DEUXIÈME PARTIE
avait attiré l’attention du pouvoir sur les projets ambitieux de ce prétendant ; sa correspondance, lue à l’Assemblée, n’était pas franche d’allures; on y voyait clairement qu’il n’acceptait la république que comme contraint par les événements.
L’homme de l’aigle existait toujours.
L’Assemblée nationale aurait dû immédiatement l’admettre dans son sein; la partie intelligente de la nation voyant la nullité du prince, ne s’en serait plus inquiétée, tandis que l’espèce de persécution attachée au nom impérial le grandissait auprès des gens superficiels , auxquels il faut absolument un maître pour les flageller.
Le danger était visible , du moment qu’on entrait en lutte avec un prétendant ; aussi, les 10 et 15 juin, beaucoup de curieux stationnaient-ils près de l’Assemblée, pour voir arriver Louis Bonaparte.
M. Bonaparte ne parut point.
Néanmoins, les meneurs de son parti avaient organisé partout une active propagande en sa faveur : on parlait de l’oncle mort, de sa gloire militaire, de son génie universel.
Le 12 juin, une espèce d’émeute eut lieu aux alentours de l’Assemblée nationale.