‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 183 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

leurs instances aux miennes, le général Cavaignac se mit à rédiger une proclamation.

Lorsqu’il en fît lecture, M. Degousée répliqua vivement qu’il ne fallait « point de concession avec des rebelles et des assassins; » il paraissait ivre de colère, et insista tellement que la proclamation fut modifiée par des expressions moins fraternelles !...

Le lundi l’insurrection était vaincue. Le peuple du faubourg Saint -Antoine cessa le feu pour éviter de plus grands désastres.

Je ne parlerai point des honneurs rendus aux gardes mobiles apportant des drapeaux.

Toutes ces choses me paraissent si tristes que je laisse à d’autres le soin de les détailler.

L’Assemblée s’occupa aussitôt d’une loi de répression ou de transportation. Les divers propos que j’avais entendu tenir depuis vingtquatre heures de succès, et la joie que je voyais rayonner sur les figures réactionnaires, me poussèrent à prendre la parole pour intercéder en faveur des vaincus ; car on racontait bien des violences commises, et on craignait de funestes vengeances.

Vingt fois je voulus parler; mais, chaque fois, je fus interrompu par des clameurs furieuses. Après, la colère s’empara de moi :

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