‹ Mémoires de Benvenuto CelliniChapitre 8 sur 46 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Intrigues de madame d'Étampes et du Primaticcio. — Escamotage d'une statue colossale. — Administration de la justice en France au seizième Siècle. — Vente des procès. — Les témoins normands. — Paix! paix! Satan! Allez! paix! — Méthode de Cellini pour terminer un procès. — Aventure de Pagolo Micceri et de la Catherine. — Le flagrant délit. — Accusation infâme. — Découragement. — Inspiration divine. — Triomphe.

La rage de ma cruelle ennemie allait chaque jour en augmentant. Elle appela près d'elle un peintre qui demeurait à Fontainebleau, où le roi résidait presque continuellement. Ce peintre était italien et bolonais. On l'appelait le Bologna, mais son véritable nom était Francesco Primaticcio. — Madame d'Étampes le poussa à prier le roi de lui confier l'exécution de la fontaine dont Sa Majesté m'avait chargé, et elle lui assura qu'elle l'aiderait de tout son pouvoir. Ainsi fut convenu. — Ce Bologna fut au comble de la joie et compta sur le succès, bien que ce travail fût étranger à sa profession. Néanmoins, il était habile dessinateur, et avait eu soin de s'entourer d'ouvriers formés à l'école du Rosso, peintre florentin d'un talent vraiment étonnant, à l'admirable manière duquel il était redevable de tout ce qu'il faisait de bon. — Grâce à ces misérables raisons, chaudement appuyées par madame d'Étampes, qui ne cessa jour et nuit avec son protégé de marteler les oreilles du roi, Sa Majesté finit par céder aux instances de mes deux adversaires, surtout quand elle les entendit lui dire d'un commun

accord : — « Comment sera-t-il possible, Majesté sacrée, que Benvenuto fasse vos douze statues d'argent, dont pas une seule n'est encore terminée. Si vous persistez à lui laisser cette nouvelle et vaste entreprise, il faut absolument que vous renonciez à la première qui vous tient tant à cœur ; car cent artistes de la plus haute habileté ne suffiraient Jpas pour mener à fin les immenses travaux que ce vaillant homme veut aborder. On voit qu'il a grande volonté de faire ; mais son ambition sera cause que bientôt lui et ses ouvrages seront perdus peur Votre Majesté. » — Le roi, ébranlé par ces captieuses paroles et d'autres arguments du même genre, consentit donc à leur accorder tout ce qu'ils demandaient ; et cependant le Bologna n'avait encore montré ni dessins ni modèles de sa main.

Sur ces entrefaites, le dernier locataire que j'avais chassé de mon château m'intenta un procès. Il prétendait que je lui avais volé une grande partie de ses effets quand je l'avais mis à la porte. Ce procès me causait tant de tourments et me prenait un tel temps que plusieurs fois je fus tenté de m'en aller à la grâce de Dieu.

On a coutume, en France, de compter gagner un procès engagé avec un étranger ou toute autre personne qui semble mettre de la négligence à se défendre. Dès qu'une de ces affaires présente quelque avantage, on trouve à la vendre. On a même vu des gens dont la profession consiste à acheter des procès ou à en accepter pour dot.

Une autre infamie qui a cours en France, c'est que les Normands, pour la plupart, font métier de porter de faux témoignages : de sorte que ceux qui achètent des procès stylent immédiatement cinq ou six de ces témoins, suivant le besoin. Leurs adversaires ne manquent donc jamais d'être condamnés si, ignorant cet usage, ils ne leur opposent point un nombre égal de témoins. — C'est ce qui m'arriva. — Indigné, je me rendis à la grande salle du palais de Paris pour plaider ma cause. — J'y vis un juge, lieutenant civil du roi, assis sur un tribunal élevé. Cet homme était grand, gros et gras, et d'aspect austère. — A sa droite et à sa gauche

étaient rangés une foule de procureurs et d'avocats ; d'autres s'avançaient un à un et exposaient leur affaire. Parfois ceux qui entouraient ce juge parlaient tous à la fois. — A ma grande surprise, cet homme admirable, véritable portrait de Pluton, prêtait l'oreille tantôt à celui-ci, tantôt à celui-là, et répondait à tous avec un talent remarquable. — Ce spectacle me parut si prodigieux que je n'aurais pas voulu pour beaucoup n'en avoir point été témoin, car j'ai toujours été curieux de connaître toute espèce de mérite. — La salle était immense; mais il s'y pressait une telle foule qu'un garde avait soin d'empêcher d'entrer ceux qui n'y avaient point affaire et de tenir les portes fermées. — Souvent ce garde, en repoussant les gens qu'il ne voulait point admettre, troublait par son tapage mon admirable juge, qui, dans sa colère, ne lui épargnait pas les injures. — Plusieurs fois je remarquai cette circonstance, et les paroles qu'employa le juge pour réprimander le garde, un jour entre autres qu'il résistait bruyamment à deux gentilshommes qui venaient pour voir. Le juge criait d'une voix forte : — « Sta' cheto, sta' cheto, Satanasso, levati di costi, e sta' cheto. » — Ce qui, en français, se traduit et se prononce ainsi : — « Paix, paix, Satan ! paix, paix, Satan ! Allez, paix! » — Je savais très-bien le français : aussi, lorsque j'entendis ces mots, compris-je aussitôt ce que Dante voulut dire quand il franchit les portes de l'enfer avec son maître Virgile. — Dante, en effet, résida avec le peintre Giotto en France, et surtout à Paris, où la salle des plaideurs peut vraiment être appelée un enfer. — Comme Dante possédait bien la langue française, il se servit de ces expressions. Je suis fort étonné qu'on ne les ait jamais interprétées de cette façon, de sorte que je n'hésite pas à prétendre et à croire que ses commentateurs lui font dire des choses auxquelles il n'a jamais pensé.

Mais retournons à mon affaire. Quand je vis les avocats me remettre certains arrêts entraînant condamnation, je ne trouvai point d'autre moyen de me défendre que d'avoir recours à ma longue dague que je portais au côté, car j'ai

toujours aimé avoir de belles armes. — Je commençai par m'adresser au principal coupable, à celui qui m'avait intenté cet inique procès. Un soir, je le frappai de tant de coups sur les bras et sur les jambes, en ayant soin toutefois de ne point le tuer, que je le privai de l'usage de ses deux jambes. Je tombai ensuite sur celui qui avait acheté la cause, et je le touchai de telle sorte qu'il arrêta le procès. Alors, comme toujours, je remerciai Dieu, et j'espérai que je resterais quelque temps sans être molesté.

Je recommandai à mes ouvriers, et surtout aux Italiens, de travailler et de me seconder avec activité, afin que je pusse promptement terminer les ouvrages commencés. Je leur dis qu'aussitôt après leur achèvement, je voulais retourner en Italie ; car je ne me sentais pas la force de supporter davantage les coquineries de ces Français, et je craignais que les violences auxquelles j'étais obligé d'avoir recours ne m'occasionnassent quelque malheur, si par aventure mon bon roi venait à s'irriter contre moi.

Voici quels étaient mes ouvriers italiens : le premier, et celui que j'affectionnais le plus, était Ascanio de Tagliacozzo, village du royaume de Naples ; le second était le Romain Pagolo, garçon de très-humble naissance, qui ne connaissait pas même son père. Ces deux ouvriers étaient ceux-là que j'avais amenés de Rome, où ils travaillaient déjà avec moi. — Un autre Romain était venu d'Italie tout exprès pour entrer à mon service : il s'appelait Pagolo, et était fils d'un pauvre gentilhomme de la maison des Macaroni. 11 n'était pas très-habile ouvrier, mais il excellait dans le maniement des armes. — J'avais encore un Ferrarais, nommé Bartolommeo Chioccia, et le Florentin Pagolo Micceri. Ce dernier avait un frère, surnommé Gatta, qui entendait parfaitement la tenue des écritures, mais qui s'était ruiné en gérant les affaires du riche marchand Tommaso Guadagni. Il me mit en ordre les livres qui renfermaient les comptes du grand roi très-chrétien et de différents personnages.

Pagolo Micceri, ayant appris de son frère la manière de

tenir mes livres, continua ce travail moyennant de bons appointements. Comme il semblait être un très-brave garçon, car il se montrait d'une dévotion extrême et était toujours occupé à marmotter des psaumes ou à réciter son chapelet, je croyais pouvoir me fier entièrement à lui. — Un jour donc je le tirai à part, et je lui dis : — « Pagolo, mon très-cher frère, tu vois comme tu es heureux près de moi, et tu te rappelles qu'auparavant tu te trouvais sans aucune ressource ; en outre, tu es mon compatriote, et je vois avec plaisir que tu remplis scrupuleusement tous tes devoirs de religion; c'est pourquoi j'ai pleine confiance en toi. Maintenant, comme je compte sur toi plus que sur tout autre, je te prie de me venir en aide, et je te recommande surtout deux choses que j'ai particulièrement à cœur : la première est de veiller avec soin à ce que l'on ne me dérobe rien de ce qui m'appartient, et de n'y point toucher toimême ; la seconde a rapport à cette pauvre petite Catherine. Tu n'ignores pas que je l'ai prise principalement pour mon art et que sans elle je ne saurais rien faire. Mais je suis homme, et elle a servi à mes plaisirs charnels, de sorte qu'il se pourrait qu'elle me donnât un fils. Or, je ne suis pas d'humeur à nourrir les enfants des autres, ni à supporter une injure, et si je m'apercevais que quelqu'un de cette maison fût assez audacieux pour jeter les yeux sur elle, je crois en vérité que je les tuerais Tun et l'autre. Je te supplie donc, cher frère, de me prêter ton assistance. Si tu remarques quelque chose, avertis-moi sur-le-champ; car alors j'enverrai à la potence la Catherine, sa mère et l'autre coupable. Prends garde à toi tout le premier. » — Aussitôt ce ribaud s'écria, en faisant un signe de croix de la tête aux pieds : — « O doux Jésus ! que Dieu me garde de jamais penser à une telle chose ! D'abord, j'ai toujours eu horreur de cet affreux péché, et ensuite pensez-vous que j'aie oublié tous vos bienfaits?» — A ces mots, qu'il prononça d'un ton simple et affectueux, je restai convaincu qu'il parlait sincèrement.

Deux jours après arriva une fête dont messer Matteo del

Nazaro, artiste italien au service du roi, profita pour m'inviter avec mes jeunes gens à une partie de plaisir dans son jardin. Je me disposai donc à sortir, et j'engageai Pagolo à venir se promener et se divertir avec nous. 11 me répondit que ce serait une grande imprudence que de laisser la maison ainsi seule. — « Voyez, ajouta-t-il, combien vous avez d'or, d'argent et de pierreries. Dans cette ville de voleurs, il faut avoir l'œil ouvert jour et nuit. Tout en gardant la maison, je m'occuperai à réciter mes oraisons. Allez sans inquiétude vous amuser et vous donner du bon temps ; la prochaine fois un de mes camarades restera au logis. » — Je partis donc parfaitement tranquille avec l'autre Pagolo, Ascanio et Chioccia, et nous passâmes joyeusement la journée dans le jardin de Matteo del Nazaro.

Vers le soir, un soupçon me frappa. Je commençai à réfléchir aux paroles remplies d'une feinte simplicité que m'avait dites mon hypocrite coquin. — Je montai aussitôt à cheval, et je retournai avec deux de mes serviteurs à mon château. J'y surpris Pagolo et cette misérable Catherine presque en flagrant délit. — A peine fus-je arrivé, que la mère de Catherine, cette vile ruffienne, se mit à crier : — « Pagolo ! Catherine ! voici le maître 1 » — Ils accoururent l'un et l'autre, les vêtements tout en désordre, avec un air effaré et stupide, sans savoir ni ce qu'ils disaient ni où ils allaient, de façon qu'il était évident qu'ils venaient de commettre le péché. — Enflammé de colère, je mis la main à l'épée, décidé à les massacrer tous deux. — Pagolo s'enfuit; Catherine se précipita à genoux en implorant toutes les miséricordes du ciel. — J'aurais voulu commencer par tuer Pagolo, mais je ne pus le rejoindre sur-le-champ, et, pendant que je le poursuivisse me ravisai et je pensai qu'il valait mieux les jeter tous deux à la porte ; car avec cette nouvelle aventure, ajoutée à tant d'autres, ma vie aurait certainement été en danger. — Je dis donc à Pagolo : — « Ribaud, si mes yeux avaient vu ce que tu me donnes lieu de croire, je te percerais dix fois le ventre avec cette épée. Décampe à l'instant, et sache que, si tu as une oraison à

débiter, c'est celle de saint Julien. » — Je chassai ensuite la mère et la fille à coups de pied et à coups de poing. — Elles songèrent à la vengeance et allèrent consulter un avocat normand, qui engagea Catherine à m'accuser d'avoir vécu avec elle à la manière italienne. Par là on entendait le péché contre nature, autrement dit de sodomie. — « Dès que cet Italien, continua l'avocat, apprendra cette accusation et saura quelles terribles conséquences elle peut entraîner, il vous donnera de suite quelques centaines de ducats, afin que vous vous taisiez, car il sera effrayé à la seule idée du sévère châtiment que l'on inflige en France pour ce crime. » — Ce conseil fut suivi, la plainte fut portée et je reçus une assignation. — Plus je cherchais à me tranquilliser l'esprit, plus jetais harcelé d'inquiétudes.

Chaque jour persécuté de mille façons, je commençai à me demander sérieusement si je devais quitter la France ou bien soutenir encore ce combat et voir à quelle fin Dieu m'avait créé. Après de longues et douloureuses agitations, je résolus de partir pour ne pas tenter ma mauvaise fortune au point qu'elle me rompît le cou. — Quand tous mes préparatifs furent terminés, que j'eus pris mes mesures pour mettre en bon lieu ce que je ne pouvais emporter, et que j'eus caché de mon mieux les menus objets sur moi et mes serviteurs, je fus assailli d'une violente douleur en pensant au départ. — Je courus me renfermer dans mon petit atelier, après avoir dit à mes jeunes gens, qui m'encourageaient à partir, que je voulais encore me consulter, bien que je reconnusse combien leur avis était fondé ; car je comprenais très-bien que, pourvu que je fusse hors de prison et que je laissasse à la rage de mes ennemis le temps de se calmer un peu, il me serait beaucoup plus facile de m'excuser près du roi, en lui expliquant par écrit l'infâme complot tramé contre moi. — Mes réflexions aboutirent à me confirmer dans la résolution que j'avais adoptée ; mais, au moment où je me levai, je fus saisi par l'épaule, et une voix me cria avec force : — Benvenuto, agis comme à ton ordinaire et ne crains rien. » — Aussitôt j'arrêtai un plan entiè-

rement opposé au premier, et je dis à mes ouvriers italiens : — « Munissez-vous d'armes, venez avec moi, et suivez tous mes ordres sans vous inquiéter d'autre chose ; je suis décidé à comparaître. Si je partais, bientôt vous vous en iriez tous en fumée. Ainsi, obéissez et accompagnez-moi. » — Tous ces jeunes gens s'accordèrent à dire : — « Puisque nous sommes ici et qu'il nous fait vivre, nous devons aller avec lui et l'aider jusqu'à la mort dans tout ce qu'il voudra. En effet, ce qu'il dit est plus vrai que nous ne pensions ; dès qu'il serait loin d'ici, ses ennemis nous jetteraient tous à la porte. Et, si nous songeons aux grands et importants ouvrages qui sont commencés, il faut avouer que nous ne saurions les terminer sans lui, et alors ses ennemis ne manqueraient pas de prétendre qu'il est parti parce qu'il s'est reconnu incapable de les mener à fin. » — Le jeune Romain Pagolo Macaroni fut le premier à encourager les autres, et il engagea à se joindre à nous plusieurs ouvriers allemands et français qui me portaient de l'amitié. Nous étions dix en tout. Je me mis en route avec la ferme volonté de ne point me laisser incarcérer vivant.

Quand j'arrivai en présence des juges criminels, j'aperçus la Catherine et sa mère qui riaient avec leur avocat. — J'entrai et je demandai hardiment le juge, gras et bouffi personnage qui se prélassait sur un siège qui dominait tous les autres. — En me voyant, cet homme murmura à voix basse d'un air rébarbatif : — « Tu t'appelles Benvenuto (Bienvenu)', mais cette fois tu seras le malvenu. » — Je l'entendis, et je lui répliquai : — « Expédiez-moi vite, et dites-moi ce que je suis venu faire ici. » — Alors le juge se tourna vers Catherine, et lui dit : — « Catherine, explique tout ce qui s'est passé entre toi et Benvenuto. » — La Catherine affirma que j'avais vécu avec elle à la manière italienne. — « Tu entends ce que déclare la Catherine, Benvenuto, » — s'écria le juge. — «Si je l'avais traitée à la manière italienne, répliquai-je, je l'aurais fait seulement pour avoir un enfant, comme vous le pratiquez, vous autres. » — « Loin de là, elle veut dire, reprit le juge, que tu l'as attaquée hors de

l'endroit où l'on fait les enfants. » — A ces mots, je ripostai que ce n'était point là la manière italienne, qu'au contraire, ce devait être la manière française, puisque la Catherine la connaissait et que moi je ne m'en doutais pas. >• — J'ajoutai que j'exigeais qu'elle décrivît exactement comment je m'y étais pris avec elle. — Cette atroce catin eut la scélératesse de dérouler cette infamie sans le plus léger voile. Je la forçai de recommencer sa déposition trois fois de suite. — Quand elle eut fini, je m'écriai : — « Seigneur juge, lieutenant du roi très-chrétien, je vous demande justice ; car je sais que les lois du roi très-chrétien, quand il s'agit d'un tel crime, condamnent au supplice du feu l'agent et le patient. Or, cette femme avoue qu'elle a commis le péché ; quant à moi, il m'est tout à fait inconnu. Sa ruffienne de mère est ici : elle mérite aussi le feu pour l'un ou l'autre délit; je réclame justice. » — Je répétai ces paroles à maintes reprises et à haute voix, en demandant toujours le feu pour la Catherine et pour sa mère, et en jurant au juge que, s'il ne les mettait en prison, devant moi, je courrais chez le roi, et que je l'instruirais de l'injustice dont son lieutenant criminel se rendait coupable envers moi. — Quand mes adversaires m'entendirent faire tant de bruit, ils commencèrent à baisser de ton : je n'en vociférai que plus fort. Alors la petite catin et sa mère de pleurer, et moi de crier sans relâche au juge : — « Le feu ! le feu ! » — Cet indigne poltron, voyant que la chose n'avait pas tourné comme il l'espérait, prit une gamme plus douce, et se mit à excuser la faiblesse des femmes. A l'instant je reconnus que la victoire me restait dans ce rude assaut, et je me retirai en murmurant et en proférant des menaces. — A coup sûr, j'aurais bien donné cinq cents écus pour n'avoir point comparu. — Dès que je fus sorti de ce guêpier, je remerciai Dieu de tout mon cœur, et je retournai gaiement à mon château avec mes ouvriers.

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