II AVERTISSEMENT
m'unissaient à l'auteur des Mémoires. Tantôt elle habitait Paris, et tantôt une propriété voisine d'Orléans, dans cette Beauee plumée comme une volaille grasse, sans haies, sans bouquets d'arbres, qu'elle regardait pourtant avec plaisir, ayant le goût passionné des lignes longues, de l'espace et de la lumière. Bien des gens croyaient la connaître et la jugeaient tout de travers, ce dont elle riait avec moi. On la disait optimiste. Elle était sans illusion. Je crois même qu'elle souffrait cruellement de l'impuissance où nous sommes de guérir les maux très généraux que nous constatons autour de nous; mais, persuadée qu'il se cache encore un orgueil dans cette souffrance, elle la taisait, et s'efforçait de l'écarter, comme une cause permanente de faiblesse. Elle refusait de se lamenter, pour ne pas cesser d'agir. On la rencontrait dans le monde; elle en était; elle ne l'aimait pas. Mais elle aimait et elle fréquentait l'élite religieuse de la France, élite nombreuse, vivante, incomparable, fondée par la volonté