‹ Mémoires de Canler, ancien chef du Service de sûretéChapitre 50 sur 76 · DU ENLÈVEMENT · texte numérisé non relu

DU ENLÈVEMENT

en brigade, je montai avec madame D*" dan- La chaise de poste, puis nous partîmes pour la capitale, où je réintégrai ma jolie prisonnière dans le domicile conjugal. Alors, le mari envoya 250 francs à V*** afin qu'il pût revenir en poste; et, à l'arrivée du séducteur, M. D***, voulant éviter tout scandale, retira sa plainte et appela Y*** en duel; mais, par un contraste ass fréquent dans les turpitudes du genre humain, ce Lovelace, qui près des femmes, affectait des sentiments assez nobles et assez généreux pour s'en faire aimer, refusa l'appel du mari, et quelques mois après, il fît parvenir à madame D*** une lettre dans laquelle il lui proposait d'empoisonner son mari et se chargeait de lui fournir le poison nécessaire pour accomplir ce crime abominable !

Effrayée d'une telle monstruosité, l'épouse repentante alla en pleurant se jeter dans les bras de son mari et lui remit la lettre qu'elle venait de recevoir; R Lssuré sur les sentiments de sa femme. M. D*** pardonna. Quant à la proposition criminelle dont il avait la preuve, il la transmit à la justice. V*** fut de nouveau arrêté, et relaxé après quelques mois de prévention ; alors il envoya un cartel à M. D***. Celui-ci refusa de se battre, les circonstances n'étant plus les mêmes.

Page 1