‹ Mémoires de Canler, ancien chef du Service de sûretéChapitre 10 sur 76 · LES AGENTS PROVOCATEURS · texte numérisé non relu

LES AGENTS PROVOCATEURS

petit frère qui casse tout ce qu'il a ! Je le dirai à maman, moi!

Je fus indigné de cette perfide méchanceté et de cette hypocrisie dans un âge aussi tendre. C'était à mes yeux un déplorable présage pour l'âge mûr. Le cours de mes réflexions m'amena à me représenter !es conséquences qu'acceptent ces natures perverses quand elles appliquent leurs mauvais instincts, leur duplicité aux questions politiques. Mes pensées se trouvèrent naturellement apportées à l'époque de la Restauration, où j'eus occasion de voir de près les machinations enfantées par une aveugle réaction, ayant pour aide la cupidité et la bassesse de satellites toujours prêts, dans tous les temps, à servir toutes les rancunes.

ADieune plaise que je prétende que tous les personnages d'alors aient été animés du même esprit; mais les caractères honorables et élevés, éprouvés par l'adversité et dignes du respect général, ne furent malheureusement pas en majorité; et comme il est notoire qu'à forces égales même, les honnêtes gens ont toujours le dessous avec les mauvaises passions, il en résulta que la domination fut le partage des ultras, qui prétendaient être plus royalistes que le roi, et regardaient la France comme un pays conquis ou comme un territoire dont les habitants n'étaient que d'anciens vassaux rebelles et vaincus.

Sous l'influence de cet esprit réactionnaire, la police fut plus que jamais détournée de son but naturel, et fut presque uniquement consacrée à satisfaire les

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-. aliments on à servir les calculs de la coterie qai perdit Les Bourbons.

La provocation, cette arme peride el ignoble qui engendre de Légitime* colères en faisan! des victimes, lui érigée en système permanent, soil pour créer un -.•niMant de légitimité à des lois restrictives qu'il - a- m ni d'extorquer à la bo une foi du monarque, soit pour s'enquérir <»u se venger des opinions individuelles ou de celles des masses.

< >n envoya dans le midi deux agents de poil premier, ancien militaire <l«- L'Empire, Le deuxii me, ex-forgeron : Lis avaienl pour mission de vendre ostensiblement, celui-là des images, celui-ci des bustes • •n plâtre des membres de la Camille royale; i!- possédaient en outre au fond de Leur balle de colporteur des gravures «•! de petites statuettes en plomb représentanl L'empereur et offertes en cachette aux amateurs.

Quelque imprudent se Laissait-il prendre à cette •r de contrebande politique, les deux agents qui étaient munis de bons passeports el de Lettres d< recommandation toutes spéciales, afin <ju.' Les auto- - locales Leur prétassent aide et protection, dénonçaient immédiatement Le délinquant. Visite domiciliaire avait lieu el amenait inévitablement La saisie de L'objet prohibé et l'arrestation du détenteur qui lit bien vite devant Les tribunaux.

\ Paris, !•! provocation se faisait de différentes manières.

De bravas ouvriers, attirés dans Les cabarets, pai

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