‹ Mémoires de BaillyChapitre 5 sur 20 · SUR LA YIE DE BAILLY. V · texte numérisé non relu

SUR LA YIE DE BAILLY. V

une conduite sage , des conceptions plus raisonnables qn^originales , un style plus correct que brillant. Il engagea l'auteur à quitter la carrière du théâtre pour celle des sciences. Un tel conseil fait honneur au jugement de Lanoue. Bailly s'y montra docile. Il cessa d'écrire pour la scène ^ mais , entraîné par son goût ver^ les études littéraires , il partagea ses travaux entre les lettres et les sciences , et , cherchant un genre plus accessible à son talent , il s'exerça dans les concours académiques , où ses efforts furent couronnés de quelques succès.

En 1767, l'Académie française mit au concours l'é-loge de Charles /^; Laharpe obtînt le prix 5 Bailly mérita V accessit: l'année suivante, il obtint également à l'Académie de Rouen Yaccessit de l'éloge de Corneille. Bientôt l'éloge de Molière lui valut un troisième accessit à l'Académie française -, la palme fut décernée au discoui!3 brillant et spirituel de Cbtmfort. Cependant ces premiers essais portaient encore les traces de l'inexpérience : le style , toujours grave et noble , n'était pas exempt de roideur et d'enflure. Un progrès sensible se manifesta dans l'éloge de Leibnitz, couronné en 1769 par l'Académie de Berlin 5 l'élève de Clairault était d'ailleurs ici sur son terrain ; des notes pleines d'érudition ajoutèrent au mérite de cet éloge, auquel succédèrent ceux de Cook , de Gresset et de l'abb^ Lacaille. Aucim de ces derniers écrits n'avait été composé pour les concours des Académies 5 peut-être n'en valurent-ils que mieux : l'auteur , plus libre dans sa composition , mit plus d'abandon dans son style ; les dér fauts reprochés à ses premiers ouvrages commencèrent à s'effacer : le dernier de ces éloges surtout réimit tous les suffrages ; c'était un tribut payé à la mémoire d'un,

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maitre chéri, et la reconnaissance inspira le talent* Maïs dé\k ces travaux n^étaient plus qu'up délassement à des travaux, pins sérieux. JL.es leçons de l'abbé Liacaille avaient développé le<» dispositions de son élève pour le.s sciences mathématiques , et surtout pour Tastronomie. Dès Tannée i j6a Bailly avait présenté à l'Académie des sciences un Mémoire où se trouvaient recueillies de noixd>reuses observations calculées sous la direction de cet yhabile professeur. Ce premier ouvrage donna de son jeune auteur une idée tellement honorable , qu'à la mort de l'abbé Lacaille , arrivée l'apnée suivante , l'Académie appela le disciple à reinplacer le maître. ]Bailly, à peine âgé de vingt-sept ans, prît place au milieu des juges qui venaient de prononcer suif ses travaux.

Trojç ans mr^s , Bailly fit paraître la Théorie des satelUtes de Jupiter^ Ces asti^ secondaires , que l'appa* rente irrégularité de leurs mouvemens semblait dérober au calcul, furent ramenés par ses recherches à l'éterneUç loi découverte par Newton. Aidé de la théorie de CJairault , de la méthode de Fouchy sur l'emploi du téiçscop^ , il calcula leui^s perturbations , détermina leur diam^^tre , la durée de leurs immersions , et traça l'his^ toire de cette partie de la science ^strpnomique. Ces investigations, qui donnèrent encore lieu, à trois, Mémoires, l'occupèrent pendant neuf années, depuis ijâia^ jusc[u^en *77ï-

Tout vaste qu'il était , ce travail fut le prélude d'un travail plus vaste encore. L'astronomie attendait un historien : ce titre exigeait , dans celui qui voudrait l'obtenir , U réunion du savoir et du génie , d^s vues élevée» et des conn^an^e^ ^rofo^di^s ,. la paticincç d^ l'écudit

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