DEUXIÈME PARTIE
Je m’aperçus aussi, d'autre part, que j’étais en suspicion.
Le citoyen Ducoux venait d’être nommé préfet de police, en remplacement de mon successeur, M. Trouvé-Chauvel. Il m’aborda un jour dans la salle des Pas-Perdus, en présence de plusieurs représentants royalistes, et me pria tout haut de lui donner quelques renseignements administratifs sur la préfecture. J’y accédai très-volontiers ; et, devant ces messieurs, nous primes rendez-vous pour le lendemain.
Grand émoi de leur part. Après la séance, ils coururent au ministère de l’intérieur, et demandèrent à M. Sénard, alors ministre, la destitution de M. Ducoux, qui entretenait des rapports avec Caussidiere. La police allait-elle donc retomber entre les mains du préfet de février?
Le ministre de l’intérieur ne crut point devoir obtempérer à cette supplique ; il promit seulement d’engager M. Ducoux à s’abstenir de relations avec moi. Il y réussit en effet si bien que, pendant quelque temps, le citoyen Ducoux s’esquivait lestement, lorsqu’il m’apercevait.
Je ne pouvais m’empêcher d’en rire, toutes