‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 171 sur 209 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

auprès d’eux, et fut pour ainsi dire retenu pendant deux heures. Il attermoya les choses, et ne satisfit personne dans ses conclusions hypocrites.

Les réactionnaires de l'Assemblée nationale

avaient cependant toujours l’air de croire que la commission voulait conserver les ateliers comme une menace, tandis que celle-ci n ‘était préoccupée que des moyens de dispersion.

La bourgeoisie avait été longuement effrayée de la composition supposée des ateliers nationaux. Ainsi, à entendre certains organes réactionnaires, sur cent vingt mille ouvriers qui en faisaient partie, il y avait un tiers de forçats libérés, un tiers de paresseux et d’incapables, et le reste de demi-honnêtes gens, c’est-à-dire d’individus ne valant pas grand’chose, et dont on avait à se défier.

De leur côté, les ateliers, froissés et indignés de ces attaques incessantes qui tendaient à la provocation, protestaient de toutes leurs forces par la voie des journaux.

Jusque-là, leur attitude avait été calme et inoffensive. Quoique les plus intelligents comprissent bien l’inopportunité de certains travaux, ils s’y soumettaient cependant, sous peine de manquer de pain. On annonça alors

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