‹ Mémoires de A.-C. Thirbaudau, 1799-1815Chapitre 52 sur 325 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Célébration du 14 juillet. — Le commerce de Marseille vote 1 200 000 francs pour la construction d’un vaisseau de premier rang. — Voyage du Premier Consul dans le Nord et en Belgique. — Conjectures sur la paix ou la guerre. — Prétentions de Lucien. — Pauline épouse le prince Borghèse. — Élection des candidats pour le Sénat et le Corps législatif. — M. Servan, ancien avocat général. — Aspect du département des Bouches-du-Rhône. — Caractère des habitants. — Mœurs et usages.

Je fêtai et fis fêter avec une grande solennité le 14 juillet. J’y tenais par conviction, comme à la journée décisive de la Révolution, et, en même temps, pour faire pièce à ses ennemis et à ses déserteurs. Je n’eus pas besoin d’efforts ni de contrainte. Il y eut encore de l’enthousiasme à Marseille. A Paris, on se moqua de moi. Siméou m’écrivit : « Vous avez donné une très belle « fête le 14 juillet. Vous avez plus fait qu’ici. A peine s’est-on « douté de la solennité, à la lueur de quelques lampions. Je la « crois éteinte avec eux. » Pour mon compte, je dépensai quatre mille francs. C’était un peu cher ; mais c’était la première occasion qui se présentait d’ouvrir les salons de la préfecture et d'y réunir les Marseillais; il y vint des personnes d’Aix que j’avais invitées. On fut enchanté, les femmes surtout. Ce ne fut pas de l’argent mal placé. Il y avait pourtant un inconvénient dans ce début, c'est qu’il fallait soutenir la bonne renommée qu’il m'avait valu. Je le fis, et je sais ce qu’il m’en a coûté; mais, du moins, les Marseillais m’ont rendu la justice qu’après moi ils se sont fort peu divertis dans les salons de la préfecture.

Je fis partager par la ville de Marseille l’enthousiasme général en France pour donner au gouvernement les moyens de soutenir la guerre contre l’Angleterre. Le commerce vota une somme de I 200000 francs pour la construction d’un vaisseau

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