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BARRAS ET LA PRISE DE LA BASTILLE

Avec le chapitre vu des Mémoires nous entrons dans la Révolution. Le grand fait qui ouvre cette période de notre histoire, la prise de la Bastille, n'est l'objet que d'une brève et banale mention. Des. divers incidents qui marquèrent cette journée fameuse. Barras n'a retenu et ne nous transmet qu'un seul détail. Il a vu sortir des cachots « les victimes de l'arbitraire sauvées enfin de la question» des tortures et des oubliettes », et parmi ces « victimes >, l'intéressant marquis de Sade, Une pareille pauvreté d'information est d'autant mieux faite pour nous surprendre, que non seulement Barras a été réellement spectateur de l'événement, comme il l'affirme,, mais qu'il en avait composé, en 1783 même, une relation dont on a eu la bonne fortune de retrouver dans les papiers, de M. de Saint- Albin le manuscrit autographe *.

Or, autant le passage des mémoires relatif à la prise de la Bastille est terne, vague et insignifiant, autant la relation de 1789 est intéressante, grâce à l'abondance et à l'air de vérité des renseignements qu'elle contient. L'impression que laisse après elle la lecture de ces pages, évidemment composées sous le coup mémo des dramatiques événements qu'elles relatent, — celte impression est, il faut bien le dire, que la journée rendue à jamais célèbre par la prise de la Bastille ne fut en somme qu'une horrible et sanguinaire saturnale. Rien d'héroïque dans ce premier récit. Les défenseurs de la vieille forteresse royale sont une cinquantaine d'invalides,

aes contemporaines. Voici comment il juge quelques-uns d'entre eus : - François de Neochateîii, Gambacérùs et Sieyès, la trinité la plus complètement déshonorée. — Jourdan, général en chef, vil, lâche et sans latents. — Masséna, brave, audacieuic, mais bâte, voleur et ipocrite comme un Italien, — Letourncui", homme nul, maïs plein d'orgueil. — Carnot joint des moyens ordinaires h un grand amour du travail. — Brune n'eût jamais dû sorlEr des rangs de garçon imprimeur, etc. « {Papiers de M. de Saint-Albin. Note autographe de Barras.)

i. Voir à. l'Appendice n" IV, p. 327, l'eitrait du journal autographe de Barras relatif à la prise de la Bastille. Cette relation forme les six dernières pages du journal où figure également la relation du siège de Pondichéry.

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assaillis par 10 000 combattants que soutiennent 100 000 hommes en armes. Point de * victimes de l'arbitraire » arraeliées ■ ù la question, aux tortures et aux oubliettes ». Mais, en revanche, de véritables actes de cannibalisme accomplis par les vainqueurs : malheureux sans défense hissés à la lanterne, liachés à coups de sabre; têtes et mains coupées, cceurs sanglants promenés dans les rues, cadavres traînés par les pieds, la nuit, aux flambeaux. Voilà ce que Barras a vu et ce qu'il consigne sur les pages où, à cette époque de sa vie, il noie au jour le jour les événements dont il a été le témoin. Et sa relation se termine par ces mots qui prouvent bien qu'elle n'a pas été rédigée après coup : ■ Aujourd'huy, jeudi, tout est tranquille, le peuple demande pourtant encore des exemples, on cherche les têtes proscrites, et tous les méchants doivent trembler ».

Trente ans s'écoulent. Barras, déjà ennemi de la Cour en i789, s'est déclaré ouvertement en faveur de la Révolution, y a joué un rôle important, a siégé sur les bancs de la Montagne, et, la Révolution terminée, s'est drapé dans une itère attitude de révolutionnaire immuable et convaincu. Il rassemble ses souvenirs en vue de Mémoires qu'il a l'intention de publier, jette sur le papier quelques notes; et, comme il n'aime pas à tenir la plume, une maladie nerveuse le gênant dans l'usage de son bras et ayant rendu, dans les dernières années de sa vie, son écriture, de mauvaise qu'elle avait toujours été, à peu près indéchiffrable pour lui-même, il dicte à ses amis MM. Paul Grand et Bousselin de Saint-Albin des fragments de ses futurs Mémoires.

A cette époque, la version révolutionnaire de la prise de la Bastille est officiellement établie. La légende s'est emparée de ce fait, l'a revêtu des ornements les plus propres à exciter notre admiration et notre pitié. Il est admis désormais que la Bastille est tombée sous une poussée d'héroïsme du peuple de Paris, que sa chute a révélé d'horribles mystères d'iniquité. Et, chose curieuse, cette légende qui a si profondément dénaturé les circonstances matérielles, l'aspect extérieur, si l'on peut dire, de l'événement, a été contemporaine de l'événement lui-même : fruit spontané de l'imagination, de la sensibilité et de la crédulité populaires, non pas des commentaires ultérieurs d'historiens amis de la Révolution. Jamais falsilîcation d'un fait historique n'a été plus éclatante que celle-là; mais jamais aussi falsification historique n'a été plus ingénue, plus sincère, n'a eu plus de complices. Songez qu'au lendemain même

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DES MEMOIRES DE BARRAS. xxsvii

de cette horrible journée, où tant de braves gens avaient été lâche ment massacrés par une populace ivre de sang, le caractère d'atrocité du fait disparaissait déjà, noyé, emporté dans le torrent de l'allégresse générale, i Là oit il n'y a pas eu crime, pas de pardon », disait, au témoignage même de Barras, le vicomte de fJ'oailles. Un des- plus grands seigneurs du royaume absolvait ainsi la tuerie de . la veille !

C'est que la Bastille n'était pas une prison comme les autres. Depuis des siècles que ses hautes et massives murailles se dressaient au-dessus de Paris, la Bastille avait peu à peu cessé d'être une chose. Elle vivait, d'une vie mystérieuse et menaçante. Tel jadis, aux portes de Thèbes, l'affreux monstre accroupi, gorgé de sang humain, le sphinx. Elle était devenue, aux yeux des Parisiens, une sorte de personne morale, l'exécutrice docile, impitoyable et muette de séculaires iniquités. Elle était la représentation matérielle, l'image toujours présente — et obsédante comme un cauchemar — d'un régime de jour en jour plus justement exécré. Et toute la haine grandissante que semblait provoquera plaisir ce régime dans " la sorte de démence où il s'étourdissait avant de périr, — toute cette fureur lentement amassée dans le cœur du peuple, s'attaquait au symbole avant de s'attaquer au régime lui-même, grondait sourdement autour de lui, comme l'Océan gronde autour des écueils. Et c'est pourquoi, lorsque la Bastille eut disparu, submergée par la soudaine et terrible lame de fond qui poussa sur elle, le 14 juillet 1789, la population parisienne avec la force irrésistible d'un raz de marée, — c'est pourquoi tout fui oublié, violences, massacres, barbarie des vainqueurs. La Bastille est prise! Ce cri de triomphe poussé par Paris remplît la France, traversa l'Europe, retentit jusqu'aux bords de la Neva. Et des larmes de joie coulaient des yeux de ceux qui l'avaient entendu; des gens qui ne se connaissaient pas s'arrêtaient dans les rues de Saint-Pétersbourg pour se comihuniquer la bonne nouvelle. On se félicitait, on s'embrassait '. Car chacun sentait confusément que ces paroles : ■ La Bastille est

1. Voir Mémoires de Ségur, l. III, p. 433 et 434 : - Quoique la Bastille ne fût assurément menaçante pour aucun des habitants de Pétersbourg, je ne saurais exprimer l'enthousiasme qu'excitèrent parmi les négocians, les marchands, les bourgeois, et quelques jeunes gens d'une classe plus élevée, la chute de cette prison d'État, et ce premier triomphe d'une liberté orageuse. Français, Russes, Danois., AUemands, Anglais, Hollandais, tous, dans les rues, se félicitaient, s'embrassaient comme si on les eût délivrés d'une chaîne trop lourde qui pesait sur eux. >

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prise •, portaient en elles quelque chose de fatidique: que cette phrase recelait un sens profond qui dépassait la portée des mots; que, dans ces simples mots, enfin, c'était le glas de l'ancien régime qui sonnait. Ainsi la légende est ici plus vraie que l'histoire : car elle a merveilleusement saisi et mis en relief le caractère symbolique de l'événement, — caractère essentiel, que méconnaissent lourdement ceux qui, dans leur aveugle haine contre la Révolution, s'efforcent de réduire la prise de la Bastille aux proportions d'un simple massacre. Elle fut cela, c'est vrai. Mais une vérité partielle n'est pas la vérité. Or la prise de la Bastille ne fut pas seulement un massacre. Une grande et noble chose est née ce jour-là. Qu'importe qu'elle soit née dans le sang! N'est-ce pas la loi d'ici-bas, que la vie sorte incessamment de la mort? Oubhons les douleurs de cet enfantement pour ne songer qu'au beau fruit qu'il a donné au monde.

Quoi qu'il en soit. Barras, bien des années après l'événement ayant à en parler dans ses Mémoires, ou bien ne se souvient plus de la relation qu'il a composée autrefois, — ou, s'il s'en souvient et la retrouve dans ses papiers, la lit, j'imagine, avec une sorte de stupeur. Eh quoi, la prise de la Bastille n'aurait été que cela! Le peuple s'y serait montré, non point magnanime, mais lâche et féroce ! Et c'est lui, lui Barras, qui livrerait aux ennemis de la Révolution de quoi flétrir à jamais le souvenir de cette glorieuse journée, mère du 20 Juin, du iO Août, de toutes les grandes dates révolutionnaires! Est-il possible qu'il ait composé ce récit blasphématoire? Et, résolument, il l'écarté, comme étant en contradiction avec la légende qui a pris droit de cité dans l'histoire, et contre laquelle il peut d'autant moins, lui révolutionnaire fervent, s'inscrire en faux, qu'il croit lui-même, maintenant, à cette légende, et qu'elle a fini par prévaloir sur le propre témoignage de ses yeux. Il rédige une première note ; ■ La Bastille, ce lieu de supplices, fut attaquée et prise. J'étais du nombre des assaillants, Lapoype et Fréron aussi. Son commandant ayant fait tirer le canon à mitraille fut tué, la Bastille démolie, et des ennemis déclarés du peuple, qui l'avaient opprimé, furent aussi mis & mort '. •

Assurément, voilà qui est moins compromettant que cette malencontreuse relation de 1789. Mais, tout atténué que soit ce bref et

lutographe de Barras, qui d'après

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DES MÉMOIRES DE BARRAS., xxxix

pâle récit, il y est encore question de gens « mis à mort » par le peuple. 11 ne faut pas que de pareils souvenirs ternissent l'éclat de ce beau jour! Barras biffe le passage où il vient de faire allusion — et quelle allusion discrète! —aux terribles scènes d'égorgeinent qu'il nous avait contées dans sa première relation, et le texte de la note destinée aux Mémoires, raturé, soigneusement expurgé de tout ce qui pourrait rappeler de fâcheux incidents, devient : • La Bastille, ce lieu de supplices, fut attaquée et prise.... Son commandant fit tirer le canon à mitraille. Cette nouvelle effraya la Cour. » Dans une autre note, également autographe. Barras expose ainsi l'événement : « La Bastille, ce monument épouvantable des coups d'autorité arbitraire , fut courageusement attaquée par le peuple le 14 juillet. Mal défendue, elle fut prise et démolie. Ce fait extraordinaire frappa de terreur le gouvernement '. »

Et c'est ainsi que d'atténuation en atténuation, les Mémoires ont fini par ne plus nous donner sur la prise de la Bastille que les quelques lignes du chapitre vir, passage incolore et fade, mais conforme dans sa banalité, comme l'avait expressément voulu Barras, à la légende héroïque et sentimentale de l'événement, vide au contraire de tous les détails pittoresques, précis et horribles qu'il avait consignés dans sa relation primitive, avant qu'une version nouvelle et toute différente fût sortie de l'imagination populaire et qu'il eût été convenu tacitement, entre tous les amis de la Révolution, que le souvenir des abominables excès qui avaient souillé; la première victoire du peuple devait être à jamais aboli.

■ LES JOURNÉES RÉVOLUTIONNAI RE S DES G ET B OCTOBRE, DU 20 JUIN ET OU 10 AOUT.

Les réflexions qu'on vient de lire expliquent sans doute piourquoi les autres grandes journées révolutionnaires n'ont été de la part de Barras, comme la prise de la Bastille elle-même, que l'objet d'une ' mention rapide, où l'on cherche en vain les renseignements abondants et précis que raut«ur des Mémoires semble pourtant s'être

f. Papiers de M. de Saint-Albin.

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St PREFACE DU TOME PREMIER

engagé à donner, en prenant soin de noua avertir qu'il raconte ce qu'il a vu. Mais qu'est-ce qu'un témoin qui ne veut pas tout voir, ou se souvenir de tout ce qu'il a vu, et dont la déposition étudiée s'inspire, non de l'amour et du respect de la vérité seule, mais de la constante préoccupalion de présenter les faits sous un jour favorable à une certaine cause? Or Barras s'est constitué dans ses Mémoires l'avocat de la Révolution : il plaide, alors même qu'il voudrait nous faire croire qu'il se contente de déposer. Et ce point a été, je pense, suffisamment mis en lumière par le travail de significatives retouches auquel on vient de montrer qu'il s'est livré sur sa propre relation de la prise de la Bastille.

Avait-il composé une relation des journées des S et 6 Octobre, du 20 Juin, du 10 Août, comme de celle du 14 Juillet? La chose est possible, probable même, si l'on considère qu'il avait encore en 1789 l'habitude de consigner par écrit ses impressions sur tel événement notable qui venait de s'accomplir sous ses yeux. Mais cette relation, si jamais elle a existé, n'est point parvenue entre mes mains. Et les notes autographes de Barras, relatives à ces journées fameuses, que j'ai pu retrouver dans les papiers de M. de Saint-Albin, sont d'une information aussi pauvre que les passages correspondants des Mémoires, composés sur elles '.

1. Noie autographe de Barras sur les S el S Octobre : » Les ennemis de la Révolution agissent pour établir la discorde. Ce sont leurs manœuvres, l'oppositiOD des nobles, des prêtres, l'armement des émigrés sous les drapeaux des puissances, qui sont cause de tous les excès : ils justirienl facilement la nation. Le 5 octobre, le pain manquait à Paris.... Le peuple part de Paris malgré M. de La ta jette.... Aucun dessein hostile ne l'animait; on lui présente des baïonnettes; un ofiicier des gardes du corps sabre des citoyens.... La blessure des citoyens frappés tut suivie par un coup de fusil qui cassa le bras à L'oflicier qui en était l'auteur. 11 s'ensuivit des excès.... Le château fut atlaqué, envahi; les gardes du corps qui le défendirent el qui firent feu turent tués.... Le roi saisit un moment de calme pour dire que lui et sa famille allaient se rendre au vœu du peuple.... Les gardes nationales ainsi que l'Assemblée escortèrent le roi jusques à Paris.... Le pain reparut abondant. »

Noie autographe de Barras sur le ÎO Juin : ■ Le 30 Juin, le peuple se porta au château. Le roi arbore le bonnet rouge, l'Assemblée licencie la garde royale. Paris est plus agité que les provinces.... Il eût été peut-être de la bonhe politique de laisser au roi la liberté entière.... •

Noie autographe de Barras sur le io Aoàt : n Le peuple, pressé par le danger des armées ennemies marchant sur Paris, par l'audace des ennemis de l'intérieur, crut qu'il devait seul sauver la liberté publique. Il résolut la journée du 10 Août. La foule se porta au château; le Carrousel fut occupé ainsi que les autres avenues. Il y eut des pourparlers avec les Suisses gardant la cour du château. Le roi les avait passés en revue le matin même. Des médiateurs qui s'étaient avancés essuient plusieurs coups de fusil tirés

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Quoi qu'il en soit, le récit de Barras sur les 5 et 6 Octobre, sur le 20 Juin et Je 10 Août, est, comme celui de la prise de la Bastille, conforme à la pure tradition révolutionnaire. Auï 5 et 6 Octobre, le peuple a été provoqué par une orgie des gardes du corps. Barras a assUté h cette orgie, comme il a assisté sans doute à la délivrance des vertueux prisonniers de la Bastille, le 14 juillet. Provoqué ainsi par les séides du tyran, le peuple n'a fait qu'user de légitimes représailles. Et comment en pourrait-il être autrement? Le peuple n'est-il pas toujours magnanime? Sa générosité native ne se retrouvet-elle pas jusque dans les manifestations de sa colère? Nul article dans le credo révolutionnaire qui soit plus solidement établi que celui-là. Barras j'ette donc pieusement un voile sur tous les détails qui pourraient être de nature à nous montrer l'ordre public, la loi, l'humanité également et outrageusement violés dans ces diverses journées, comme ils le furent en effet. Et la prudence voulue de sa narration en explique la banalité '.

Tout autre, et bien plus intéressant, est le récit qu'il consacre au

9 Thermidor '.

A trente ans de distance, il aime à évoquer dans sa pensée le

par les trous des grilles.... Le cliâleau fut envahi^par le peuple. Le roi s'étail réfugié pendant le combat avec sa famille dans le sein de l'Assemblée nationale », etc.

i. A signaler toutefois deux remarques intéressantes. Le SD Juin, des bataillons de garde nationale dévoués au rot se seraient assemblés rue Sainl-Honoré et autour du Palais-Royal dans le dessein de défendre Louis XVI ; avec un peu d'énergie, le roi pouvait done réprimer la sédition. — Le

10 Août, comme le H Juillet, la victoire du peuple a été due en grande partie h l'action des militaires mêlés h la foule.

a. Je. tiens de M. Paul Grand, le filleul et l'ami de Barras, que j'ai eu, comme on l'a vu, l'honneur de consulter au sujet des Mémoires, qu'il n'était pas un épisode de sa vie politique sur lequel Barras revint avec plus de complaisance dans la conversation. La rédaction de la partie des Menioires relative au 9 Tliecmidor a été composée, m'a dit M. Paul Grand, en partie d'après tes notes mêmes de l'es-Di recteur, et en partie d'après les si maintes fois évoqués par Barras au cours de ses longue

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