DEUXIÈME PARTIE
— Je ne le pense pas, lui répondis-je ; peutêtre avait-on contre Saisset des motifs qui n’existent pas contre nous.
Je fus alors appelé à entrer au conseil, où se trouvaient alors quelques ministres et plusieurs sous-secrétaires d’État.
Le citoyen Garnier-Pagès prit la parole et médit que les membres de l’Assemblée nationale, offensés dans la dignité de leurs fonctions, en attribuaient la responsabilité au commandant de la garde nationale et au préfet de police, dont ils demandaient la destitution.
Je dus faire alors énergiquement l’énumération des services que je croyais avoir rendus à la république, depuis près de trois mois ; passant presque toutes les nuits au travail, et ne cessant de donner des avis, soit sur l’intérieur de Paris, soit sur les départements.
— J’en appelle, dis-je, au citoyen Ledru- Rollin ; l’avez-vous donc révoqué aussi, lui, que je ne l’aperçois pas ?
Il se montra en ce moment; il s’était tenu jusque-là dans une encoignure, le dos tourné, ce qui l’avait rendu invisible pour moi.
J’entrai dans les détails de la fausse position à laquelle on m’avait réduit en m’éloignant des affaires.