DEUXIÈME PARTIE
— Je viens de voir un homme de justice, lui dis-je, et je crois qu’il est là tout prêt à exécution : pour ma famille, qui est présente, je voudrais éviter une arrestation dans cet endroit.
— Je n’en sais rien; au surplus, voyez M. Marie; il pourra vous instruire à ce sujet.
Je fis la même question à M. Marie, qui m’adressa un sourire gracieux et jésuitique dont je fus étonné , car je savais que j’étais pour ce ministre un véritable épouvantail ; il me répondit qu’il n’avait point encore de mandats préparés, et qu'il ne pensait pas que je fusse arrêté sur les lieux.
Son sourire et ses paroles n’avaient rien de bien rassurant. Ne pouvait-on pas avoir des mandats tout prêts ; je savais, Dieu merci, à quoi m’en tenir là-dessus.
Je me retirai, à cinq heures du matin, avec le citoyen Fargin-Fayolle, un de ces hommes qu’on retrouve toujours dans les moments difficiles.
Grande fut la colère de M. Lherbette contre le pouvoir exécutif, qui n’avait pas fait procéder à notre arrestation immédiate. C’était bien la peine, disait-il après, de nous avoir fait voter une autorisation de poursuites pour lais-