CHAP. VI. — DE CHAHENTON A LA SALPÊTRIÈRE
N’est-il pas effrayant de voir comment se font les certificats qui décident, cependant, du sort et de la liberté des gens contre lesquels ils sont dressés?
Ainsi donc, voilà le docteur Lasègue, qui a pourtant un air de supériorité, d’incontestable intelligence, de franchise et de bienveillance presque joviale... Il me trouve secourant, consolant, nourrissant mes compagnes... et il m’accuse d’actes incohérents !
Il ne m’a vue qu’une minute ou deux, ne m’a dit que ce que j’ai rapporté plus haut, et il me condamne sur la foi du docteur Calmeil, qui m’a condamnée sur la foi d’un médecin ne m’ayant jamais vue, lequel m’a enlevée, par complaisance, sur la foi d’autrui !
Il est vrai que M. le docteur Lasègue ajoute que mon
état réclame un plus long examen Qu’on lui
donne alors à lui-même les moyens et le temps de s’assurer personnellement de cet état, avant de prendre sur lui la responsabilité d’une séquestration aussi terrible, qui détruit tout une existence humaine !
Que signifie son certificat, après tout ? Témoigne-t-il de ce qu’il a vu lui-mème ?
Non, certes! Et c’est pourtant sur sa signature
que l’arrêté suivant a été pris :
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