CHAPITRE XXVÏ
Des spéculateurs littéraires engagent Brissot à traduire Milton. — Il veut associer Marat à ce travail. — Un ouvrage anglais écrit par Marat. — Son indignation à propos d'un éloge de Voltaire. — Motifs de sa haine contre le philosophe de Eerney. — L'article de Voltaire sur le livre de V Homme. — Ressentiment de Laplace contre Brissot, au sujet du dialogue du Sceptique et du Géomètre, — L'abbé Miolan, Letoumeur, Mercier et Charles Pougens chez Marat. — Marat voudrait se lier avec Fourcroy et Lavoisier. — H accuse Lavoisier d'avoir pillé Cavendish. — 'Lavoisier. — Estime de Brissot pour ses talents comme chimiste. — 11 fait moins de cas de ses lumières en politique et en finance. — Il attaque le commissaire du trésor. — Buzot. — M. Devaisnes. — Lavoisier donne le projet des m drailles de Paris. — Lettre de Lavoisier à Brissot, sur sa nomination du commissaire du trésor.
k répoque où je fis la connaissance de Marat, on me fit une proposition qui me tenta. Il existait alors des hommes qui, sans avoir de talent^ faisaient commerce du talent des autres, qui bâtissaient de grandes entreprises, publiant de brillants prospectus, prenant l'argent des souscripteurs, et ne fournissant aucun ouvrage. Une de ces sociétés de spéculateurs annonça une nouvelle traduction de Milton. On me croyait savant dans l'anglais, on me proposa cette traduction, et je consentis à la faire. Je fournis deux chants, et je ne reçus rien. Cependant je voyais des bureaux bien montés, des registres, des quittances de souscriptions, etc. ; mais tout cet appareil n'était que pur charlatanisme; Tentreprise resta là; je ne sais ce que devint l'argent.
J'avais également offert à Marat de s'unir à moi pour la traduction de Milton ; car, malgré les monts d'or qui pleuvaient sur lui, je croyais le servir en lui faisant partager le produit de l'ouvrage dont j'étais chargé. Marat ne s'en occupa point, du moins il ne m'en a jamais rien montré ; mais quand je lui annonçai le triste résultat de mon travail, en l'enga-
géant à arrêter le sien, il eut Tair vivement piqué. Il regrettait beaucoup son temps et ses espérances perdues; enfin, il ne craignit pas de me témoigner du mécontentement d'un accident dont je souffrais seul, au lieu de me savoir gré de l'intention qui m'avait fait aller au-devant de lui pour cet objet *.
telle fut toujours la conduite de Marat à mon égard. Mon chapitre du Préjugé académique Tavait enchanté. J'y défendais ses talents, et je critiquais un de ses rivaux. Voilà comme il aurait toujours fallu me conduire pour lui plaire; c'est à quoi je ne pouvais me soumettre. Je voulais bien le louer, mais je voulais aussi payer aux autres mon tribut d'éloge quand il était mérité. Marat eût préféré, je crois, qu'on gardât le silence sur son compte, plutôt que d'en parler sans rélever au-dessus de tous les savants, de tous les philosophes de son temps. Croirait-on qu'il était indigné d'une page de ma Théorie des lois criminelles, consacrée à l'éloge de Voltaire, de cette page dans laquelle je disais :
« C'est à toi, sublime Voltaire, toi qni soufflant sur ton siècle le feu de ton génie, l'as créé, l'as vivifié ; c'est à toi que l'univers doit le jour pur qui l'éclairé I A ta voix la vérité a repris son flambeau, la raison son essor; l'essaim nombreux des préjugés a disparu, le fanatisme sanguinaire a caché sa tête en lançant son poison contre lui. Ami de l'humanité, père des malheureux, tu déployas ta mÂle éloquence, tu prodiguas tes trésors pour soulager leurs maux, et pour extirper ces atrocités raisonnées qui souillent nos tribunaux criminels. Si l'admiration t'a érigé des statues , la reconnaissance t'a dressé des autels dans tous les cœurs. Chéri pendant ta vie , regretté après ta mort ,
i Marat, qni avait habité TAngleterre, écrivait facilement Tanglais. 11 parait, d'après une note de sa main, qu'indépendamment de The Chaitu^qf Siavery, il est auteur d*mi second ouvrage en cette langue. Cette note était ainsi conçue :
a Marat, oet ardent éorlyain, qui a travaillé dans la politique, la léirûilatioii, la physiologie, la physique, la médecine,- est l'auteur d'un ouTrage peu' connu en France, Intitulé : An EsMoy on a aingular ditease of the etfea, by M' M... M. D. ; ai NiehoU» Su Paula church-jford or William» in the Strand. Un Essai sur une singulière maladie des yeux, par M. Marat , docteur en médecine. Chei NicboUs, an cimetière Saint-Paul, on William% dans le Btra&d. » (M)
admiré partout et dans tons les temps, tu fus moins qu'un dieu sans doate, mais tu fus plus qu'un homme. »
Croirait-on^ dis-je^ que Marat me reprocha un jour de n'avoir pas supprimé cette page, qui semblait une offense à notre amitié^ parce que Voltaire Tavait jadis offensé luimême en attaquant lâchement et platement un de ses ouvrages?
Cet ouvrage était, comme je l'ai dit^ le livre intitulé : De r Homme, ou des principes et des lois de l'influence de tâme sur le corpsi et du corps sur Vâme. Il n'y avait point de lâcheté à Voltaire de défendre Helvétius alors opprimé^ et on ne trouvera peut-être de plat dans son article que les citations qu'il empruntait au Ûvre de Marat pour le critiquer. Par exemple^ lorsque Marat dit que la pensée fait vivre l'homme dans le passée le présent et l'avenir, Télève au-dessus des objets sensibles, le transporte dans les champs immenses de l'imagination, étend pour ainsi dire à ses yeux les bornes de l'univers, lui découvre de nouveaux mondes, et le fadt jouir du néant même , Voltaire répond à ce galimatias en le félicitant de jouir du néant. « C'est un gi^and empire, ajoutc-t-il, régnez-y, mais insultez un peu moins ceux qui sont quelque chose. » Marat Tenait de traiter les Locke, les Malebranchc, les Condillac «d'hommes orgueilleusement ignorants, d'esprits bornés, fermés à l'évidence pour ne rien voir au-dessus de leur capacité. it Voltaire remarqué qu'on pouvait établir un système contraire au leur sans les injurier, parce que des injures ne sont des raisons ni en physique, ni en métaphysique.
Après avoir prouvé que l'homme a une âme et une volonté, Marat parle d'observations curieuses sur nos sensations et nos svntUnents ; ces observations curieuses sentie spectacle d'une tempête, de la mer en fureur, du ciel en feu, du mugissement des eaux et des vents déchaînés ; puis c'est le tableau d'une belle campagne que le soleil éclaire de ses derniers rayons à la fm d'une journée sereine. Bien dans tout cela ne paraît à Voltaire neuf et bien placé. A ces observations curieuses, Marat en joint d'autres sur la vraie force d'âme ; il refuse
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cette force « à ce bouillant Achille^ à ce furieux Alexandre^ à cet au*lore Caton », oubliant qu'il a vanté plus haut Tintrépidité de ces héros. Voltaire se borne à faire observer « que si monsieur le docteur en médecine se contredit ainsi dans ses consultations, il ne sera pas souvent appelé par ses confrères. » Je vols bien dans tout cela du persiflage, et une malignité à faire ressortir les défauts de l'ouvrage qu'il attaque, mais je n'y trouve ni platitude ni lâcheté. Peut-être, au reste, la sévérité de Voltaire avait-^lle été provoquée autant par son amitié pour Helvétius que par sa haine contre Rousseau. Marat terminait son livre par une magnifique invocation à l'auteur d'Emile, a Prête-moi ta plume, disait-il, prêtemoi ton talent enchanteur, prête-moi tes accents sublimes. » Voltaire ajoutait : a avec lesquels tu as enseigné à tous les princes qu^ils doivent épouser la fille du bourreau si elle leur convient, et que Vhonneur joint à la prudence est d'assassmer son ennemi, au lieu de se battre avec lui comme un sot. » Heureusement pour Thonneur de Voltaire qu'il avait terminé sa carrière avant la révolution ; Marat Teût fait passer pour un aristocrate et un modéré. Il est vrai que Voltaire n'aimait ni les égorgeurs ni les bourreaux.
J'avais failli me faire un ennemi mortel de Laplace en imprimant notre conversation. Mon panégyrique d'un homme doué de quelques talents, et que je trouvais injuste de traiter d'imbécile, m'avait fait passer aux yeux du géomètre pour une tête exaltée, et qui n'entendait rien à la logique et aux sciences. Nous fûmes quelques années sans nous parler; Mentelle opéra enfin notre réconciliation. Laplace me donna depuis des marques de son estime ; son opinion sur mon compte avait changé, je lui laissai celle qu'il s'était formée sur Marat, auquel il ne pardonnait pas son mépris pour New^ton. Marat, de son côté, ne lui pardonnait pas son mépris pour lui-même.
C'était principalement contre les hommes qui suivaient 1^ même carnère que Marat nourrissait une haine profonde. Cependant il faisait secrètement tous ses efforts pour s*en rapprocher, et je m'efforçais alors <l<j lui donner toutes mes
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connaissances^ de» répandre sa réputation et comme médecin et comme physicien. C'est une connaissance dont plusieurs de mes amis n'ont pas dû, par la suite, me savoir beaucoup de gré. Ainsi je lui amenai Chambon^ Yillar, l'abbé Miolan, Letoumeur, traducteur de Shakespeare, que j'avais rencontré chez Mercier, et Mercier lui-même, qui depuis' se cachait en le voyant. Je me rappelle que Mercier, qui avait suivi ses ordonnances, me disait un jour qu'il s'en trouvait bien, mais qu'il se serait encore trouvé mieux de s'en passer; et depuis, il ne lui en a pas redemandé.
Marat Toulait aussi que je le misse en rapport avec Fourcroy, auquel il se croyait trop supérieur en mérite pour le craindre ou l'envier. Fourcroy avait pourtant déjà commencé sa belle réputation, malgré les petitesses et les jalousies de l'académie de médecine, qui avait failli l'arrêter dans ses travaux en lui refusant des titres qu*il fut forcé d'acheter. Ses cours attiraient la foule. Autant Marat éprouvait de difficulté à s'exprimer, autant il mettait d'hésitation, d'incohérence et d'âpreté dans ses leçons, autant Fourcroy y déployait de netteté, d'élégance, de facilité. Son organe était pur, agréable comme son langage; il mettait la science à la portée de tout le monde, et les gens les moins instruits et les moins disposés à s'instruire trouvaient encore du plaisir à l'entendre.
Je me rappelai la comédie de Marat chez le physicien Charles, homme honorable qui a participé à l'honneur de la découverte des ballons de Montgolfier en construisant Taérostat dont on se servit pour les fameuses expériences de ces ballons, et qui, par ordre du dernier roi, vit graver son nom à côté de celui des frères Montgolfier dans la médaille consa-crée à la mémoire de leur invention. Je me gardai bien, je l'avoue, de proposer à Fourcroy de se lier avec un savant aussi terrible et aussi chatouilleux que Marat, et qui menaçait ses contradicteurs de les tuer *. Malgré sa haine contre
^ ^rissot ne semble indiquor ici ponr la seconde fols qu'une proyocation de dael, nne fanfaronnade de Marat. Et c'est là sans donte tonte la yérlté. Cepen< <Uat on a raconté que, cherchant à se procurer par la scandale une célébrité qu'il ne
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les fermiers généraux et les académiciens^ il voulait aussi que je le conduisisse chez Lavoisier. Je le refusai nettement^ lui disant que je connaissais à peine ce chimiste illustre, qu'il était l'ami de Mentelle et non le mien, et que Mentelle même n'était pas assez lié avec lui pour lui présenter un étranger. Marat ne me crut point. Je lui disais pourtant la vérité. Je n'avais alors jamais vu Lavoisier; j'estimais ses ouvrages et son ardeur pour les sciences ; mais je n'étais point assez savant pour aller aux .^unions qui se tenaient chez lui, où Ton ne voyait que des savants distingués; et il n'entrait pas dans mon caractère de me présenter comme homme du monde dans son salon. Puisque je n'avais point de relations d'amitié avec Lavoisier, Marat en conclut que je devais me montrer son ennemi, et il me ut passer un article contre lui dans lequel il prétendait que Tacadémicien s'était injustement approprié les découvertes faites par Cavendish. Je n'avais point les ouvrages de Lavoisier sous les yeux, et ne pouvais apprécier l'accusation; mais je voulus que Lavoisier lui-même en fût.le juge. 11 démontra l'injustice de cette accusation en prouvant qu'il avait toujours cité ceux auxquels il avait emprunté quelque chose. On n'avait pas toujours eu même attention à son égard, disait-il à ce sujet à Mentelle,. auquel il racontait qu'on avait donné comme neuves, en 1779, des expériences et des théories qu'il avait communiquées à TAcadémie des sciences dès i777. Ces communications étaient relatives à la décou-
poavait obtenir par le talent, Marat avait un jour inteipellé le physicien CSharles an miliea de son ooiorg, et qn'U avait porté la folie jnsqn'à forcer cet homme paisible à tixer l'épée dans le lien même où il donnait ses leçons. On a même ajouté que œ combat n'ayait en de snites fmiestes qne pom: le proTooatenr, auquel Charles avait allongé un coup d'épée à traTan la caisse. J'aTone que ce combat au miliea d'un cours pnbUo mé parait bien peu yraisemblable. Qu'un homme exaspéré, comme Marat, ait injurié, provoqué im savant dont il connaissait le caractère pacifique, je le conçois. Mais que celui-ci ait répondu à cette provocation en tirant l'épée, et surtout qu'à la vue de cetteépée nue, Marat, qni de sa vie ne fit preuve que de lâcheté^ n'ait pas aussitôt senti son oonzage if évanouir, voilà ce que je ne pais concevoir. Charles était membre de l'ancien Institut, et professeur au Conservatoire des arts et métiers. U est mort en 1828 (M.) Sa seconde femme, qu'il avait épousée dans sa vieillesse, fut YElvire de Lamartine.
Tertc de la décomposition de l'eau ; et on ne pouvait les lui ^ontCBter^ car Lavoisicr avait pris la précaution de les faire parapher à leur date par le secrétaire. Je ne sais si le fait est connu.
Lavoisier, auquel je croyais avoir ainsi donné des preuves de mon estime et de ma déférence comme chimiste^ m'a depuis regardé comme un de ses ennemis. Il est vrai que je ne faisais aucun cas de ses connaissances administratives et tinanciëres, ou plutôt que je le considérais comme appartenant à une classe naturellement opposée à l'intérêt public. Je n'applaudis point à sa nomination de député-suppléant à l'Assemblée nationale, et encore moins à celle d'administrateur de la trésorerie. Lavoisier, fermier général et président de cette caisse d'escompte dont les chefs ont longtemps cherché à s'emparer des finances de l'État, et qui, dans l'intérêt de leurs billets, avaient tous écrit contre les assignats, me semblait aussi déplacé pour régir le trésor national que pour voter librement contre les mmistres auxquels il était subordonné. J'attaquai sa nomination, et bien plus vivement encore celles de Devaines, de Rouilli et d'Huber qu'on lui avait associés. Je n'épargnai que Dutremblay, honnête et laborieux maître des comptes, esprit net et exercé, et Condorcet, à qui je fis mes condoléances de se trouver en compagnie d'un imbécile incapable d'idées, d'un Suisse, banqueroutier à Londres, agioteur à Paris, et d'un ancien commis, distributeur de lettres de cachet contre ceux qui avaient attaqué ses déprédations, ami de Turgot qu'il avait perdu, et ennemi de la révolution qu'il voulait perdre.
Il y avait dans la réunion des six commissaires du trésor un plan qui ne devait pas échapper aux esprits les moins prévenus. De Lessart, obligé de se dessaisir d'une partie de sa puissance, n'avait voulu la confier qu'à des gens sur les opinions et les intérêts desquels il pouvait compter. Les combats que je livrai contre cette mesure ne firent qu'éveiller l'attention. Buzot, à qui j'avais communiqué mes idées, les soumit à l'Assemblée nationale. Chacun voulut se justifier et prouver à la fois qu'il était habile, patriote et désintéressé.
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Hubf.r fut confondu par Glavières ; le choix de cet homme était indigne et maladroit^ et il empêchait que les autres passassent inaperçus. Devaines vint chez moi plaider sa cause, il m'envoya un petit écrit qu'il avait publié en faveur du liers état, et où les bons principes étaient soutenus. Devaines, qui pouvait se vanter d'avoir la femme la plus aristocrate et la plus spirituelle en aristocratie qui ait eiisté, ne voulait point paraître ennemi de la révolution ; sa femme seule l'avait en horreur, et elle s'était déjà retirée en Suisse, dans la crainte de se laisser gagner par les opinions qui dominaient en France *.
On attribuait à Lavoisier le projet de murailles pour Paris, projet exécuté à notre honte, au déshonneur de l'architecte et du bon goût, et au profit seul de certains entrepreneurs qui s'y sont enrichis. Si le fait est vrai, il accusait les lumières et le patriotisme de Lavoisier ; car, sous prétexte que le despotisme régnait, il n'était pas autorisé à fabriquer des menotte3, des mentonnières et des geôles pour ses s(3mblablés. De plus, il était fermier général; était-ce à ce titre qu'il fallait espérer en lui un restaurateur des libertés du peuple et de ses finances? Collègue de Lavoisier à la Société dès Amis des Noirs, j'aurais voulu n'avoir qu'à le louer : je lui trouvais des formes prévenantes, un esprit aimable, et un nom justement célèbre dans les sciences. Je soutiendrai son système ingénieux surVatr/^ur; j'aime la manière dont il explique tous les phénomènes que Stahl et les Anglais ne peuvent résoudre qu'à l'aide de leur phlogistique imaginaire, que Fourcroy détruit avec tant de force. Mais comme il serait trèsridicule de mettre à la tète d'une école de chimie un Colbert ou un Davenan, il ne semblerait pas moins étrange d'aller chercher un ministre des finances au milieu des fourneaux de son laboratoire, à moins que ce chimiste n'eût fait ses
1 Deraines était premier commis des finances sons le ministère de Tnrgot. n est mort en 1808, conseiUer d'État et membre de Tlnstltnt, où U fat remplacé par Pamy. M. Oarat rante beaucoup son esprit, Taisance de ses manières, le charme des réunions dont sa maison était le centre, et où l'on rencontrait ks gens dn monde et les Uttératears les pins distingtiés. (M.)
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preuves en finances. Or, quelles étaient les preuves de La- Yoisierî
En attaquant vivement les autres, en attaquant même rbonnête et pur Condorcet, je n'avais parlé de Lavoisier qu'avec le ménagement que je voulais montrer pour son caractère personnel. Je vis par une lettre qu'il m'écrivit combien ma franchise lui avait paru dure ; mais nous n'aurions pas été dignes de la liberté si nous avions eu les uns pour les autres une molle indulgence, et si nous avions sacrifié à de petites considérations les grands intérêts du peuple.