DEUXIÈME PARTIE
lorsque M. Lamartine me demanda à m’accompagner dans ma voiture. Chemin faisant :
— Avez-vous bien donné votre démission ?
me dit-il.
— Sans doute, répondis-je.
— C’est que ces messieurs ne l’ont pas compris ainsi-
— Je sais qu’ils seront heureux de ma retraite. Je vais leur donner cette joie aussitôt que je serai rentré.
Il me parla alors de nécessités gouvernementales, et de la garde nationale, qui était indisposée contre la garde de la préfecture.
— On a semé la calomnie, lui répliquai-je.
Quoi qu’il en soit, faites retirer les masses, et je réponds que tout se passera avec calme. Il ne sera point dit que celui qui a été préposé pour maintenir l’ordre est devenu une cause de désordre.
Il me quitta à l’entrée du pont Marie, et fut entouré d’une quantité de gardes nationaux, qui le pressèrent tellement aux cris de «Vive Lamartine? vive l’Assemblée nationale ! » qu’il manqua être étoulîé, et se retira un instant chez un imprimeur pour reprendre haleine.
Cependant la voiture qui me ramenait à la préfecture ne pouvait plus avancer au milieu