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les plus éclairés et un des ])lus beaux caractères publics de la Russie.» — «Que vous a semblé de l'état de r Angleterre ?» — «Elle paraît vivre toujours sous le poids de la dette contractée ])ar M. Castiereagbpour soutenir la guerre de coalition contrela France. Après la paix générale de i815, il a fallu que le gouvernement anglais fît constater ses dettes, ce qui causa une panique telle à Londres, sur les banquiers et les propriétaires, que de cette perturbation de finances sont sorties toutes les détresses des classes ouvrières, industrielles et prolétaires. L'Angleterre se ressentira longtemps des dépenses énormes de cette guerre de vingt-cinq ans contre la France. Elle a cependant de grandes ressources en elle-même que le temps dévelo[>pera, mais elle n'entreprendra pas de nouvelles guerres. » Je ne savais si je parlais à un Anglo-russe ou à un fonctionnaire du czar. Nous en restâmes là. M. le comte Plater me dit en souriant : « Je suis à Bruxelles pour deux ou trois semaines, vous me permettrez de venir causer avec vous. » — « Ce sera toujours avec un grand plaisir : vous m'avez déjà fait connaître l'état de l'Angleterre mieux que ne l'ont fait ses nombreux journalistes. »
Quelques jours après, M. le comte Plater revint cliezmoi seul; il m'entretint beaucoup de l'Angleterre, qui me parut être l'objet principal de ses explorations, surtout quand je lui parlai des lettres du colonel Taylor sur l'Egypte, publiées en 1799, époque où les Fran(,ais y élaienl encore . lettres
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que ijavais traduites et publiées à Paris en 1800, et dont le premier eonsul Bonaparte avait pris ini i^rand nombre dexemplaii-es, i)ourles distriJmer à ses tbnetionnaires principaux. Dans cet ouvrage, écrit de bonne foi et par un voyageur anglais trèsinstruit, les diverses routes et connnunications soit de terre ou de mer qui peuvent mener dans l'Inde britannique sont décrites avec détail. La rouliî de la Perse du nord, par les fleuves qui se rendent dans les possessions anglaises de l'Inde, est surtout décrite avec exactitude.
M. le comte Plater ne perdait pas un mot du compte sommaire que je lui rendais des lettres du colonel Taylor sur l'Egypte, et il m'en demanda un exemplaire pour le parcourir avant son départ. Je lui confiai celui sur lequel j'avais l'ait quelques notes ; bientôt après il me le rapporta, en me disant que cet ouvrage l'avait tellement satisfait qu'il désirait l'emporter à Saint-Pétersbourg. Je lui en donnai un exemplaire , en lui disant ({ue ces lettres avaient inspiré à Bonaparte un projet de descente dans l'Inde britannique par les fleuves des montagnes du nord de la Perse , et que, dans cette pensée lointaine, il avait envoyé le général Gardanne à Téhéran avec un état-major d'officiers du génie et d'artillerie, ainsi que d'ingénieurs géographes. Ce général entretenait une correspondance active avec Napoléon. « Mais vous avez écrit, vous aussi, sur l'Angleterre, me dit M. le comte Plater : ne pourriez-vous me donner un exem-
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plaire de voire ouvrage sur le ijoiurnicinenl ^mlais dévoile ou la liberté des mers dont on m'a parlé à Londres et à Bruxelles?» — « C'est une produetion révolutionnaire, lui répondis-je ; elle se ressent de l'époque du Directoire exécutif qui luttait encore contre le gouvernement de Saint- James. Etant alors proscrit et caché en France, je crus intéresser en ma faveur le gouvernement directorial en soulevant cette cause publique. Je m'abusais, car la publication de cet ouvrage me fit rechercher plus encore par la police de Paris et de Bordeaux : ce fut une merveille de pouvoir lui échapper. Voilà ma récompense. » — « Mais du moins, dit M. Plater, vous avez satisfait votre cœur et payé votre dette à la patrie en combattant ses ennemis. » Je lui donnai un exemplaire de cet ouvrage qu'il emporta pour le parcourir et dont il parut satisfait en pensant à la rivalité éventuelle de la Russie et de l'Angleterre. Ce fut du moins ce qu'il me dit lorsqu'il vint prendre congé de moi quelques jours plus tard.
Dans cette dernière visite, je me hasardai à lui parler du gouvernement des czars et des formes gouvernementales de cette autocratie qui semblaient inconnues à l'occident et au midi de l'Europe. « Qu'est-ce, luidis-je, que votre sénat dirigeant et quelle est son influence pohtique ? En quoi consiste le pouvoir ministériel et comment est coin[)osé et procède le conseil de rEnq)el'cur ? »
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M. Plalcr me répondit avec fi*anchise : « On a en France une fausse idée du gouvernement russe; le sénat dirigeant n'est que ce qu'est chez vous le conseil d'État ; il a des attributions et des travaux dont il ne peut sortir. Quant aux ministres, ils font des rapports sur les matières et les questions qui leur sont renvoyées par l'empereur ; ces rapports spéciaux ne sont point soumis à d'autre décision que celle de l'empereur lui-même, qui statue de son plein gré sur toutes choses. » — «Tout dépend donc, en Russie, de la pensée d'un homme, et vous êtes gouvernés par le cerveau du czar !» — « Sans doute, répondit-il, telle est la souveraine puissance chez nous ; elle réside tout entière dans la pensée et la volonté impériale : aussi nous avons moins d'intrigues et moins d'esprit de parti que dans les autres cours de l'Europe. » Nous prîmes congé l'un de l'autre avec des marques de satisfaction et d'intérêt.
Il y avait plus de bénéfice à recevoir de la conversation des députés hollandais quand on leur parlait de leur science et de leur littérature , que quand il était question de leur politique et de leur gouvernement. Ils me vantèrent beaucoup la générosité de leurs ancêtres, qui avaient si bien accueilli les religionnaires français proscrits par Louis XIV. « Les Hollandais , me disaienl-ils, apprécièrent si diiineinent le ^éiiie et la science de votre illustre 111. 24-
Baylc, qu ils l'ouinireiit eux-mêmes aux dépenses (le plusieurs éditions de son savant dictionnaire; et ce sont les Hollandais qui lui ont consacré des statues, tandis que vous autres Français ne lui avez pas encore, après deux siècles, rendu la moindre justice. » Je n'avais rien à répondre à ces faits honorables et à ces actes de justice contemporaine, dont les Français me paraissaient incapables; je me rejetais sur leurs hommes politiques tels que Juste Lipse dans le dix-septième siècle, et tels que Meyer dans le dixneuvième. Ils me parlèrent alors avec le plus grand enthousiasme de leur Jacob Cats, qui se distingua dès le seizième siècle, où il fut l'un des premiers créateurs de la langue et de la poésie hollandaise, et qui se fit remarquer par son talent politique en Angleterre, où il fut envoyé en qualité d'ambassadeur ; il fut récompensé comme grand pensionnaire de Hollande l Cats eut en poésie deux rivaux remarquables, c'étaient Hooft et Vondel; sa simplicité et sa pureté d'expressions, sa morale, l'ont fait surnommer le La Fontaine hollandais ; et malgré quelques défauts littéraires tels que l'abondance excessive des expressions figurées et la monotonie de sa versification qui tenait au goût de l'époque, ses poèmes, ses fables, ses romances et idylles ont été réimprimés avec luxe , vers la fin du dix-huitième siècle. Voilà trois poètes dont la Hollande a droit de s'enorgueillir. Lorsque les États généraux des Pays-Bas se te-
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liaient à Bruxelles (en alternant avee La Haye), je lis connaissance avec quelques députés hollandais. Je ne connaissais pas leur langue qu'on m'a dit être fort énergique et concise; mais ces députés parlaient très-bien la langue française, ce qui me rendait leur conversation fort instructive et riche d'observations politiques et littéraires.
Les Hollandais, tout calculateurs et mercantiles qu'on les suppose, reçoivent avec des traditjuns anciennes une éducation très-libérale. Hs sont savants dans le droit des gens et dans le droit public, privé et commercial ; ils sont peut-être trop froids et trop positifs pour être orateurs. L'éloquence moderne leur paraît un funeste charlatanisme. Ils sont de mœurs et d'opinions républicaines. La SainteiUHance leur a imposé la royauté ; mais pour les Hollandais elle n'est que nominale , ils sont toujours dans le stathoudérat. Ils se croient si supérieurs en intelhgence et en politique aux Flamands, Wallons et Belges réunis par la diplomatie de 1815 sous le même régime monarchique, qu'ils ont réalisé leur imprudente ambition de gouverner les Belges, non en frères, mais en maîtres ; qu'ils se sont emparés de toutes les places, dignités, emplois, fonctions, surtout dans les branches des services publics qui se rattachent à l'administration des impôts et du fisc ; ils ont fait tous les actes du gouvernement et de l'administration en langue hollandaise ; et des neuf provinces de la Belgique, ils ont fait une véritable Néerlandc ou Batavic. J'a-
vais beau iaiie observer à ces députés hollandais quils se montraient trop exclusifs, trop ambitieux, en ne laissant rien ou trop peu aux Belges dont on avait aussi blessé les intérêts et l'orgueil national, ils trouvaient la chose très-légitime.
Je leur lis inutilement sentir que, placé par l'exil au milieu des Belges depuis plusieurs années, je voyais augmenter chaque jour la désaffection pour 1^'oi Guillaume, malgré son esprit de justice et ses vertus ; que le mécontentement des populations belges allait toujours croissant à cause de la violation de leurs anciens droits et usages, de l'envahissement du monopole hollandais , à cause de l'exagération des impôts, de l'interdiction de la langue française et de F obligation de rédiger les actes civils dans la langue flamande , tombée en désuétude; l'obstination ministérielle à maintenir tous ces abus, malgré les plaintes réitérées des Belges, mettra, disais-je à ces députés, le comble à la mesure , et il ne sera plus temps d'y remédier, pour peu que le gouvernement persiste dans la mauvaise voie qu'il a prise. — Ces députés, flegmatiques et obstinés comme des Bataves , m' écoutaient froidement, et semblaient approuver cette suprématie vaniteuse et intéressée qui leur adjugeait toutes les fonctions et tous les bénéfices du gouvernement.
Un jour, l'un de ces députés aux États généraux me dit avec un orgueilleux sourire : « Vous n'îivcz pus vu la Hollande , vous ne connaissez; pas
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les Hollandais. Venez à La Haye , à Rotterdam , à Amsterdam, et vous penserez peut-être alors différemment de notre nation, qui fut libre et indépendante avant la France , et qui a lutté beaucoup mieux qu'elle contre la rivalité et l'oppression anglaise; alors je vous demanderai comment vous regardez les Hollandais. » — « Je vous regarde , lui répondis-je, comme un peuple libre, éclairé , aussi bon marin qu'habile colonisateur, industriel et commerçant; mais si vous êtes les digues de l'Océan, vous n'êtes pas les digues de la politique. » Là finit notre conversation. Je m'aperçus qu'il n'avait pas été satisfait de ma comparaison des Hollandais avec les digues de l'Océan,
La famille de madame la comtesse de Courtenay était la véritable héritière des Valois, à la mort de Henri HL Mais Henri IV, qui n'était parent des Valois qu'au vingt-unième degré, était en armes contre la ligue ; et le comte de Courtenay, qui n'avait point d'armée pour soutenir ses droits , dut renoncer à ses prétentions. Ses droits au trône de France étaient si évidents, dans l'esprit même des usurpateurs, qu'à la cérémonie du sacre des rois, un héraut d'armes s' avançant au milieu de l'église de Reims, prononce à haute voix ces paroles : « N'y a-t-il pas dans cette enceinte , quelqu'un de la famille de Courtenay? »
J'ai appris ces faits de madame la comtesse de
Courlenay elle-même, à Bruxelles, un jour que j'avais été invité à diner chez cette grande dame, et placé à côté d'elle à table par son mari, M. le comte de Keer de Gauler, Anglais, ancien colonel des gardes à cheval de Georges III. Elle habitait Bruxelles depuis 1 825, et recevait chez elle les rois, les étrangers de distinction, les réfugiés du Portugal, de l'Espagne, deNaples. C'est là que j'ai vu ces illustres proscrits pendant mon long exil enBelgique.
Un député belge a prétendu qu'il ne fallait point attenter au lion monumental de la plaine de Waterloo, parce que cette victoire avait été remportée par la civilisation sur la barbarie. Voilà donc les Français réputés les barbares et les Anglais et les Prussiens réputés les civilisés; mais qu'on se reporte aux dernières délibérations de la chambre des représentants de 1815 et l'on verra de quel côté est la cause de la civilisation.
On voit dans la bibliothèque de Bourgogne, à Bruxelles, un manuscrit très-ancien et très-précieux qui est une copie de la traduction française de la Cyropédie de Xénophon. On rapporte que ce volume était dans les bagages du duc de Bourgogne , Charles le Téméraire , qui fut tué devant
Nancy, le 5 janvier 1477. On avait ignoré pendant plus de trois siècles le sort de ce livre. La munificence de la reine des Belges vient d'en faire don à la bibliothèque de Bourgogne, pour laquelle il avait été autrefois copié avec tant de soin.
Je voulus connaître l'habitation d'une ancienne famille de Flandre, remarquable dans les annales de la France par des souvenirs du temps de François I". C'était le comte de Lannoy, d'une des plus illustres maisons de la Belgique, dans les mains de qui le roi de France , fait prisonnier à la bataille de Pavie, se remit, ayant refusé de se rendre atout autre qu'au vice-roi de Naples représentant de Charles-Quint. L'armure royale fut déposée à Naples; le casque et le bouclier, ouvrages du célèbre Benvenuto Cellini , ne furent reportés en France qu'au mois de fructidor an ÏII (1795).
A Bruxelles, comme dans toutes les villes d'Europe, on rencontre ces pauvres enfants de la Savoie, du Piémont et de l'Italie, qui parcourent les rues en vendant des images, en jouant de l'orgue, en montrant des singes, des tortues, des souris blanches et des marmottes ; sous leurs figures basanées mais expressives on reconnaît la pi'obité native de ces nomades. On distinguait, à
Bruxelles, un de ces entants italiens promenant un singe habillé en militaire , et lequel faisait l'exercice avec beaucoup d* intelligence. C'était à la fin de Tannée 1829, dont Ihiver fut si rude. Un jour du mois de janvier , un logeur avare voyant que cet enfant, possesseur du singe, ne lui payait pas l'obole de sa couchée , lui refusa la triste hospitalité que l'animal le plus vil aurait obtenue. Un enfant de huit ans, sans argent, sans secours, sans appui, n'est pas assez industrieux pour chercher un asile; celui-ci se réfugia sous les arcades du grand théâtre royal et s'abrita derrière une froide colonne quand tout était glacé autour de lui. Le pauvre enfant n'avait pas eu de quoi acheter du pain ; le froid excessif de la nuit le saisit bientôt et éteignit sa vie. Le jour paraît, les familiers du théâtre aperçoivent un singe qui se tient debout à côté d'un enfant qu'ils croient endormi ; ils approchent , le reconnaissent pour l'enfant qui se tenait souvent devant les cafés avec son singe ; ils veulent le recueillir, le secourir, ils ne trouvent qu'un cadavre dont la fureur du singe ne pernjet pas d'approcher. On plaignit l'enfant, mais il était trop tard pour avoir de l'humanité; il fallut entraîner le singe pour pouvoir enterrer son jeune maître. L" attachement du singe ne fait-il pas la honte de ce malheureux aubergiste ?
J. B. Rousseau jouissait d'une grande réputa-
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tioii poétique ; Pompignan ne redouta point de lutter avec ce grand lyrique, et il devint son ami sans être son rival. Quand Rousseau , victime d'une horrDîle trame ourdie par Saurin, aidé de quelques membres de l'Académie fi'ançaise cl du parlement de Paris , fut exilé par un arrêt flétrissant en Belgique, il partageait à Bruxelles la gloire et la société du prince Eugène. Pompignan était convaincu de l'innocence de J. B. Rousseau et se glorifiait de l'avoir pour maître; sa vénération pour lui ne se démentit jamais et sa plus belle ode est celle qu'il consacra aux mânes de cet illustre proscrit. J'ai voulu voir, près de Hall, le pavillon dans lequel l'infortuné Rousseau avait vécu pendant son exil. Les souvenirs touchants qu'il y a laissés, ses cendres recueillies religieusement dans l'église du grand Sablon, à Bruxelles, et le respect dont les étrangers environnent sa mémoire prouvent bien que le vrai génie ne peut s'allier avec la perversité des cours.
Les Belges sont économes, les Hollandais sont avares ; le caractère flamand a ses générosités , le caractère néerlandais a ses calculs. Mais il y a dans les habitudes hollandaises une méthode de conduite pleine de moralité et de prévoyance qui n'existe pas ailleurs au même degré et qui est entièrement ignorée des Français, plus occupés du présent, auquel ils sacrifient tout.
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Les Hollandais font de leur vie deux parts : Tune est exclusivement donnée au travail, à l'économie et à la prévoyance de l'avenir ; l'autre est consacrée au repos , à la bienfaisance et à tous les bons sentiments qui sommeillent chez presque tous les individus, pendant cette première époque des soins de l'avenir et de préoccupations laborieuses. Avec cette sage méthode de conduite, la dernière partie de la vie est plus parfaitement supportable. Aussi les hôpitaux d'Amsterdam sont-ils moins encombrés de malheureux que ceux de Paris.
J'achetai, dans une vente publique, un petit volume latin intitulé de stjmpathiâ , par le docteur Réga, professeur à l'université de Louvain. Ma curiosité piquée par le titre de l'ouvrage m'engagea à le lire ; il a été écrit au dix-huitième siècle. Sans être physiologiste, anatomiste, ou médecin, je m'aperçus que ce petit traité de la sympathie n'avait pas été inutile au célèbre professeur de médecine de l'université de MontpeUier, Barthez.
En effet, dans ses nouveaux éléments de la science des hommes, ce professeur traite des diverses sympathies, des forces du pri^pipe vital dans les différents organes du corps humain : les chapitres 8 à 12 sont une émanation du livre de Réga, avec lon( ce que le génie de Barthez et ses observations
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onl dû y ajouter. Dans le dix-neuvième siècle, le livre du docteur Réga et celui du docteur Barthe/ ont dû être connus du docteur Broussais, qui y a ajouté son régime de sangsues et son enseignement médical. On voit que^ comme M. Barthez, lui aussi s'est inspiré de l'exploration sympathique faite par Réga.
J'eus occasion de parler de ce petit livre à des hommes éclairés de Bruxelles, et je m'étonnai de ce qu'un si bon ouvrage n'eût pas été réimprimé, puisque les exemplaires en étaient si rares, même à Louvain. Bientôt après, j'appris de M. l'abbé Venghel, de Bruxelles, qu'im imprimeur s'était chargé de cette réimpression. Cet ouvrage est depuis longtemps dans le domaine public.
Entre toutes les branches de richesses et de travaux , l'agriculture est toujours la base la plus solide , et celle qui occupe le plus d'individus ; elle ne saurait être portée à un trop haut point de perfection , parce que la population même s'augmente , s'améliore et se civilise en proportion des produits et du bien-être général et individuel qui en résultent.
Le prince qui ne peut étendre ses frontières , ce qui est toujours un grand bonheur pour les peuples, peut augmenter sa puissance et multiplier le nombre des citoyens par les perfectionnements de l'agriculture , par les spéculations du
commerce de terre et de mer , et encore plus par les divers travaux de l'industrie et des manufactures. Un gouvernement juste et sage a la moralité et la prévoyance de chercher les sources du bonheur dans son propre pays , et ne laisse aux circonstances et aux communications extérieures que ce qu'il a de surabondant, ou ce qu'il peut s'exposer à perdre. Dans le royaume des Pays- Bas , principalement , il y a dans le caractère des habitants une source directe et importante de richesses nationales, d'abondance publique et de vertus populaires : c'est la disposition au travail , aux manufactures , aux arts et métiers , et à l'agriculture encore plus spécialement; cette disposition laborieuse d'un peuple robuste et industrieux est un moyen qu'il suffit au gouvernement de cultiver et d'encourager, tandis que partout ailleurs , il faut la faire naître. Que le prince parvienne dans les Pays-Bas à faire que chaque année dans les diverses provinces , il s'élève un plus grand nombre d'agriculteurs , de manufacturiers , d'artistes , d'artisans et de manœuvriers , il verra s'augmenter la journée de travail pour tout le royaume, et par là sera favorisé le progrès de tous les arts utiles, de l'abondance publique, de la consommation de l'intérieur et de l'exportation extérieure. Voilà l'influence que le gouvernement peut exercer si facilement par le travail sur la population , sur la richesse de la nation, sur son commerce, son industrie, ses
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mœurs et sou bien-être général. C'est ainsi ([ue le pouvoir moralise et entretient une grande population par l'amour du travail, par la honte de la paresse et par les jouissances du luxe, luxe utile et approprié aux besoins de toutes les classes de la société. Les États qui ne sont pas fort étendus peuvent plus facilement que les grands États, se ménager l'augmentation de leurs forces par la population laborieuse, multiplier leurs ressources commerciales , leurs travaux industriels , et s'assurer ainsi l'indépendance et la véritable prospérité qui en sont les résultats.
l*our affranchir les habitants des Pays-Bas des tributs qu'ils payent encore aux industries et au commerce des étrangers , il suffit de jeter les yeux sur les résultats des douanes. Chaque jour peut voir fermer quelqu'un de ces canaux étrangers, par lesquels s'écoulent les richesses métalliques des Pays-Bas.
C'est au moment où ce pays libre et hospitalier s'enrichit de toutes les fautes des autres gouvernements , et des pertes que fait la France , en vexant ses artistes et ses industriels , que le monarque des Pays-Bas peut donner un grand mouvement à l'industrie et aux fabriques nationales.
Déjà, par les machines à vapeur, et par les pompes d'un nouveau genre, fabriquées chez M. bief, à Bruxelles, ce bel établissement a affranchi les Pays-Bas des tributs qu'ils payaient à l"6lrai)uci'.
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A Soigiiies, une riche carrière apparlcnant à iM. Weingbs était exploitée en 1826 par des machines nouvelles. Eu voyant cette exploitation, on se croirait transporté dans les carrières granitiques de la haute Egypte, d'où furent extraits les obélisques des Pharaons, qui font encore l'admiration de l'univers. Une machine à vapeur a remplacé le travail de milliers d'hommes, et on parvient à en extraire des blocs énormes.
Un jour, en me promenant au parc, je rencontrai le banquier M. Rodrigues, que j'avais connu à Paris. Le parc de Bruxelles lui semblait enchanteur, et il me dit : « Vous avez ici un bien agréable lieu d'exil. » — « Mais, lui répondis-je, il n'y a pas de belles prisons ! »Le Parisien, qui était heureux et cosmopolite, persista dans son opinion, et il me fit des questions sur le pays.
« Je le préfère à la France , lui dis-je , pour la richesse de son sol, l'hospitalité de ses mœurs, l'aisance générale du peuple , et la sincérité de son caractère. Bruxelles , avec ses nombreux étrangers, n'offre qu'une population de cent à cent vingt mille âmes. C'est peut-être là la véritable mesure de la population des grandes villes. Les capitales de l'Europe sont , comme notre Paris, une funeste exagération plus nuisible que favorable aux progrès de la véi'itable civilisalioii. On jouit, à
Bruxelles, de tous les avantages des grandes villes sans en avoir les inconvénients. On y possède les progrès intellectuels et les richesses industrielles sans les acheter au prix de tant de hruit, de tant de fumée , de tumulte et de houe , sans être fréquemment affligé par des émeutes, des suicides, des assassinats et des immoralités puhliques, comme on l'est dans les populations extraordinaires entassées sur quelques lieues de terrain. »
« Quoi que vous en disiez , me répliqua M. Rodrigues, il n'y a qu'un Paris au monde, et tout sur la terre est soumis aux inconvénients de l'imperfection humaine. Mais le pays ofîre-t-il de grandes ressources pour le progrès et le hien-étre de la population qui me paraît très-nombreuse dans toutes les locahtés ? »
« Oh ! sous ce rapport , la Belgique surpasse la France, lui dis-je, d'abord par ses nombreuses mines de houille inépuisables , et qui sont nécessaires à nos usines et à notre navigation à vapeur; ensuite par ses innombrables troupeaux couvrant d'immenses prairies coupées par des canaux ou par des rivières canalisées ; nulle part les communications ne sont aussi étendues et aussi bien entretenues dans toutes les directions. La propreté flamande se fait remarquer dans les rues et sur les marchés. Leurs églises sont ornées de tableaux précieux, ouvrages d'artistes célèbres, qui ont peuplé aussi de leurs chefs-d'œuvre les musées et les palais. Le jardin Botanique a
dû altirci' vos regards , ainsi que le iiiagiiifique hospice du Béguinage, destiné à recueillir les vieillards des deux sexes. Le Théâtre-Royal est un monument plus beau qu'aucun de vos vingt théâtres de Paris. Le palais des États généraux est plus élégant et plus magnifique que votre palais de la Chambre des Députés. Vous pouvez en juger ici par vous-même. Mais vous serez encore plus étonné de voir les villes se presser les unes près des autres; en sortant de Bruxelles, vous verrez Malines, Louvain et surtout le port et la ville d'Anvers, ce port qui esl l'une des plus belles créations de Napoléon. Plus loin, Liège, Namur et les bords de la Meuse , sans compter la vaste cité de Charles-Quint , l'opulente et industrieuse ville de Gand, et le port d'Ostende, lien de la Belgique avec l'Angleterre. Je ne peux pas oubher les villes du Hainaut , les beaux et fertiles vallons de Mons, de Tournay, villes entièrement de mœurs et de langue françaises , extrêmement hospitalières et généreuses.» — Sur ce, M. Rodrigues poursuivit sa promenade.
Quand je parlais des antiquités, des médailles, des tableaux, des manuscrits et des collections de gravures que possède la France, surtout la bibliothèque royale de la rue RicheHeu, la biblio- Ibèque de Sahite-Geneviève, ainsi que plusieurs l'iches el savants amateurs, les Ih'uxcllois, qui
soiil juslcmciil jaloux des avaiilaiii's de leur délicieuse el savante Belgiijue, nie citaient la biblio- Mièque nationale qui est placée dans Tancien palais des gouverneui's et des (jouvcrnanlcs des Pays-Bas. La bibliothèque renferme un très-grand nombre de manuscrits précieux qui ne sont encore ni classés , ni connus , mais qui ne peuvent larder à l'être sous un gouvernement éclairé.
Quant aux tableaux, nous possédons, me disaient les Bruxellois, les chefs-d'œuvre de Bubens, à qui nous élèverons une statue; les tableaux originaux de David ïéniers et de celte foule illustre de peintres de l'école llamande. Le musée ouvert auprès de la place Boyale est dépositaire d'une partic de nos richesses pittoresques ; mais, comme en Itahe, il n'y a pas de centralisation artistique ; les chefs-d'œuvre de nos artistes sont disséminés dans les villes, dans les églises, dans les palais et dans les maisons particulières.
Les propriétaires se les transmettent connue des biens précieux et sacrés.
— Mais allez à Anvers, vous y verrez beaucoup d'objets antiques et des curiosités d'art. Il y a surtout le cabinet de M. Beneste Breidbach, qui renferme un grand nombre d'antiquités chinoises et indiennes; il a aussi une très -belle galerie de tableaux anciens et modernes ; il possède plus de vingt mille gravures classées, un grand nombre de manuscrits, et environ cinquante-cinq mille médailles de toutes époques et de tout module, ni. 25
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— Voilà (lui répoiitl à vos cahiucls de Paris.
11 n'y a que les Français qui allient des mots et des choses contraires ou incompatibles ; chez eux tout se peint en beau. C'est ainsi qu'à Bruxelles, lorsqu'ils eurent réuni la Belgique à la France depuis l'an 1795, ils transformèrent en hôpital la grande caserne de Sainte-Elisabeth qui avait été toujours occupée par l'infanterie et la cavalerie autrichiennes. Les Français donnèrent à cet hôpital le nom d'hospice de la Félicité. Plusieurs Bruxellois, peu accoutumés aux changements si communs en France, regardèrent cette étrange dénomination comme une ironie cruelle à l'égard des malheureux qui y furent entassés à de certaines époques.
Ce qui m'a le plus amusé au théâtre de Bruxelles, c'est le chef ou conducteur de la troupe musicale. Il avait comme des convulsions. Il est là avec son sceptre, gesticulant de droite à gauche, avec des contorsions et des mouvements forcés, comme s'il devait faire aller tous les instruments par la seule force de son bras, ou le feu de ses regards lancés dans les différentes parties de l'orchestre. La pantomime du chef musical est à elle seule un véritable spectacle.
Mais, dans les ballets, on change de chef d'orchestre ; la [jantomime de celui-ci est beaucoup
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plus chargée, elle a iiiio plus ioilc animation , un dirait qu'il est plein de toute l' expression niimique et choj'égraphiciue. Ce qui m'a frappé ici comme à Paris, c'est le bruit qui règne dans toute la salle parles conversations particulières pendant qu'on joue la comédie ou l'opéra, et ensuite le silence profond et unanime (jui s'établit aussitôt que les danseurs paraissent. On dirait que les Belges, de même que les Français, ont toute l'intelligence dans les yeux , et qu'ils craignent de perdre les paroles du ballet.
Je reçus la visite de deux peintres célèbres, ([ui avaient été élèves distingués de David, et qui jouissaient à Bruxelles et à Tournay, où ils résidaient, d'une grande réputation. L'un était Français et s'a})pelait Hennequin , connu par sou grand tableau des Fureurs d'Oreslc, qui Ht éi)oque dans les expositions du Louvre. L'autre était Belge et l'enommé par son tableau de la bataille livrée à Orange , au neuvième siècle , contre le chef des Sarrazins ou Musulmans que lerrassa le coinle de C huions.
Les établissements coloniaux, connus dans les Pays-Bas sous le nom de Colonies des pauvres, sont justement cités en Europe comme une des plus admirables institulions de Guillaume 1" en faveur de fhumanhé indigente et prolétaire. C'est le plus beau monument de la bienfaisance jtubli-
que. On a achevé, à la fin de Tété de 1825, un dépôt de mendicité, àMeriplasZikervorsel. 11 est spacieux et d'une belle construction, et destiné à mille mendiants qui s'y occupent du défrichement d'une immense bruyère, dont une partie assez considérable est déjà mise en culture et en production avec le plus grand succès. Le nombre des mendiants qui y sont logés (en avril 1826) est de 850. Tous paraissent contents de leur sort. Le prince Frédéric a visité, en mai 1826, cette colonie agricole; il l'a examinée dans le plus grand détail avec un intérêt touchant. Il a parcouru les champs de culture dont le bâtiment est entouré et qui donnent du travail à plusieurs centaines d'ouvriers auparavant à la charge de l'État.
Il y a d'autres colonies libres agricoles où le prince Frédéric a également examiné les progrès de la culture , où il a visité plusieurs ménages coloniaux, et les a encouragés à servir d'exemple à ceux qui venaient après eux. Il a témoigné sa satisfaction sur la bonne administration de ces colonies, si utiles à la société par l'extinction de l'oisiveté et de la mendicité, cette lèpre des États modernes, quoique si riches et si industriels. Le capitaine Van den Bosch les dirige avec la plus grande habileté et une attention soutenue.
La culture du mûrier blanc (1) fut autrefois en-
(J) En Allemagne, on emploie depuis 18:21.> des l'cuilles do
coiirap;éo par lo cjouvernomont, mais oombaftuo ])ar les préjugés, ennemis constants de tout ce qui présente le moindre aspect de nouveauté. Cette culture fut essayée dans les provinces belges, et recommandée par les souverains sous le gouvernement d'Albert et d'Isabelle. Ce fait résulte d'une lettre récemment découverte dans les archives de Gand, par M. L. Debart, qui en donna connaissance au sieur Cornelissen, secrétaire-inspecteur de l'université de cette ville. M. Dcbart a dû faire insérer cette lettre dans le Messager des arts et des sciences.
Voici les noms de mes compagnons d'exil, conventionnels réfugiés dans les Pays-Bas , et qui y sont morts dans l'indigence, depuis les proscriptions de Louis XVIII en 1815.
« Ils n'ont pas revu leur patrie. »
Letoimieur de la Manche. — Mort subitement dans la campagne habitée par M. Ramel, à Lacken près Bruxelles. Il avait été directeur.
Cordier. — Mort à Bruxelles, en 1825, dans un état d'indigence ; mis à la pension par ses collègues. Son service funèbre fut célébré avec sim-
scorsonèrc pour la nourriture des vers k soie, el on supplée ainsi ;iux fouilles (iu mûrior Manr.
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plicité pai* SOS compagnons de nialheur , dans l'église de Bon-Secours.
Courtois. — Mort à Bruxelles peu fortuné, quoiqu'il eût beaucoup trop profité de cei'taines circonstances. Son convoi fut solitaire.
Savornin des H autos- Alpes. — Ancien ami de Barras, qui Ta laissé, quoique opulent, dans la misèrCj où il est mort en 1825, à Bruxelles. Il a été enterré obscurément.
Quinette, du département de l'Aisne. — Mort subitement à Bruxelles, peu de temps après son retour de New- York. Il avait beaucoup de fortune patrimoniale. Il avait été longtemps préfet de la Somme, et ensuite conseiller d'État et directeur général des communes de l'empire. Ses funérailles furent faites avec pompe.
Massieu. — Ancien évêque constitutionnel, resté pauvre comme un honnête homme et un véritable philosophe évangélique ; il vivait du produit de son travail de rédaction dans un journal à Bruxelles, où il est mort emportant les regrets et les respects de tous ceux qui l'ont connu. Funérailles trèssimples.
Rouhier, de Béziers.— Ayant grade de général et de la fortune. Il a fondé à Bruxelles une loge de francs-maçons; il y est mort en 1820; ses funérailles ont été faites avec luxe : on a prononcé son oraison funèbre dans la loge maçonnique. Lavis David, le grand peintre d'histoire , eon-
DE BARÈRt. ;i91
venlioniicl énergique , plein de génie pour son art, de bon sens et de prol)ilé politique, est mort en exil à Bruxelles, le 29 septembre 1825, à l'âge de 77 ans, à dix heures du matin. Ses obsèques ont été aceompagnées par plus de quatre mille personnes. L'église de Sainte-Gudule était pleine de monde le jour où la famille David a fait laire un service solennel pour les restes mortels du grand artiste. La famille David a acheté au grand cimetière de Louvain-BruxcUes un terrain j>rivilégié. Elle y a fait construire un caveau pour y déposer la bière de David, garnie de plomb et renfermant les médailles que les diverses académies des beaux-arts de la Belgique ont fait frapper en son honneur. Là s'élève un obélisque de pierre avec des inscriptions. Les artistes de la Belgique et de la France ont ouvert une souscription pour lui élever, dans une chapelle de l'église de Sainte-Gudule, un tombeau en marbre.
Robert. — Né en Belgique, député à la Convention nationale par le département de la Seine ; il est mort à Bruxelles, en avril 1826, laissant un très-mince patrimoine à sa fdle unique. Ses obsèques ont eu lieu dans l'église des Biches-Glaires.
Levasseur, de la Meurthe. — Mort dans la misère à Bruxelles, au commencement de juin 1826. Il a été secouru dans ses dernières années par la société des réfugiés, et surtout par un réfugié riche, M. Masset. Levasseur fut accablé par tous les gen-
l'CS de chagrins domestiques et de malheurs politiques. Le gouvernement de Louis XVIII lui refusa la pension qu'il avait acquise par quinze années do service, en qualité de rédacteur des procès-verbaux du conseil des Cinq-cents et du Corps législatif.
Vadier, mort le 14 décembre 1828.
Cavaignac, mort en mars 1829.
ïlamel Nogaret, mort le 30 mars 1829.
Maragon, mort le 31 mars 1829.
Ces trois derniers étaient riches.
Le médecin Roubmid, Marseillais, est mort dans la misère, mais secouru par les cotisations des réluiiiés riches.