CHAI*. IV. — QUI A FAIT AGIR LE DOCTEUR PELLETAS
11 y a certainement là-dessous une œuvre d’iniquité que vous découvrirez, je l’espère ; quant à moi, j’ai dit sur cette affaire tout ce qu'il m’est possible de dire.
Veuillez agréer, Monsieur, etc.
Signé: C. de Grozelier.
Malgré la stupéfaction de Mlle de Grozelier, c’est pourtant bien ainsi que les choses se sont passées. Ma famille, qui a reçu sa lettre, n’est pas venue me voir, et mon enlèvement s’est effectué sans que cette prétendue folie ait été constatée par personne.
M. Rouy, pour justifier son intervention dans ma séquestration, invoque les déclarations :
1° Du commissaire de police ;
2° Du propriétaire, M. Grenard ;
3° Des locataires ;
4° De Mlle de Grozelier ;
5° De Mme la comtesse de R*** ;
6° De M. le docteur Audiat, mon médecin ;
7° De Mme Lefébure ;
8° De Mme Hayet ;
9° Des concierges.
1° Le commissaire de police a fait chez moi la démarche que j’ai racontée chap. n, et ni lui, ni aucune autorité quelconque, n’est intervenu pour me séquestrer, ainsi que le constate une lettre du Ministre de l’intérieur au directeur de Charenton, en date du 25 février 1869, qu’on trouvera chap. xiv.
MÉMOIRES D'USE AUÉXÉK.
2° Le propriétaire est mort; M. Rouy déclare brûlée par mégarde la lettre qu’il prétendait en avoir reçue. La famille de M. Grenard n’a jamais entendu dire qu’il y eût une folle, dangereuse ou non, rue de Penthièvre.
3° Les locataires, dont quatre ont été retrouvés et interrogés, n’ont rien vu, rien entendu, ne se sont jamais plaints. L’une d’elles, la gouvernante de M. Grenard, demeurait au-dessus de moi, à l’entresol.
4° Mlle de Grozelier, dont on a vu les lettres, a écrit sur le rapport des concierges.
5° Mmo la comtesse de R..., à qui l’on a dit que j’étais dans la gêne, ne s’occupe que de me réconcilier avec mon frère et de me venir en aide pécuniairement.
6° M. Le docteur Audiat, interrogé en 1 873 par M. Le Normant des Varannes, lui a dit n’avoir été pour rien dans ma séquestration et n’en avoir eu connaissance que longtemps après qu’elle était accomplie.
M. Rouy déclare également brûlée ou perdue la lettre de son fils lui faisant part de la visite du docteur Audiat.
7° Mnic Lefébure, d’accord avec mes concierges, court chez tout le monde ; mais la lettre qu’on cite d’elle ne parle pas de folie.
8° Mme Kayet, pour ne pas m’avoir trouvée chez moi le soir, quand elle sait que je suis allée chez elle dans la journée, en conclut, sur la foi de mes concierges, que je suis folle et fait la démarche que l’on sait.