‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 145 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Le lendemain, il fut un de ceux qui pénétrèrent dans la salle et il fut remarqué auprès du président. Ses intentions avaient-elles changé, ou bien se trouvait-il là, poussé par le flot populaire ? c’est ce qu’il ne m’appartient point de décider.

On a déposé qu’il s’était rendu au ministère de l’intérieur avec une quarantaine de citoyens, après la scène de l’Assemblée. Plusieurs d’entre eux arrivèrent presque jusqu’au cabinet de M. Recurt, alors ministre, et annonçant que le peuple venait de dissoudre l’Assemblée et de changer les membres du gouvernement, ils s’emparèrent des sceaux, et semblèrent vouloir prendre possession du ministère.

Mon secrétaire général, Monter, par suite de mon indisposition, me remplaçait en ce moment auprès du ministre, qui dictait un ordre d’arrestation contre Blanqui, Lacambre et Flotte. A la nouvelle de l’entrée des envahisseurs, M. Recurt sc troubla et fit déchirer l’ordre d’arrestation avant de se retirer. Cependant Sobrier, croyant que tout était terminé, et oubliant ce précepte, qu’en révolution les hommes d’avant-garde ne peuvent s’arrêter qu’à leur mort, était allé se rafraîchir dans un

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