‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 172 sur 209 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

qu’une grande partie des ouvriers allait être envoyée en Sologne, pour y combler des marais et y défricher des terrains.

La nature du sol de la Sologne engendre des lièvres qui déciment la population.

Les ateliers prétendirent qu’on voulait les employer là pour s’en débarrasser, à l’instar du gouvernement de juillet, qui avait expédié les patriotes en Algérie ; ils pensaient aussi que pendant leur absence les réactionnaires tenteraient de rétablir le gouvernement monarchique.

Toutes ces rumeurs éparses dans leur sein commencèrent à les agiter. D’autre part, la morte saison des affaires continuait; les fabriques occupaient peu de monde; l’inactivité générale laissait aux ouvriers le temps de se livrer aux causeries politiques; la misère était grande chez le peuple, et l’amenait tous les soirs sur les boulevards et sur les places publiques, où ils formaient ce qu’on ajustement appelé les clubs du désespoir.

Ces clubs ou attroupements avaient leur principal siège entre les portes Saint-Denis et Saint-Martin.

On y voyait souvent des hommes affublés d’une blouse, comme déguisement, venir y

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