‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 16 sur 209 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Il est à remarquer que pendant tout ce temps-là, une cinquantaine d’individus, apostés vers les marches de l’hôtel de ville, ne cessèrent de crier : « Vive la république ! à bas les communistes! >• cri plus ou moins répété par les gardes nationaux, et qui semblait une incrimination provoquante adressée aux ouvriers. Cette manœuvre, dont on attribue les honneurs de l’invention au citoyen Marrast, produisit son effet; elle scinda le peuple en deux camps, et ranima les haines apaisées, en apparence, avant cette malencontreuse journée. Et tandis qu’on criait ainsi : « A bas les communistes ! » le cortège, en passant, répondait : « Vive la république démocratique ! vive Louis Blanc ! vive Ledru-llollin ! »

M. Garnier-Pagès, qui a toujours eu une passion malheureuse pour la popularité , se glissa alors entre ses deux collègues acclamés par le peuple, et s’empara du bras de Ledru- Rollin. Celui-ci fit un geste pour le repousser : — Comment, mon bon, vous me refusez le bras? lui dit Garnier-Pagès.

— Si vous me tendiez plus souvent la main au conseil, répliqua Ledru-ltollin, vous auriez mieux le droit de me prendre le bras en public.

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