la tyranoie. Extirpons du territoire français jusqu'à ses moindres racines.
haut, avec un regard menaçant.
Qu'est-ce que tu dis-donc ?
COFFINHAL
Oui . . . Qu'est-ce qu'il dit. . .
payan, s' adressant à moi.
A la santé , l'ami ! Mais je suis bien sur que ce n'est là ni le projet de Robespierre , ni ce qu'a voulu dire notre ami Barrère. Comment nous laisserions aller » nous enverrions aux ennemis de la liberté , la femme et les enfants de Louis le conspirateur 1
Est-ce bien là ce que vous vouliez dire ?
moi avec t fermeté.
Sans doute , mes amis.
D'UN PRÊTRE KÉGICIDE. £j
LEGENDRE à 3CRI Voisin.
£b bien , il est bon là !
MOI
Le plus sûr moyen de prouver à nos ennemis que tous leurs efforts sont vains , que la république est bien affermie , et que nous pouvons les braver , n'est-ce donc pas de leur montrer que nous n'avons même plus besoin pour cela de faire tomber les têtes qui sent entre nos mains?
bàkkêae.
Il n'y a que les morts qui ne reviennent jamais!
PÀTÀH.
B&rrère, voilà un mot admirable, et qui mériterait une place au Traité du Sublime.
M ARA T
Un ennemi mort sent toujours bon !
MOI
Je pense comme vous, mes amis, et à votre santé ; mais en les tuant, nous paraîtrons les avoir craints > et ceux qui sont là-ljas en prendront du courage; car, en6n, après celui qui est encore ici, ce sont eux
MÀJLÀT.
Tu te rappelles encore ces'choses-là , toi.
ROBESPIERRE
Ce qu'il dit , me paraît cependant assez important.
BARRÈRE
Oui, si nous avions parlé de tuer le petit Gapet ; mais je n'en ai pas dit un mot , et je ne vois pas le mérite qu'il y aurait à le renvoyer à l'école des tyrans ; qu'il apprenne plutôt ici à vivre libre et en citoyen français.
MOI
Les autres sont déjà exilés ; et si vous n'avez voulu que parler d'eux , à quoi sert donc votre arrêté? ;
BARRÈRE
Il est loin d'être inutile... Il leur prouve d'abord que nous ne les oublions pas ; il les rappelle à l'exécration du peuple , à la haine de la Convention ; enfin, leurs derniers partisans y apprendront encore à perdre leurs coupables espérances. #
COFF1NHAL. '
Tu parles comme un sage ; mais est-ce qu'il
uj a rien là dedans pour le tribunal extraordinaire.
BARRÈRE
Si parbleu ! Louis le conspirateur était uft grand coupable ; mais ri , comme dit Coffinbal , maintenant qu'il est mort , il n'y a plus rien à faire contre /ui > il nous reste à punir , cerne semble , celle qui , plus que lui peut-être , a été l'auteur de tous ses crimes : l'Autrichienne
MARAT
Il est impossible d'agir autrement, si vous voulez être justes.