Mémoires de Bailly
JLe premier volume des Mémoires de Bailly et la notice qui le précède étaient déjà livrés à l'impression , lorsque le frère de cet homme célèbre , M. Bailly de Saint-Paulin , a bien voulu nous faire passer une note historique sur le même sujet. Il était trop tard pour en faire usage ; mais nous avons annoncé à nos lecteurs que nous recueillerions , dans une livraison suivante , les nouveaux détails que l'on venait de nous transmettre. Nous accomplissons ici notre promesse , en transcrivant la note en question , sauf quelques réflexions de l'auteur, qui, rentrant dans celles que nous avons déjà présentées nous-mêmes, nous ont paru , par cette raison , inutiles à reproduire. On verra que, sans contenir de faits absolument nouveaux,, cette note peut servir à préciser davantage un certain nombre de circonstances de la vie de Sylvain Bailly. Nous saisissons cette occasion de recueillir une ou deux anecdotes rapportées par un de ses biographes , et qui n'avaient pu trouver une place convenable dans notre première no* tice. Rien de ce qui touche un homme tel que Baillv ne doit paraître indifférent à la postérité.
JI ^OTES BIOGRAPHIQUES
Un mathématicien 3 nommé Moncarville , avait un fils auquel il pria le père de Bailly de donner des leçons, tandis que lui-même enseignerait les mathématiques au jeune Bailly. Après avoir épuisé les connaissances de Moncarville , Bailly eut pour maître le père du célèbre Clairault. Quelques succès littéraires obtenus par l'un de ses amis, enflammèrent son imagination : à l'âge de 16 ans , il composa deux tragédies. La première, intitulée Clotaire, est puisée dans les premiers siècles de notre histoire, où la grossièreté des mœurs n'empêchait pas le raffinement des crimes : le sujet de la seconde est Ylphigénie en Tauride. Bailly, détourné du théâtre par les conseils de Lanoue , rencontra dans le monde l'abbé Lacaille , habile astronome , qui revenait des extrémités de l'Afrique où l'avait conduit l'amour de la science : il devint son élève et son ami. En i^63 , le jeune astronome fit hommage à l'Académie des sciences de ses Observations lunaires. L'année suivante , il publia un travail étendu sur les étoiles zodiacales. En 1766, parut son Essai sur les satellites de Jupiter, avec des tables de leurs mouvemens. En 1 77 1 , il publia un Mémoire important sur la lumière de ces satellites. En 1775 , Bailly donna le premier volume de sou Histoire de l'astronomie ancienne et moderne ; en 1787, il fit paraître celle de Y astronomie indienne et orientale, en 3 vol. m-4°. Quelques objections que lui fit Voltaire sur la philosophie des Brames , qu'il regardait comme les inventeurs de toutes les sciences , engagèrent Bailly à publier, en 1779? ses deux écrits sur l'origine des sciences et sur l'Atlantide de Platon . Bailly obtint l'honneur , accordé avant lui au seul Fontenelle, d'être adopté par les trois Académies. Son discours de réception à l'Académie française est remarquable par