PARIS
f PLANCHER , Libra >] H E z J neuve des Cinq A
l DOxMÈRE , Librair
iire, quai Saint-Miclieî , maison cades^
même maison.
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AYIS DU REDACTEUR.
Il y eiit^ et, dans tous les temps, a dit un pliiîosoplie, il y aura des hommes entreprenans. L'homme porte en lui-même un€ énergie naturelle qui le tourmente, et que le goût , le caprice ou î'ennui tournent vers les tentatives les plus singulières. Il est curieux ; il désire de voir et de s^instruire. La soif des connaissances est moins générale, mais elle est plus impérieuse que celle de For. On va recueillir au loin de quoi dire el de quoi faire parler de soi dans son pays. Ce que le désir de la gloire produit dans l'un, l'impatience de la misère le fait dans un autre. On imagine la fortune plus facile dans les contrées éloignées que proche de soi. On marche beaucoup pour trouver sans fatigue, ce qu'on n'obtiendrait que d'un travail assidu. On voyage par paresse : on cherche des ignorans ou des dupes. Il est dgs êtres maiheu-
( n) reiix, qui se promeltenl de tromper le destin en fuvonl devant lui 5 il y en a d'intrépides qui courent après les dangers. Quelques-uns^ sans coui\nge et sans vertus^ ne peuvent supporter une paii- Tretë, qui les rabaisse dans la société au-dessous de leur condition. Les ruines amenées subitement ou par le jeu ^ ou par la dissipation, ou par des Ciitreprises mal calculées^ en réduisent d'autres à une indigence à laquelle ils sont étrangers , et qu'ils vont cacher au pôle ou sous la ligne. A ces causes, ajoutez toutes celles des émigrations constantes, les vexations des mauvais gouvernemens , Fiîitolérance religieuse ou politique , et la fréquence des peines infamantes, qui poussent le coupable d'une région où il serait obligé de mardi er la tête baissée, dans une région où il puisse effrontément se donner pour un homme de bien, et regarder ses semblables en face.
Une de ces raisons, qui décident Thomme aux voyages ( et sûrement ce n'es-t pas la dernière ) , força Blllaud'V avenues à parcourir, pendant plusieurs années ^l'intérieur de la Nouvelle-Espagne: le lecteur jugera lui-même, en lisant ces nouveaux mémoires, laquelle de ces causes détermina l'exconventionnel à pénétrer dans le Mexique , où ,
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surtout;, nul Français , depuis trois siècles , ne pouvait^^ sous peine de mort, mettre un pied téméraire. Cette terrible loi d^une politique ombrageiLse et égoïste , doit faire présumer que la relation de F un des déporlés du 12 germinal an lïl ^ comporte un intérêt historique et nouveau^ statistique et moral.
Mais comment cet ouvrage est-il tombé entre mes mains? Ancien secrétaire d'un général en chef à Saint-Domingue^ je m'étais retrouvé au Port-au- Prince quand Pétion vivait encore^ quoique attaqué déjà d'une mélancolie si profonde et si singulière , qu'elle le conduisit à mourir d'inanition. Je liai connaissance avec le ci - devant législateur Billaud-Varennes ; il me lut ses mémoires 5 et comme j'avais rédigé ceux du général Hoche ^ il me demanda franchement mon avis sur les siens : je les trouvai^ avec une égale franchise, beaucoup trop longs ^ assez démocratiques, d'un style un peu acerbe , impoli , vagabond , qu'il fallait châtier. Cet ouvrage, tel qu'il était, n'aurait pu être pubhé à Saint-Domingue (*) , et alors je me dis-
(*) Foyez , à ce sujet , dans les dernières notes du second et dernier volume , U lettre «crite à l'éditeur par M. le comle Grégoire.