‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 144 sur 209 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

nées royalistes, et le nom de Sobrier se trouvait toujours au bas d’affiches trop épicées pour le palais de bien des gens. Il était donc l’objet de récriminations sans fin de la part des trembleurs. Aussi, se vengèrent-ils plus tard de leurs alarmes.

La veille du 45 mai, Sobrier vint me voir.

J’étais au lit, très-souffrant d’une luxation au genou, et en outre, je puis le dire, livré à de bien tristes pressentiments ! Monier et Bobe, tous deux secrétaires à la préfecture, étaient auprès de moi. Sobrier me reprocha de n’avoir point encore vu que la réaction voulait nous désarmer. Après quelques propos échangés, il me dit qu’il se rendrait à la manifestation du lendemain ; que tout s’y passerait avec ordre ; que lui et les siens n’avaient que des intentions pacifiques ; qu’il s’agissait seulement de prouver à l’Assemblée que le vœu du peuple était pour l’intervention en faveur de la Pologne.

Je lui fis comprendre, ainsi qu’à d’autres que je reçus dans la soirée, l’immense responsabilité qui pèserait sur les chefs de la démonstration, si quelques désordres imprévus venaient en altérer le caractère.

Il me quitta, en me réitérant des promesses tout à fait rassurantes.

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