HO MÉMOIRES DE CAMLBR
L'avortemenl de la duchesse par fa peurqae lui causer lit la détonation.
IJnc fois 1-' projel arrêté; on se mit à l'œuvre ; Bouton et Gravier s'étaient chargés d'acheter la poudre • •I de fabriquer L'instrument nécessaire à la perpétration du crime.
Mais cea deux hommes ne tardèrent pas à éprouver des craintes, des scrupules et même des remords : L'action qu'ils avaient préméditée leur apparut dans toute son horreur, le crimequ'ils devaient commettre les effraya, et bientôt l'aflaire traîna en longueur; peutêtre même aurait-elle «Hé entièrement abandonnée si, parmi les trois conjurés, il n'y avait pas eu un Judas, qui déjà avait vendu le sang de ses complices.
L*** était depuis quelque temps en relation directe avec l'officier de paix H i voir.-, près duquel il se rendait tous les jours à la préfecture, dan- la salle même où se réunissaient tous les officiers de paix el les inspecteurs pour recevoir leurs ordres de service. L*** était parfaitement connu de ton- les agents, chacun savait pourquoi il venait, mais jusqu'alors il avait l'adresse de ne pas faire connaître ceux qu'il trahissait, en promettant de 1rs livrer au moment où il.- commettraient leur forfait.
Chaque jour, Boulon el Gravier recevaient la visite de Leur faux frère et chaque .juin- celui-ci les pressai!
• I.- mettre la dernière main à la confection des deux
pétards. Lorsqu'ils furent terminés, L*** et Gravier,
dan- la nuit du 29 avril Se rendirent aux abords 'le-
DEUX PÉTARDS AUX TUILERIES il- !
Tuileries et firent partir le premier pétard sans que le résultat eût aucune suite fâcheuse, Bouton et Gravier avaient été tellement émus par cette criminelle tentative qu'ils étaient décidés à ne pas donner suite à leurs coupables projets, mais L*** leur ayant reproché leur lâcheté et leur couardise, ses deux dupes se laissèrent endoctriner par ce fourbe et il fut décidé qu'ils mettraient le feu au second pétard dans la nuit du 6 mai.
A l'heure fixée, L*** accompagna Gravier jusqu'au guichet des Tuileries, côté de la rue de Rivoli: mais arrivé là, il le laissa aller seul et se retira à l'écart; l'officier de paix Rivoire, ainsi qu'il avait été convenu à l'avance avec L***. se trouvait posté en embuscade à proximité avec les agents David, Gannat.Mazières et Lambquin. Au moment où Gravier se baissait pour déposer le pétard, Rivoire <>t ses agents se précipitèrent sur lui et le saisirent.
Bouton fut arrêté peu de jours après.
A la suite de cette double arrestation, on vit L.,. revenir à la préfecture pendant plusieurs jours, comme si, dans ces murs qu'il côtoyait, deux hommes ne s'y trouvaient pas, par son fait, sous une inculpation qui pouvait entraîner la peine capitale!
Dans leurs interrogatoires , Gravier et Bouton avaient parlé de leurcomplice; la police, qui voulait soustraire celui-ci à la justice, le fit partir pour la Hollande où il alla dépenser l'argent que sa provocation lui avait valu. Quant à Gravier et Bouton, ils furent condamnés à la peine de mort: mais la du-
I ■ -' MKMûlRKS DE CAMLBR
chesse de Berry écrivit au roi, son oncle, la lettre suivante :
Mon cher oncle,
G imme j'1 ne puis voir le roi aujourd'hui, je lui écris pour lui demander la grâce de deux malheureux qui "ut été condamnés à mort, hier, pour tentative contre ma personne.
Je serais au désespoir qu'il pût y avoir des Pran-
• qui mourussent pour moi. L'ange que je pleure
demandait en mourant la grâce de son meurtrier, il
i L'arbitre de ma rie; me permettrez-vous, mon oncle, <lc 1 imiter et de supplier Votre Majesté d'accorder la grâce de la \i«' à ces deux infortuné -
L'auguste exemple du roi nous a habitués à la clémence; daignera-t-il permettre que les premiers instants de l'existence de mon Henri, de mon cher fils, du vôtre, du fils de France, soient marqués par l<- pardon?
Excusez, mon cher oncle, la liberté que j'ose prendre de vous ouvrir mon cœur; dans toutes les occasions, votre indulgente bonté m'3 a encourag
le supplie le roi d excuser m 1 b et de
croire au respecl aussi profond que les sentiments avec lesquels je suis
de Votre Majesté, la 1res humble, très obéiss inte et très soumise ni
OLINE.