‹ Mémoires d'une aliénéeChapitre 2 sur 86 · VI · texte numérisé non relu

VI

PREFACE

La vie moderne a ouvert ses profondeurs, comme l’Océan sous une rafale, et ce livre révélateur en est sorti...

La séquestration et ses suites monstrueuses !

La réforme de ces bastilles contemporaines qu'on nomme asiles d’aliénés !

La modification indispensable de la législation sur le> aliénés.

Trois points difficiles que ce livre éclaire et qu’il faut résoudre: La République le fera ; elle n’acceptera pas l’héritage monstrueux du passé.

Puis trois problèmes historiques éclaircis:

Si Louis XVII a pu être sauvé ?

Si Louis XVII a été le baron de Richemont ?

Si le mariage du duc de Berry avec Caroline de Naples a été valable?

Ce livre les éclaircit.

Eucharis Champigmj, Jeanne Tavernier , c’est M»e HersilieRouy, connue, dans les asiles sous le nom de Chevalier.

Voilà la clef qu’il faut avoir pour comprendre la légende; M. Rurton ne m’en voudra pas de l’avoir donnée.

Ami lecteur, lisez ce livre. Quand vous l'aurez lu, et quand vous, y aurez joint la lecture des Mémoires de MUe Hersilie Rouy, qui vont paraître, vous connaîtrez l’envers de l’histoire du XIXe siècle.

M. Burton semble (qu’il me permette un peu de critique), semble avoir conservé quelque reste d’attrait pour les couronnes papales ou autres (lisez son post-scriptum) : mais c’est un esprit sincère, un cœur droit, une âme bien trempée et méditative ; qu’il se relise luê-raême, et qu il reconnaisse que son livre est Ja condamnation des couronnes.

M\x n’E.Mox.

PUÉI'ACR.

,Ces Mémoires annoncés et promis, les voici. Lu victime parle elle-même. Écoutons-la, Tout commentaire les affaiblirait.

Mais je demanderai la permission de rappeler cette phrase d’une lettre de Mlle de Grozelier, qu’on lira à la page 72 :

« Comment ! en plein XIXe siècle, dans un pays « civilisé, où il y a une police, des tribunaux, une « magistrature, on peut accomplir un acte aussi « grave qu’une séquestration, sur le simple aver- « tissement d’une personne inconnue? ».

Oui, hélas ! on le peut, ou du moins on l’a pu, et ce livre n’a qu’un but : celui de faire qu’on ne le puisse plus jamais.

Que ce style est nerveux dans sa simplicité ! Comme tout cela est palpitant, vécu et sinistre !

Quelle voix que cette voix posthume qui crie à la société : « Quand feras-tu justice ? ».

Si, du moins, elle en est morte, si elle en a souffert, que d’autres ne souffrent plus, ne meurent plus pour cela et que la pitié humaine connaisse enfin les larmes, pour les empêcher de couler ! Que-

la loi, jadis si terrible, s’attendrisse sur tant d’infortune. Que les législateurs patriotes, que le gouvernement national réparent cette injustice, et que l’œuvre de toute la vie des éditeurs soit couronnée par le succès. Leur cœur sensible n’en veut pas d’autre. Il appartient à la démocratie, si souvent victime des tyrannies, de dire avec le poète :

Non ignara malis miseris succurrere disco.

Jules-Stanislas DOLNLL,

Archiviste-paléographe.

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