Mémoires de A.-C. Thirbaudau, 1799-1815
Les Mémoires que nous publions aujourd’hui sont ceux de la vie politique et administrative de A.-C. Thibaudeau, depuis le 18 Brumaire jusqu’à la seconde Restauration. Comme ses autres écrits, publiés il y a déjà longtemps, et qui ont beaucoup servi aux historiens de la Révolution et de l’Empire, ils se recommandent par leur entière sincérité. Thibaudeau n’invente rien; il n’affirme que ce qu’il a personnellement vu, entendu et noté au jour le jour. Ses opinions sur tels ou tels personnages sont souvent sévères; elles ne dérivent jamais d’une prévention injustifiée. Il avait le caractère rude, mais on ne peut mettre en doute sa probité.
Parlant de sa conduite pendant les Cent-Jours, M. Thiers a dit de lui : « Le comte Thibaudeau, révolutionnaire « morose, haïssant les Bourbons, préférant les Bonaparte « sans les aimer, car il n’aimait personne, méprisant « Fouché et se laissant conduire par lui, était entré dans « l’idée si générale en ce moment de chercher un prompt « salut dans l’abdication de l’Empereur (1). »
Rien de moins exact que ce jugement, sauf en ce qui concerne la haine de Thibaudeau pour les Bourbons. Il préférait les Bonaparte sans les aimer? Il avait véritablement aimé le Premier Consul, pour lequel il professait la
(1) Histoire de l'Empire, livre XLII1