‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 184 sur 209 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

un sacirr , ou juron énergique, ne put être entièrement contenu. L'indignation m'avait fait sortir des bornes parlementaires ! je n’étais plus maître de mes paroles ; ainsi je dis, entre autres choses qui ont été mal interprétées :

— Vous avez mis Paris en état de siège, vous avez bien fait !

Ceux qui comprirent le sens que j’attachais à ces paroles, virent bien que je n’entendais point féliciter le pouvoir de cet acte dont j’avais redouté le vandalisme.

La veille, j’avais lutté de toutes mes forces contre l’état de siège, que je regardais comme un précédent désastreux !...

Le sang avait enfin cessé de couler. La délation et les proscriptions allaient faire leur office. Douze mille citoyens devaient être casematés sous l’égide protectrice du gouvernement de la fraternité !...

La victoire de la réaction en ces fatales journées eut pour résultats : l’état de siège, les commissions militaires et la loi de transportation ; la commission d’enquête ; le désarmement des ouvriers, la fermeture des clubs et la suspension des journaux populaires ; en un mot, la violation de toutes les libertés et le despotisme de la force.

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