‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 119 sur 209 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

— Vous m’accusez, me dit-il, moi qui vous ai défendu !

— Je ne vous ai point accusé, répondis-je, j’ai simplement raconté les faits : vous ne voulez rien organiser, et vous me faites assiéger !

M. Garnier-Pagès dit alors :

— C’est que, voyez-vous, les montagnards effrayent; la préfecture est suspecte... Vous avez donc donné votre démission à l’Assemblée?

— Non, point officiellement. Du reste, je me rends à la préfecture ; mes paquets seront bientôt prêts. Vous recevrez tout à l’heure de mes nouvelles !

J’en avais assez de toutes les allures tortueuses employées à mon égard.

Depuis quelques jours, je jugeais la position intenable. Le ministre de l’intérieur, M. Recurt, auquel j’avais demandé une audience qu’il m’avait accordée pour le lendemain de sa nomination, ne s’était point trouvé au rendez-vous. La marche réactionnaire que je voyais adopter de jour en jour me contrariait fortement. J’étais trop démocrate pour garder la position comme on l’entendait.

Je me retirais donc avec la ferme volonté d’envoyer au pouvoir ma démission écrite,

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