‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 103 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Il y eut un moment de confusion inexprimable. Chacun semblait avoir perdu la tête.

Quelques-uns des arrivants pénétrèrent jusqu'à mon cabinet et m’annoncèrent la nomination d'un nouveau gouvernement :

— Vous en faites partie, ajoutait-on, venez vous montrer au peuple !

— Je suis ici comme préfet de police, leur répondis-je; lorsque je recevrai des ordres d’un pouvoir constitué, je verrai ce que j’aurai à faire ; pour l’instant, retirez-vous.

Je cherchai à descendre dans la cour pour rétablir l’ordre. J’avais pris mon écharpe et mon sabre, et faisais en ce moment un triste soldat. Sur l’escalier encombré de gens demandant des armes, l’un d’eux montra la porte d une salle qui servait d’arsenal, et s’écria :

— Il y a des fusils ici !

— Si vous redites un mot, je vous passe mon sabre au travers du corps, lui fis-je.

Il se tut, et, à l’aide de la garde républicaine, la préfecture étant évacuée, je donnai l’ordre que, sous aucun prétexte, personne ne fût admis s’il n’appartenait à la maison.

Par ce moyen, je préservai la préfecture, qui resta sur le pied de guerre, toute la nuit. Les pompiers et les gardiens de Paris avaient

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