CHAPITRE XIII
mon secrétaire Botot muni de la correspondance de Brunet : il la déposa au Comité de Salut public. Les temps étaient inexorables, il ne s'agissait pas de ménagements pour des personnes. Cette correspondance, examinée par le Comité, tut jugée plus sévèrement qu'elle ne l'avait été par moi, Brunet fut traduit au Tribunal révolutionnaire, et subit la peine qu'il voulait attirer sur ceux qu'il avait voulu présenter comme des coupables. Peu d'esprit, beaucoup d'ignorance, un entêtement qui est souvent la conséquence de ces défauts, avaient livré Brunet à de mauvais conseils : il eût été sauvé de lui-même s'il avait suivi les miens. Des actes aussi rigoureux que celui auquel il succomba, lors même qu'ils ont pour but et pour nécessité le salut de la patrie, laissent toujours des souvenirs douloureux aux bommes qui furent commandés par un impérieux devoir '.
i. Sur toute cette alTaire de la trahison, de la destitution et de la condamnation du général Brunet, Toir buk Appendices, p. 332 a. 337, la relation autographe de Barras. (G. D.)