‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 139 sur 209 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

nistration. Je n’avais d’ailleurs conservé avec lui que des relations de bonne camaraderie. 11 venait de faire un héritage et il avait destiné une somme de 20,000 francs à la propagande républicaine.

Ce fut avec une partie de cet argent et avec les rentrées que lui procurait la vente de son journal, qu’il put subvenir aux dépenses de sa maison.

Il avait un esprit de prévision très-juste sur les allures des hommes de l’ancien régime ; ce •qui le poussa sans doute à prendre chez lui les mesures d’armement qui le désignèrent plus tard à la vindicte de ses ennemis. Le désir d’accroître son importance y entra peut-être aussi pour quelque chose.

Quoi qu’il en soit, et malgré les dénégations de M. Lamartine, dont la mémoire a pu faire défaut, il apporta à la préfecture , vers la fin de mars, une lettre du ministre des affaires étrangères, m’enjoignant de délivrer des armes et des cartouches. Sobrier, sachant bien qu’à cette époque le service de la préfecture manquait d’armes, dit :

— Vous voyez qu’en s’adressant à Dieu, on obtient plus qu’en s’adressant à ses saints : Je quitte M. Lamartine et il m’a remis cette Iet-

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