DEUXIÈME PARTIE
ques paroles de lui qui avaient fait naître en moi des préventions sur la sincérité de ses sentiments politiques.
Quoique ce souvenir soit étranger à ce chapitre, il a une espèce de corrélation avec les événements du jour.
Il y a trois ans et demi environ, Jérôme Bonaparte fit un voyage à Paris où il eut des entrevues avec diverses personnes; il chercha aussi, par l’entremise de M. Joly, à voir quelques républicains. J’assistai avec MM. Recurt et Grandmesnil à une réunion qui se tint chez M. Joly.
Dans la conversation, le^ormce Jérôme nous dit qu’il avait été bien accueilli par M. Marrast du National, et qu’il regrettait de voir le journal la Réforme constamment opposé à son cousin Louis.
— Pensez-vous, ajouta-t-il, que mon cousin, venant apporter son épée dans la lutte à laquelle se préparent les démocrates, ne produirait pas un bon effet pour cette cause?
— Le nom de votre cousin, lui répondis-je, rencontrerait des sympathies dans les campagnes; mais il trouverait des répugnances invincibles chez les démocrates d’action. D’ailleurs, les deux tentatives qu’il a faites à Stras-
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bourg et à Boulogne lui ont enlevé toute prépondérance militaire.
M. Jérôme ajouta alors que M. Odilon Barrot qu’il avait vu lui aurait dit :
— La dynastie d’Orléans n’est point aimée ; elle peut succomber, à la mort du roi. Votre cousin a fait des fautes ; mais vous dont le nom est vierge, vous pourriez être un en-cas, dans la circonstance.
Quoi qu’il en soit de cette curieuse ouverture de M. Barrot, je répondis à ses demandes devant la commission d’enquête, plutôt sous forme de conversation, que comme subissant un interrogatoire.
Enfin, le 5 août, le fameux rapport fut lu à l’Assemblée. Ce réquisitoire royaliste faisait tout au long le procès de la révolution de février !
Pendant la lecture, toute la gauche lança de violentes dénégations. M. Bauchart, rudement interpellé , prétendit que la commission d’enquête avait atténué la valeur des faits établis par les dépositions; et comme on lui demanda quel motif avait empêché la publication des pièces, il répondit astucieusement que c’était pour éviter des récriminations toujours funestes.