RELATIVES A BAILLY. III
J 'agrément du style, par l'éloge adroit de son prédécesseur , le comte de Tressan. La Société royale de Londres voulut aussi compter l'historien de l'astronomie au nombre de ses membres
anecdotes sur Bailly.
On se rappelle que Bailly avait débuté dans la carrière littéraire par des éloges académiques. Ses premiers essais dans ce genre avaient été recueillis dans un volume imprimé sans nom d'auteur. Comme nous étions proches voisins (dit le biographe que nous avons cité), demeurant l'un et l'autre dans le cul-de-sac du Doyenné , il vint chez moi un matin, et médit : « N'auriez-vous pas un volume anonyme renfermant les éloges de quelques grands hommes , entre autres ceux de Leibnitz , Corneille, Molière? — Oui, Monsieur, loi répondis-je ; je les ai. — Pourriez-vons me les prêter? — Avec grand plaisir, les voici. — Que pensez-vous de ces éloges? — Je les ai trouvés fort bien écrits et annonçant de grandes dispositions à l'éloquence. Celui de Leibnitz , entre autres , m'a paru supérieur à l'ouvrage de Fontenelle sur le même sujet, quoique celui-ci soit admirable. »
Bailly se tut , emporta le volume , et revint deux jours après me le rendre , en me disant : « Les quatre éloges renfermés dans ce volume sont de moi , et ne valent rien du tout \ ce volume , imprimé à Berlin , est devenu trèsrare , et je vous le rapporte , quoique je ne l'aie pas. Vous me le prêterez de nouveau , si , par hasard , j'en ai besoin. — Mais , Monsieur , l'éloge de Leibnitz, qui a remporté le prix ? — Un prix d'Académie ne prouve rien : la plupart des ouvrages couronnés ne sont que des folies de jeunesse. » Et il partit en achevant ces mots.