‹ Mémoires de Bailly (volume 2)Chapitre 26 sur 43 · N° XXV · texte numérisé non relu

N° XXV

Discours au conseil général de la commune (i).

8 décembre 1790.

Messieurs , Au moment où Ton va vous faire le rapport de l'affaire qui me concerne , je crois vous devoir des éclaircissemens que nécessitent quelques questions qui m'ont été faites. Lorsque le corps municipal a demandé , par un vœu unanime , que le traitement accordé au maire eût un effet rétroactif, et commençât au i3 juillet 1789 , je n'ai point parlé des sommes que j'avais reçues de la caisse , parce que ces sommes devant être imputées sur ce traite-

(1) Ce discours peut servir de complément aux détails que Bailly a donnés dans ses Mémoires , sur l'état de sa fortune , et sur le désintéressement qu'il apporta dans l'exercice des fondions les plus

pénibles et les plus dispendieuses.

{Note des noiw. édit.)

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ment , c'est un compte que j'ai avec la caisse , c'est un emprunt que j'y ai fait ; mais , puisqu'on le demande, outre ia provision qui m'a été accordée par les représentans de la commune , le 5 septembre 178g, la caisse m'a avancé en cinq fois 25,ooo liv. On a demandé ce que j'avais touché des attributions du prévôt des marchands et du lientenant de police sur les loteries. Lorsque je suis entré en place , on m'a proposé de me payer tous les mois 5ooo livres , suivant le traitement du prévôt des marchands ; j'ai répondu que je n'étais point prévôt des marchands ; que j'étais maire , et que la commune , qui m'avait nommé , réglerait ce qui devait m'ètre payé. On m'a parlé des attributions sur les loteries ; je n'en ai point voulu ; je n'ai rien touché, et j'ignore même ce que sont ces attributions. Six mois après , nous avons décidé , au bureau de la ville, que ces attributions, tant du prévôt des marchands que des échevins , seraient versées à la caisse. On a encore parlé , Messieurs, de l'ameublement de l'hôtel de la Mairie. Quand cet hôtel fut donné à la commune et au maire , je représentai que je n'étais pas assez riche pour le meubler ; que ces meubles, revendus au bout de deux ans , me causeraient une perte que je n'étais pas en état de supporter. On décida unanimement , dans l'assemblée des représentans , que l'hôtel serait meublé aux dépens de la commune ; mais je demandai que des commissaires fussent choisis , à l'effet de suivre cette opération trop délicate pour

que je voulusse m'en charger. Je ne m'en mêlai en aucune manière , si ce n'est que je me joignis à madame Bailly pour demander de la vaisselle de terre, au lieu de porcelaine qu'on proposait , pour rejeter quelques secrétaires trop beaux , et pour faire admettre de vieux meubles de M. de Crosne, que j'ai conservés ; voilà la part que j'ai eue dans ces ameubleraens. Quant à mes honoraires, comm adéputé, je pourrais dire que je ne dois ce compte qu'à l'Assemblée nationale ; mais je dois trop aux bontés de la commune, pour lui rien cacher. Je préviens avec empressement ce qu'elle pourrait désirer de savoir à cet égard. Voici la vérité : arrivé à l'Assemblée nationale le 25 mai , je l'ai laissée à Versailles le 17 juillet. Au mois d'octobre 1789, on m'envoya les mandats pour les mots de juin, juillet, août et septembre. Je calculai que j'y avais été environ deux mois , je pris les mandats de juin et juillet ; je renvoyai les deux autres. Absent pendant ces deux mois, je ne pouvais toucher des honoraires de présence. Au mois d'octobre l'Assemblée vint à Paris. En décembre, on m'envoya des mandats pour octobre et novembre, parce qu'on jugea que je n'étais plus absent. En effet , j'allai quelquefois à l'Assemblée ; mais je n'y étais pas assidu; mais je n'en partageais point le travail. Je ne pouvais donc me permettre de partager les honoraires. Je refusai ces mandats ; et depuis , on ne m'en a plus envoyé. Je n'ai donc touché de ces honoraires que les deux mois où j'ai assisté assidu-

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ment à l'Assemblée. Voilà , Messieurs , les écîaireissemens que je vous devais. Si on a demandé pour moi l'effet rétroactif du traitement , c'est qu'en effet , il est juste que le traitement commence avec les dépenses de la place , et qu'on n'ignore pas que, ma fortune ne comportant pas ces dépenses, l'honneur me sollicite de m'acquitter avec ceux qui m'ont généreusement prêté.

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