LU PREFACE IIU TOME PREMIER
Bonaparte soient insultés à leur tour, ainsi qu'ils le seront tous l'un après l'autre dans la suite des Mémoires, Barras nous apprend ici que Lucien, • garde -magasin à Saint-Maximin, dont il avait fait changer le nom en celui de Marathon », se récréait en t793, afin de donner un gage de ses convictions jacobines, à profaner dos saints ciboires et des hosties. Passe-temps révolutionnaire dont le goût apparemment était commun à tous les membres de cette famille Bonaparte, puisque, s'il fallait en croire Lewis Goldsmith, le futur auteur du Concordat aurait préludé à son œuvre de pacification religieuse • en remplissant de ses excréments un saint ciboire > à Toulon ^ Barras aurait- il étudié Goldsmith, par hasard t Et ne serait-ce pas peut-être une simple réminiscence de l'Histoire secrète du cabinet de Napoléon Bonaparte, qui lui aurait fait attribuer au cadet l'exploit bizarre porté par le vil pamphlétaire anglais au compte des turpitudes de l'aîné? On avouera que la rencontre est fôcheuse. Elle prouve, en elTet, que le libelle de Goldsmith et les Mémoires de Barras procèdent à l'égard de Napoléon du même parti pris de diffamation, recourent aux mêmes procédés de dénigrement systématique et d'outrage. C'est sur celle remai'que, dont l'importance ne peut échapper à aucun esprit impartial, que je veux conclure mon examen du récit donné par Barras de ses premières relations avec Bonaparte.
Que Bonaparte ressemble physiquement k Marat ', moralement au marquis de Sade; qu'il ait, avec un empressement où Barras découvre les calculs de la plus machiavélique ambition, ramassé les gants ou l'éventail de la femme du représentant Ricord, offert à cette dame la bride ou l'étrier quand elle montait à cheval : ce sont là
1. liisloire seerèlf. du cabinet de Napoléon Bonaparte et de la cour de Saint- Clotid, par Le\ris Goldsmitli. Paris, 1814, 2 vol. in-8. Voir tome I, p. 89.
2. Est-il besoin de dire que M. Lanfrey — h qui le manuscrit des Mémoires de Barras fut communiqué — s'empresse de noter cette ressemblance de Bonaparte cl de Maralî Voir Lantrey, Histoire de Napoléon, t. I, p. 72.
DBS MÉMOIRES DE BARRAS. Lill
5 d'une puérilité si manifeste que j'ai presque honte de m'y être arrêté. Il n'en est pas de même des renseignements que les Mémoires nous fournissent sur le rôle de Bonaparte au siège de Toulon.
Barras a pris part, une part très honorable même, à ce siège fameux. Il est juste de rendre hommage à l'énergie des mesures ordonnées par lui au début de la rébellion; k son activité, à la vaillance dont il lit preuve en payant de sa personne comme un simple soldat, le sabre de représentant au poing, lors de la grande attaque du 17 décembre contre les positions du Faron. Dugommïer, qui n'aimait guère pourtant les représentants', signale dans le rapport sur la prise de Toulon sa belle conduite : ■ Que le peuple voie donc ses représentants donnant, au milieu de la nuit la plus dure l'exemple de la constance, au milieu du combat l'exemple du dévouement. Saliceti, Robespierre (jeune), Ricord et Fréron étaient sur le promontoire de l'Éguillêtte et Barras sur la montagne du Faron; nous étions tous alors volontaires. Cet ensemble fraternel et hérorque était bien fait potr mériter la victoire ' >. Barras put être fier d'avoir obtenu un tel témoignage — et d'un tel homme. '
Dans les effroyables représailles que les républicains exercèrent tl léttsepèl p p m Idhé
r PlBraàlété flll tl q
ié lém t
bl êm q 1 p et 1 d Mém
été II m
1 mm Ilèg p t y bl
té 1 d
m q à T 1 pi 11
q àLy
Hère t 1 b 11 t d é
l nn II dé 1 q
tll-^pl laimmd] g t
d d dpra C pi é q md
1 <]<] të dlp t pe d q d
tUe esl perdue, la tête seale du pauvie général en répond.... ■ Aichtve.i de la Guerre, lellre de Dugommier au ministre Bouchotte, du tO décembre 1793.
2. Rapport de Dugommier, du quartier général de Toulon, le 6 nivdse au ii(2fl décembre 1793). Archives de la Guerre.
3, 1,'auteur des Notes manuscrites sur le siège de Toulon, à qui j'emprunte cette grave déposition, a malheureusement gardé l'anonyme. Il est bon républicain et parait avoir appartenu à. l'arraée qui reprit Toulon. Voici le passage qui concerne Barras : u Ces infortunés, en grand nombre ignorant leur sort, groupés en pelotons et se questionnant les uns tes autres avec confiance et tranquillité, furent tous massacrés au signal que donna le repré-